Gaïus Kowene

M23:Makenga investit Bisimwa president

Porte parole politique du M23 à la conférence de presse de ce 03 Janvier à Bunagana
Bertrand Bisimwa, actuelle président du M23 à la conférence de presse de ce 03 Janvier à Bunagana

Crise de leadership au M23: le numéro un du Haut commandement militaire, le Général de Brigade Sultani Makenga, a investit Bertrand Bisimwa à la présidence de ce mouvement rebelle, à Bunagana. La ceremonie d’investiture a eu lieu le Jeudi 07 Mars 2013 à Bunagana. Pendant son speech, le nouveau président du M23 a donné son projet de société.

En ce qui concerne les négociations de Kampala, cet ail du M23 se réjouit de la déclaration du gouvernement Conglais de vouloir trouver un accord avec eux.

Sur la question de légitimité de son pouvoir, Bertrand Bisimwa, répond dans ce podcast.

Par Gaïus Kowene

 


Runiga parle du M23 après des dissensions

Le president du M23 Jean Marie Runiga dans une conference de presse le 03 Janvier 2013 à Bunagana
Le president du M23 Jean Marie Runiga dans une conference de presse le 03 Janvier 2013 à Bunagana

La fissure au sein du M23 n’affectera en rien les négociations de Kampala: Voilà ce qu’a dit Jean Marie Runiga, président du M23, destitué par le Général Sultani Makenga. Pour lui, Makenga a fait défection et a rejoint les forces armées de la RD Congo. Il a été remplacé par le General Baudoin Ngaruye. Le porte-parole militaire, le colonel Vianney Kazarama, a aussi été suspendu et remplacé par le colonel Seraphin Mirindi. L’ail Makenga du M23 siège à Bunagana (frontière avec l’Ouganda) pendant que l’ail Runiga siège à Kibumba, à une trentaine des kilomètres de Goma. La question de la force neutre est aussi au rendez-vous.

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RDC : Nouveau test d’indépendance de la justice

La police Nationale Congolaise entrain de vouloir disperser une des manifestations du mouvement Lucha à Goma, RD Congo
La police Nationale Congolaise entrain de vouloir disperser une des manifestations du mouvement Lucha à Goma, RD Congo

Des jeunes manifestants Congolais du mouvement Lutte pour le changement, LUCHA, ont déposé ce 27 Février une plainte contre un officier de police.

Dans une lettre adressée au Procureur Général près la cours d’appel du Nord Kivu, l’avocat de ce mouvement demande des poursuites judiciaires et sanctions exemplaires en l’encontre du Major Mulamba, commandant du Groupe Mobile d’Intervention à Goma. Ils l’accusent d’avoir copieusement battu une vingtaine des jeunes, membre de la LUCHA, pendant un sit-in la nuit du 21 Février 2013, aux bureaux de l’assemblée provinciale. Cette même nuit, il a extorqué avec ses hommes des téléphones portables, un appareil photo, des bâches et d’autres effets nécessaires pour leur sit-in. Tout ceci a été emporté dans le véhicule de la police.

Ces jeunes pensent avoir raison de réclamer ce droit comme leur manifestation n’était pas illégale. « Nous n’avions barré ni la route, ni les portes du bureau de l’assemblée provinciale, se justifie l’un d’eux. Nous avions informés les autorités comme prévue par la constitution. »

La justice Congolaise est de nouveau devant test de son degré d’indépendance et son niveau de démocratie. Il arrive des fois que les trafics de l’influence classent sans suite des dossiers pareils ou mènent à des sentences qui ne s’exécuteront jamais.

C’est une occasion de reconstruire (ou pas) la confiance des Congolais en leur justice. L’avenir nous en dira plus.

Par Gaïus Koowene


RDC: Si Runiga est viré du M23, voici les scénarios possibles

Jean Mari Runiga (en veste) et Sultani Makenga (en tenue militaire) le 03 Janvier 2013 à Bunagana
Jean Mari Runiga (en veste) et Sultani Makenga (en tenue militaire) le 03 Janvier 2013 à Bunagana

Une décision signée le 27 Février 2013 par le Général de Brigade Sultani Makenga a destitué Runiga Lugerero Jean Mari de la présidence du M23. Le M23 est un mouvement rebelle actif à la frontière entre l’Ouganda, le Rwanda et la RD Congo. Depuis le 17 Aout 2013, l’aile politique a été séparée de l’aile militaire. Jean Mari Runiga, nommé à cette date président du parti, devait conduire le mouvement selon une certaine vision.  Ce parti nie le soutient du Rwanda et de l’Ouganda, pourtant prouvé dans les rapports des experts de l’ONU.

Viré du deal (Business ou affaire), Runiga Lugerero Jean Mari dit garder la légitimité et Sultani Makenga tente de dissimuler les accusations de corruption contre lui. S’il s’avère vrai que Runiga est viré du M23, il pourrait (soit est déjà) finir dans l’un des scénarios suivant :

Rester loyal à Ntaganda

Le Général de Brigade Bosco Ntaganda, recherché par la CPI, a dès la conception joué un rôle capital dans le M23. Apprécié par le Général Paul Kagame (actuel président Rwandais) et le Général James Kabarebe (actuel ministre Rwandais de la défense) pour ses liens avec le Rwanda, il était frustré de ne pas recevoir le commandement du M23.

