RDC : de l’aluminium pour amplifier son internet

L’Afrique est réputée pour sa lente connexion Internet. Mais parfois certains gouvernements ordonnent la réduction du débit pour pénaliser les web-activistes. Du papier d’aluminium ou une cannette vous suffisent pour l’amplifier.

Par Gaïus Kowene

Le blogueur Gaius Kowene utilise un ordinateur

Le blogueur Gaius Kowene utilise un ordinateur

En ce 19 décembre, la RDC vit une ambiance de guerre. Les militaires, armés jusqu’aux dents, patrouillent les rues de la plupart des grandes agglomérations. Des manifestations de jeunes sont empêchées et beaucoup préfèrent rester à la maison.

Pourquoi amplifier votre Internet?

Les médias traditionnels étant sous haute surveillance et souvent muselés, Internet reste le premier moyen par lequel la population s’informe et informe le monde, en temps réel, de tout ce qui se passe.

Malheureusement, le gouvernement, qui avait promit de couper Internet, a plutôt opté pour une option qui consiste à réduire sa vitesse et empêcher ainsi les gens de publier des fichiers lourds comme des photos ou des vidéos.

Comment contourner cette restriction ?

La première technique est la plus simple : si vous avez du papier d’aluminium à la maison, prenez un plat et couvrez la partie sur laquelle vous mangez avec ce papier. Placez ce plat contre un mur. De préférence, le plat doit se trouver face à une fenêtre ouverte, un peu comme une antenne parabolique. Placez les antennes de votre router (modem) près du papier d’aluminium et c’est parti ! Regardez comment votre connexion va s’amplifier.

Si vous n’avez pas de papier d’aluminium, vous pouvez en acheter dans une boutique au quartier.

Pas de papier d’aluminium ? Les boîtes de nourriture à emporter servent aussi !

Vous pouvez acheter les boîtes qu’utilisent les restaurants pour emballer la nourriture à emporter. Ces boîtes contiennent souvent de l’aluminium, pour garder la nourriture chaude. Il suffit de placer la boîte contre le mur, face à une fenêtre, et y mettre votre router (modem). Ça devrait aller.

Je mets ici une vidéo Youtube pour vous faciliter la tache.

De la bière ou du soda. Ça vous dit?

La deuxième technique consiste à prendre une cannette de bière ou de soda. Pour ceci, vous avez besoin d’une paire de ciseaux ou un couteau.

Après avoir vidé la cannette de son contenu, couchez la sur son tronc (si on peut l’appeler ainsi). A l’aide de votre paire des ciseaux ou de votre couteau, détachez le disque rond sous la cannette. Résultat : l’ouverture créera un gros trou qui vous permettra de voir l’intérieur de la cannette.

Ensuite, commencez par couper l’autre disque qui referme cannette à l’autre bout.  Sauf qu’ici, ne coupez pas complètement. Laissez une petite partie du disque attachée au tronc de la cannette.

A présent, attaquez-vous au tronc de la cannette. Replacez votre canette en position verticale. Coupez le tronc du haut vers le bas, ce qui vous donnera la possibilité d’étaler la cannette en position plate sur le sol. Comme pour le plat en aluminium, placez la cannette contre mur, si possible face à la fenêtre. Le coté extérieur de la cannette doit toucher le mur pendant que l’antenne de votre router est en contact avec le coté intérieur.

Voici un autre tutoriel:

Procédure de divorce entre journaliste et coupage

Dans certains pays du Sud, il est courant de voir des journalistes accepter de l’argent ou cadeaux de leurs sources. En RDC, ça s’appelle « coupage ». C’est l’une des causes de la misère éternelle des chevaliers de plume. Voici comment en finir.

Par Gaïus Kowene

La presse couvrant l'investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo

La presse couvrant l’investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo (Crédit photo: Gaius Kowene)

En RDC (et un peu partout en Afrique aussi), il est courant de voir des journalistes travailler en clics. Quand je parle des clics je fais allusions aux groupuscules des amis.

C’est comme ça qu’ils s’invitent aussi à couvrir des événements et manifestations.

Le calcul est donc simple : vous ne faites pas partie de mon clic, je ne vous invite pas ! (parce que j’ai des amis influents au pouvoir ou dans le comité organisateur).

Ces clics sont souvent formés sur la base des intérêts. Qui dit intérêts voit aussi l’argent !

