RDC – Culture: Le meilleur du #SKIFF2013 à Goma

Le groupe de danse Arsenic Dance Crew sur scène au #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Le groupe de danse Arsenic Dance Crew sur scène au #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Du 05 au 14 Juillet 2013, le centre Yole!Africa a organisé  à Goma la 8eme édition du Salaam Kivu International Film Festival, SKIFF, sous le thème Uhaki – Justice. Des ateliers de formation aux projections quotidiennes des films, en passant par la compétition de danse, toutes les activités de ce festival rassemblaient du monde. (Programme officiel)

 

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Une diversité des  invités spéciaux

Présentation des invités spéciaux pendant la soirée d'ouverture du #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Présentation des invités spéciaux pendant la soirée d’ouverture du #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Ce festival a reçu des nombreux invités spéciaux venu des différents pays. Nous citons par exemple le Cinéaste Canadien Matthieu Roy dont le film Surviving Progress était en vedette dans la soirée d’ouverture, La journaliste Canadienne Fawzia Fall qui a animé des ateliers de radio journalisme, le Français Alain Canonne qui y a accompagné le rappeur Congolais Lyke Mike, l’activiste Kenyan Ndungi Githuku qui a présenté des films Kenya et a eu un concert avec live avec le Rwando-Jamaicain Natty Dread, le chorégraphe Ougandais Rogers Massaba qui a formé les jeunes en danse, etc… Difficile de finir la liste sans parler de l’artiste comédien Congolais Mira Mikanza dit Koko Swing qui a plusieurs fois égayé le public. Les cinéastes Américains Lynn True et Nelson Walker, organisateurs du festival Congo in Harlem, ont formé en film documentaire.

Des rencontres enrichissants

Des participants à la rencontre Approche de l'autre pendant le #SKIFF2013 (Crédit Photo: Ndungi Githuku)

Des participants à la rencontre Approche de l’autre pendant le #SKIFF2013 (Crédit Photo: Ndungi Githuku)

Des rencontres d’échanges étaient aussi de la partie. C’est le cas de « L’approche de l’autre » qui s’est focalisée sur la question de savoir si la justice était liée à la paix dans le contexte de la RDC. Des membres des différentes organisations de la société civile ont participe a ces échanges répondant par l’affirmative a la question. Pourquoi ?

L’impunité ne se fait plus chercher en RDC. « Il ne suffit pas de condamner l’actuelle impunité en RDC en oubliant d’où elle est venu », fait remarquer Petna Ndaliko, fondateur du centre Yolé!Africa et directeur artistique du festival. Fidel Bafilemba, activiste et chercheur chez Enough project explicite cette remarque. « Le roi barbu Belge Léopold 2 a coupé les mains des Congolais et les a massacré, explique-il. Mais, il est resté impuni. L’Union Européenne l’a plutôt récompensée en installant son siège à Bruxelles. » Parmi les participants, on note la présence de l’abbé Roger Mpongo venu de Bukavu, en province du Sud Kivu.

Une autre rencontre du genre, le « Nyavu congress ». Ce réseau d’artistes et activistes de la région des grands lacs a été l’occasion de passer en revu les activités des initiatives membres dont Amka Afrika.

Des films captivants

Pendant la soirée Kenyane, 2 des 3 films projettes ont captive le public. Il s’agit de Nairobi Half life de Tosh Githonga et de « In search of my father » de Ndungi Githuku. Le premier film décrit l’histoire d’un jeune villageois qui rêvait de devenir acteur et atteindra ce rêve malgré les difficultés impossibles. Le deuxième accompagne Marie, la fille de J.M Kariuki, qui va rencontrer des personnes qui connaissait son père avant qu’il ne soit assassiné par le pouvoir de Moi Kibaki.

Pochette du film Mabele na biso lancé officiellement le Mercredi 10 Juillet 2013 pendant le SKIFF (Crédit photo: Gaïus Kowene)

Pochette du film Mabele na biso lancé officiellement le Mercredi 10 Juillet 2013 pendant le SKIFF (Crédit photo: Gaïus Kowene)

Le moment spécial de ce festival, le lancement officiel du documentaire Mabele na biso (Ndlr : Notre terre) de Petna Ndaliko. Ce film parle d’une radio financée par les cotisations de la population locale, pour donner matière à réflexion sur la notion de l’indépendance sans mentionner le colonisateur. S’en est suivi un débat houleux sur l’aide humanitaire et son impact en RDC. Les participants ont décrié le caractère perpétuel de l’assistance humanitaire qu’ils ont qualifiée d’un business lié à celui de la guerre.  « Nous ne sommes pas la pour résoudre les problèmes de ce pays, riposte Caroline Peguet, humanitaire paneliste au débat. Notre travail se limite à soulager les souffrances humaines et à répondre aux urgences en cas de guerre ou de catastrophe naturelle. »