Jean Mari Runiga a préféré Ntaganda à Makenga. Il n’est pas le seul. Toute une liste d’autres officiers supérieurs du M23 ont fait le même choix. Pourquoi ? Parce que Makenga est un Congolais depuis ses racines et, donc, n’inspire pas confiance à aux employeurs Rwandais. Il a eu cette lourde responsabilité grâce à l’assurance que son maître Laurent Nkunda (ancien président du CNDP, ancêtre du M23) a donnée aux employeurs. Pourtant, Ntaganda a fait ses preuves en Ituri et même avec le CNDP.

Voilà l’une des raisons qui aurait poussé Runiga et certains de ses acolytes à choisir Bosco Ntaganda, le Terminator.

Créer son propre mouvement rebelle

Les problèmes entre les hommes ne manquent jamais. Un divorce de ce mariage Runiga – Ntaganda pourrait être signé un jour. Si Runiga arrive à échapper au Terminator et acquiert toutes les habilités nécessaires, il pourrait être tenté de créer son propre mouvement rebelle, son propre deal. Son argument serait d’avoir appris des failles du camp Makenga et celles de Ntaganda. En suite, il se proposera comme la seule alternative idéale. Une fois dans le circuit, les contacts nécessaires et l’expérience acquise du M23 pourront l’illusionner.

Se rendre à la MONUSCO et/ou aux autorités Congolaise

Des fois ça barde. Pas moyen de s’échapper et rester en vie. Ici, le Bishop Runiga pourrait décider de se rendre à la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de la RD Congo, MONUSCO, et/ou au gouvernement. Pour ça, il pourrait se présenter comme une personne en danger craignant pour sa sécurité (comme l’a fait l’opposant Roger Lumbala avant de rejoindre officiellement la rébellion). En échange, il pourrait proposer de témoigner contre ses anciens employeurs Rwandais ou de donner des informations pertinentes à la CPI pour arrêter Ntaganda.

Refaire une Eglise

Déçu par la politique, il pourrait décider de disparaître comme l’ancien vice président  Azarias Ruberwa. Il pourrait créer une autre Eglise et attirer des croyants. Son astuce serait de prêcher l’histoire de David qui a péché plusieurs fois, mais s’est repenti. Il pourrait aussi prêcher une certaine révélation ou un certain appel reçu de la part de son dieu de quitter la politique pour une mission évangélique spéciale. Avec en tête la parabole de l’enfant prodigue, il y aura surement des Congolais qui se laisseront séduire par cette reconversion et rempliront son église.

Se réconcilier avec Makenga

Et si tout ceci n’arrivait pas, il pourrait appliquer une des lois du stratège Nicolas Machiavel qui encourage un leader à « se faire un allié involontaire ». Cette technique permet de maîtriser et halluciner son adversaire avant de se débarrasser de lui. C’est ce qu’a fait le président Congolais, Joseph Kabila, avec des anciens rebelles dans le 1 + 4 avant les élections de 2006. Ou sont-ils aujourd’hui ? Ruberwa a disparu de la scène politique, Bemba est à la CPI, Zaidi Ngoma est sans danger et Abdulai Ndombasi est bien géré. Kabila reste seul maintenant au pouvoir. C’est un scénario possible où il pourrait accepter de se plier et présenter publiquement des excuses à Makenga pour le renverser après.

Beaucoup d’autres scénarios sont possibles. Si vous en avez, merci de le partager avec nous par des commentaires.

Par Gaïus Kowene


RDC : La population civile, encore et toujours victime

M23 Troops Bunagana 2 par Al Jazeera English, CC
M23 Troops Bunagana 2 par Al Jazeera English, CC

Plus de 4 morts, 60 blessés et plusieurs maisons incendiés : C’est le bilan provisoire des affrontements de ce Mercredi 27 Février 2013 à Kitshanga, dans le territoire de Masisi, opposant l’armée régulière à la milice APCLS (Armée Patriotique pour un Congo Libre et Souverain). L’ APCLS est un mouvement maï-maï d’auto-défense actif dans cette partie de la RD Congo.

Ces affrontements ont occasionnés un déplacement massif de la population. Une partie a trouvé refuge près de la base de la mission des Nations Unies pour la stabilisation de la RD Congo, MONUSCO. Leur nombre exact n’est pas encore connu. Dans un avenir proche, des humanitaires présents dans la zone seront évacués.

3 jours avant, ce sont deux factions du mouvement rebelle M23 qui ont échangé des tirs. Pouvoir et argent, bref, leadership serait à la base de ces dissensions. Ici encore, six civils ont perdu la vie, nous renseigne le bureau des Nations Unies pour la coordination des Affaires humanitaires, OCHA. Le lendemain, l’une des factions a pris le contrôle de Rugari, localité située à 30 km au Nord de Goma. Elle y a érigé une barrière de péage. Le président du M23, Jean Marie Runiga Lugerero est destitué de ses fonctions par le commandement militaire de ce mouvement rebelle.

Les agences et systèmes des Nations Unies y arrêtent momentanément leurs activités.

Rappelez-vous que 11 Chefs d’Etats Africains ont signé Dimanche 24 Février 2013 un accord cadre pour éradiquer ce problème. Cet accord cadre donne au conseil de sécurité de l’ONU un feu vert pour accorder un mandat précis à la force internationale neutre. Celui de la MONUSCO sera probablement renforcé.

Un autre complément dans ce dossier est que les aéronefs sans pilotes, qu’on appelait drones, seront bel et bien envoyés pour surveiller la frontière Rwando-Ougando-Congolaise. Sauf que ces drones ne pourront tirer aucun coup de bal, si ce n’est livrer des informations en un temps record. Ces informations permettront de planifier des opérations militaires plus efficaces.

Par Gaïus Kowene