Eh oui ! Le coupage ! Cet argent appelé « transport, crédit téléphonique, dernier mot ou communiqué final » que ces journalistes exigent de leurs sources pour diffuser une information.

Des blogueurs comme Feza Umande en ont parlé sur leurs blogs. D’ailleurs, le Documentaire Kinshasa FM en parle aussi.

Et nous qui refusons de la prendre somme vu comme des traîtres. Voilà pourquoi c’est très difficile de se faire inviter à couvrir une manifestation (surtout officielle) par les adeptes de cette pratique, souvent proche des organisateurs.

Certains vont même jusqu’à nier leurs confrères, disant qu’ils ne sont pas journalistes pour prendre le montant qui leur revenait !

Ah, chers amis ! Comment voulez-vous qu’on vous respecte dans des conditions pareilles ?

Quand on devient un « journaliste domestique », c’est normal que même vos maisons de presse ne pensent jamais à votre salaire !

Non pas qu’ils manquent l’argent, mais parce qu’ils savent que vous allez en gagner « suffisamment » sur terrain !

Et alors ? Faut-il encore condamner l’Etat Congolais qui donne des autorisations de fonctionnement à des personnes qui n’ont qu’un émetteur et rien de plus ?

Faut-il condamner ces propriétaires des radios et télévisions qui ont déjà effacé dans leur dictionnaire le mot « salaire » ?

Je ne cesserais de le répéter: c’est de leur faute que beaucoup des journalistes ne sont pas payés correctement !

A mon humble avis, parce que ça ne m’engage que moi, chassez le coupage et il ira loin de vous !

Qu’est-ce que j’attends par la ?

Vous êtes devant un problème. Au lieu d’affronter le problème, vous décidez de vous accommoder. Et finalement ? Vous vivotez à votre manière, mais, le problème ne disparait pas non plus !

Ici, je veux demander à tous les journalistes Congolais d’arrêter de se plaindre sur leurs conditions de travail !

Le principe est simple : Ne demandez pas le salaire à une personne qui ne vous a pas embauché ! A l’occurrence votre source d’information !

Exigez un salaire plutôt à votre maison de presse! Et si elle n’a pas de moyen, vous ne pouvez pas faire un miracle!

Expliquez clairement à votre boss que les conditions de travail ne sont pas réunies et démissionnez !

Mais, attention, restez toujours respectueux ! Apres tout, c’est votre boss ! Evitez aussi d’aller raconter des problèmes internes ou des commérages sur la maison !

« Tu nous demande de démissionner, mais comment nos enfants vont vivre ? » me diront certains.

C’est bien d’y penser, mais, c’est beaucoup mieux de voir loin !

Si vous maitrisez votre travail, vous pouvez travailler en indépendant et gagner votre vie honnêtement.

Vous garderez le respect que les gens ont pour vous et prouverez qu’être journaliste Congolais n’est pas forcément synonyme d’être mendiant.

Mais, tant que vous continuerez à chercher à vous accommoder au problème en acceptant le coupage, vous continuerez à pérenniser cette image du journaliste misérable et encourager les responsables des médias à ne jamais penser au salaire.

Autre chose : ce problème de coupage est aussi un problème de morale. J’ai vu des journalistes bien payés (par rapport aux autres) mais, qui se battaient aussi pour avoir le 5 $ de leur source ! Quelle honte!!!

Donc, ici, les responsables des médias devraient être strictes avec leurs journalistes : quiconque prend le coupage perd son boulot !

Hahhahahaha !!! Cette menace n’a de sens que si ce boulot lui permet de vivre. C’est-à-dire avant de menacer, pensez à leur remettre dans leur droit! Pour être direct: Payez leur salaire!

Et si vous n’en avez pas les moyens, fermez tout simplement votre maison de presse. Investissez votre argent ailleurs !

Il y a tellement des domaines d’interventions qui rapporteront beaucoup plus d’argent sans autant d’embrouille. Après tout, tout le monde n’est pas obligé d’être journaliste ou responsable d’un média pour vivre, hein!

Chassez le coupage et il fuira loin de vous !

 

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Yobloco 2014: Pourquoi voter Tunaweza (Nous pouvons)

Logo Yobloco 2014

Logo Yobloco 2014

Fiston Mahamba, journaliste et blogueur de la ville de Beni, dans l’Est de la RD Congo sollicite vos votes pour espérer figurer parmi les 30 premiers dans le Concours international des blogs Yobloco Award.