Le local devient l’international

La soirée Congo film Focus a mis à l’honneur 6 films de la ville de Goma. Rich boys, l’exemple de Moimi Wezam sensibilise sur la considération des personnes handicapés, Ca m’apprendra de Franc Escargot met en garde les parents qui portent plainte précipitamment contre les amants de leurs filles sur base des imaginations. Les internautes d’Abdoul Bahizi expose la problématique d’accès à l’internet dans la ville de Goma pendant que Scenario de Muhindo Abraham montre le passage du rêve à la réalité. Le film Plus jamais de Richard Thumito sensibilise les maries a la fidélité conjugale et Sara de TD Jack peint le portrait d’une fille débrouilleuse aux ambitions gigantesques.

A la fin de la compétition de danse, les 3 meilleurs groupes de danse de l’année sont : Rihna Crew, Magic Dance et Street Dancers.

La cérémonie de clôture se tient ce Dimanche 14 Juillet 2013 au centre Yole!Africa. Des jeunes musiciens talent de la Jam session monteront sur scène suivi de Mira Mikanza pour sa comédie. Ensuite, les formateurs et étudiants feront une restitution de ce qu’ils ont fait pendant les 10 jours de festival.

Par Gaïus Kowene

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Libérez-vous de la prise en otage systématique!

Auditeur

Auditeur scotché (source: lefaso.net)

 

Suivre les journaux d’actualité des médias Congolais n’est pas toujours accrochant ; à moins que l’on ne soit fanatique.

Dans les médias proches de la majorité de présidentielle, on ne fait que passer en revue les différentes visites dans des ministères et gouvernorats, des voyages des ministres ou des députés de leurs tendances. Avec un traitement à penchant, on a l’air de se retrouver en pleine propagande.

Coté opposition, la ca danse reste la même. Presque toutes les dépêches ne font que discréditer le pouvoir en place et présenter leurs partis comme la seule alternative efficace.

Dans ce combat des médias, ou est la population ? Ou est l’information de la base, qui intéresse (concerne) le citoyen ordinaire ?

La presse qui devait être l’église au milieu du village devient un outil de prise en otage systématique de la population par ces politiciens adulés. Le besoin d’être informé est tout à fait naturel, mais se laisser prendre à l’hameçon est bête.

Il n’y a pas que les politiciens qui font que les médias prennent en otage la population. La pauvreté et l’inconscience de certains acteurs médiatiques les pousse à privilégier l’info qui a ramené le « transport.»

Quelle que soit la pertinence d’une information, beaucoup des journalistes de la RDC la traitent sur base du montant de l’argent qu’elle a ramené. Imaginez-vous dans la salle de rédaction, entrain de traiter cette information.

Serez-vous vraiment objectif, en vous rappelant en tout moment que vous aviez pris le « transport » d’un tel ? N’aurez vous pas tendance à atténuer ou à couvrir certains points saillants qui vont de l’intérêt de votre audience ? Quelque part dans mon raisonnement, je condamne aussi l’audience de ces médias (auditeurs, téléspectateurs, lecteurs …).

Pour quoi se laisse-t-elle prendre en otage jusqu’à ce niveau ? La solution serait de faire ce qu’un vieillard du quartier Majengo, à Goma, RDC, a l’habitude de faire : « Dès qu’ils commencent leur culte de personnalité et leur mercenariat, je change de fréquence pour ne pas me submerger inutilement. »

Un autre jeune du quartier Birere, en plein centre ville, regrette : « J’allume ma radio le matin pour suivre ce qui se passe. A ma grande surprise, je ne me retrouve pas. C’est comme ci l’information n’était diffusée que pour une catégorie des personnes.»

Si ces acteurs médiatiques ont tendance à officialiser ce coupage par des termes comme « transport, crédit téléphonique, sucrée … », c’est par ce qu’ils savent que vous allez les suivre. Pourtant, vous avez droit d’exiger des informations qui vous concernent et un traitement d’information professionnel, sans tendance, sans sentiment personnel.

La meilleure des façons d’exiger cette neutralité des journalistes, c’est de boycotter leurs « informations » de la haute court. Ces informations sans diversité ne vous font que perdre du temps créent en vous une conception boiteuse de la réalité. Faites comprendre à ces « journalistes domestique » que vous avez besoin d’informations ou les gens ordinaires s’expriment sans exigence pécuniaire.

Vous avez aussi des idées qui peuvent contribuer au développement. Pour quoi ne pas vous écouter aussi ?

Par Gaïus Kowene