Nord Kivu:Trop d’abus du M23!

Les militaires du M23

Les militaires du M23

Un civil a été abattu la nuit du Vendredi à ce Samedi à Bunyangula, à 2 km de Rutshuru centre, un peu plus au nord de Goma. Le forfait a été commis à 20h, heures locales. Omar Kavota, président et porte parole de la société civile accuse les militaires du M23 d’être à la base de ce meurtre. Il les accuse aussi d’avoir pillé plus de 15 habitations du quartier Kiruhura, non loin de l’hôpital Géneral de Rutshuru centre. Ceci, entre 20h et 22h, heures locales (GMT+2). La liste n’est pas exhaustive. D’autres éléments du mouvement rebelle M23 ont effectué le même pillage systématique aux quartiers Mabungo et Buzito.

La société civile Nord Kivu condamne ces actes inciviques commis à l’encontre des civils innocents non armés. Il appelle le gouvernement Congolais et la communauté internationale à agir le plutôt possible pour mettre fin à ces abus.

Tous les portes-paroles du M23 ont été injoignables pour confirmer ou infirmer ces accusations.

 

Par Gaïus Kowene

Goma : un paradoxe bouleversant !

Goma (DRC) 2008-10 par sic!]ut.at via Flickr, CC.

Ce jeudi 6 décembre, une manifestation était prévue pour saluer le retour des autorités provinciales à Goma, dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Le maire de la ville l’a finalement annulé à la dernière minute, alors qu’ine pétition circule en ce moment même pour exiger la démission du gouvernement. Comment différencier les initiatives de la population des manipulations politisées ?

La semaine dernière, une manifestation du même genre était organisée pour « soutenir le M23 ».  Ce dernier nie toute implication dans l’organisation de cette marche et l’attribue à la société civile. Pourtant, pendant le règne du M23 à Goma, le président de la société civile du Nord Kivu n’était pas dans la ville. Les journalistes internationaux présents à Goma avaient été formellement invités par le M23 à couvrir cette marche dite « de soutien ». La veille, des messages étaient diffusés dans des quartiers par un mégaphone, obligeant la population à tout abandonner pour cette marche. La manipulation pure et simple de la population semble évidente.

Samedi dernier, le M23 s’est retiré de la ville après une pression de la CIRGL, une organisation régionale. L’administration légale, l’armée et la police nationale Congolaise sont maintenant de retour à Goma. Un communiqué est actuellement diffusé sur la Radio Télévision Nationale Congolaise, RTNC/Goma, annonçant une journée sans activités ce jeudi. Les entreprises publiques et tous les autres services doivent manifester pour accueillir les autorités provinciales. Interrogé sur sa participation à cette marche, un jeune de Goma lance :

« Ils ont tous fuis quand ça chauffait ici ! Pourquoi manifester pour les accueillir ? Mais je serais là seulement pour la bière des manifestants. »

A part ces communiqués, des sensibilisations au sein des communautés tribalo-ethniques pourraient contribuer à la réussite de cette marche. C’est ce que nous révèle Fiston, étudiant à l’Université de Goma :

« Un ami du Kyaghanda (cadre d’échange de la communauté Yira, Ndlr) m’a dit que les sages de notre communauté seront là. Pour montrer que notre communauté a aussi des jeunes, je me présenterais à cette marche. »

Le paradoxe bouleversant, c’est cette pétition qui circule dans Goma au même moment, initiée par certains partis politiques de l’opposition et d’autres de la majorité présidentielle. Sa visée principale : la démission du Gouverneur de la province du Nord Kivu et son gouvernement. Maître Jean Paul Lumbu Lumbu, l’un des initiateurs de la pétition justifie leur décision :

« Nous avons commencé par évaluer la situation générale de la province. Nous avons constaté que beaucoup des choses ne marchent pas bien. »

Les initiateurs de cette pétition accusent le Gouverneur Julien Kahongya  de leurrer l’assemblée provinciale pour brouiller le contrôle parlementaire. « Il est difficile de contrôler la gestion financière de la province », se plaint maitre Lumbu Lumbu. Au vu des signatures récoltées, les initiateurs de cette pétition disent avoir le soutient du peuple.

Avec autant des manipulations de la jeunesse, la vraie version des jeunes est difficile à élucider. Difficile aussi de différencier une initiaitve de la population d’une manipulation de politiques adulés…

Goma: La RDC sabotée et la MONUSCO défiée !

Deux grenades d’origine mystérieuse ont encore été lancées dans la ville de Goma : Une chez Jolie hôtel et une autre au rond point Rutshuru, en plein centre ville. Celle de Jolie hôtel a explosé hier nuit et a causé la mort d’hommes. Au rond point Rutshuru, des badauds étaient jusqu’à ce matin entrain d’observer la grenade qui y trainait dans le sable.

Beaucoup d’analystes voient en ce terrorisme un sabotage des services de sécurité RD Congolaise et un défi majeur lancé à la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO).

Il y a de cela quelques semaines, les services de sécurité en ville de Goma avaient présenté  au ministre national de l’intérieure une vingtaine d’hommes comme des pionniers la série des tueries vécus presque toutes les nuits dans la ville. Ces hommes avaient un armement consistant et avaient cité un chef coutumier des environs d’être leur complice. Leur arrestation a permit à la population de vivre une certaine accalmie.

Il ya de cela quelques matins, la MONUSCO avait promit de protéger la ville de Goma de tomber sous la main du M23, un groupe rebelle mutin actif à la frontière avec l’Ouganda et le Rwanda depuis Avril dernier. Cette promesse sous attendait donc une protection des attaques tant directes que sournoises. Pour ça, des patrouilles sont organisés et des chars de combat stationnent tous les soirs dans certains points stratégiques de la ville.

Les questions qui méritent une réponse franche sont : Qui sont ces autres hommes qui terrorisent les Gomatraciens, après arrestation des supposés criminels de la ville ? N’était-ce qu’une mascarade pour caresser le ministre national de l’intérieur ? Qui sont les vrais acteurs de l’insécurité dans cette ville et leurs complices? Quelle cote donner à la MONUSCO qui déploie des efforts énormes pour sécuriser la population civile avec ces résultats que nous voyons ? Pour quoi n’a-t-elle pas appris des leçons du massacre de Kiwanja, de la chute de Bunagana, etc.… pour changer ses stratégies d’action ?

Pour la société civile du Nord Kivu, la classe dirigeante de la ville de Goma et une bonne partie de la RDC serait infiltrée des éléments du M23. C’est ce qui expliquerait le meurtre du commandant de la garde rapprochée du Colonel Bintu (officier supérieur à la 8ème région militaire) à quelques kilomètres de sa résidence. Le président de la société civile du Nord Kivu, Thomas D’Aquin Mwiti fait entendre qu’il y aurait même des patrouilleurs du M23 qui œuvreraient toutes les nuits dans la ville de Goma : « Tout militaire des Forces Armées de la RDC(FARDC) déployer dans ce quartier pour patrouiller est sensé savoir qu’une autorité militaire y vit. Ces patrouilleurs qui ont tiré sur le comandant de sa garde rapprochée œuvrent pour le M23. Ils ne devaient pas tirer sur quelqu’un qui n’a pas d’armes en main. De sur croit, à quelques mètres de la résidence d’une autorité militaire ! »

Cette hypothèse semble expliquer ce terrorisme qui prend de l’ampleur dans la ville de Goma, car la même stratégie avait déjà été utilisée par le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), groupe armés ou étaient les officiers du M23 avant leur réintégration au sein de l’armée régulière.

Par Gaïus  Vagheni Kowene, à Goma.