C’est la première fois que son blog soit sélectionné dans une compétition internationale.

Je lui ai proposé de vous donner 10 raisons pour soutenir son blog.

Allez, on compte sur vous !

1. Unique dans la région

L’agriculture est la principale activité de la région de Beni où je vis et mon blog est le seul portail citoyen en ligne qui publie des articles relatifs à cette activité dans cette partie du pays.

2. Élargissement de l’impact aux non connectés

Etant donné qu’internet n’est pas à la portée de tous, notre blog a bénéficié des émissions radiophoniques sur trois radios communautaires locales. Ceci nous permet d’approcher les agriculteurs qui, pour la plupart n’utilisent pas internet, et partager avec eux les meilleurs contenus.

3. Plus proche de la réalité des agriculteurs

Le terrain est notre laboratoire : grâce aux clubs d’écoute de ces radios communautaires avec lesquelles nous collaborons, nous recueillons à partir de la base, les problèmes d’ordre économiques, production et du marché auxquels les agriculteurs sont confrontés.

4. Le pont entre experts et paysans

Nous invitons les experts locaux et internationaux (que nous retrouvons grâce aux réseaux sociaux). Ces derniers apportent des solutions aux problèmes énumérés par les agricultures. Ces solutions constituent l’essentiel du contenu de nos émissions et parfois de nos billets.

5. L’innovation en action

Devant la faible intégration des outils des nouvelles technologies dans l’agriculture dans notre région, nous sommes en pleine expérimentation de l’utilisation du téléphone mobile dans la régulation des prix sur le marché de ravitaillements en produits vivriers.C’est un projet de l’ONG « Amis de la nature » auquel nous avons apporté notre connaissance en nouvelle technologie.

Dix agents habitants dix centres de ravitaillement ont été formés sur l’utilisation d’internet sur téléphone mobile. Ces agents se communiquent chaque semaine les prix de tous les produits affichés aux entrées principales de leurs marchés respectifs.

Cela permet un équilibre des prix et permet aux agriculteurs de vendre leurs produits à un prix presque uniforme dans tous les marchés établi de commun avec les acheteurs. Seuls les trajets sont à la base de différence de prix.

6. Partage de connaissance et projets de grande envergure

Ce blog est une sorte de centre de formation : Après avoir appris quelques notions du blogging (auto-formation, tutoriels en ligne, des plateformes comme Atelier des Médias de la RFI, Blogosphère Gomatracienne, DW-Akademie), nous nous sommes lancés dans la formation de nos paires en nouveau média.

Le blog TUNAWEZA a déjà organisé deux formations d’initiation pour blogueurs débutants en ville de Beni et projette de créer un réseau des blogueurs agricoles des Grands-Lacs, avec le soutien de l’association Reporters Solidaires de la France.

7. L’actualité de la province a sa place

Une fenêtre ouverte aux actualités de la région : TUNAWEZA c’est aussi une vitrine de l’actualité de la région du Nord-Kivu. Vue sous un œil du changement, les news sont ici traités sous forme d’articles de fond, des reportages photos, des interviews avec ceux qui font bouger cette région…

8. Une porte pour des contacts importants

Ce blog est pour moi une porte pour les opportunités et m’a ouvert au journalisme international. Des recruteurs ont toujours visité ce blog et en cas d’urgence pour un travail dans ma région, si il n’y a pas moyen d’y dépêcher un reporter, je suis contacté pour réaliser ce travail, donc c’est blog est en quelques sorte une source de revenus pour moi.

9. Outil d’activisme pour les droits humains

Des oubliés sont aujourd’hui sortis au publics : Tout ne se dit pas au micro d’une station radio dans ma région, grâce à ce blog, je développe ma casquette d’activiste pour la liberté d’expression.

Des alertes sur les menaces que subissent les confrères journalistes et défenseurs de droits humains sont publiées via nos pages Facebook, Twitter et autres pour que les organisations intervenants dans ce domaine soient mis au courant de ces violations de la liberté d’expression.

10. Mondoblog, c’est la famille

Votre voix compte : Mondoblog est une plateforme avec une grande visibilité et visant l’émergence de la blogosphère surtout dans des régions reculées comme Beni où je réside.

Ainsi la voix de chaque Mondoblogueur est un pas de mon blog vers ce prix du Yobloco Awards 2014.

Comment voter?

Allez sur la page  http://www.yobloco.info/soumission?filter=individual

1.Sélectionnez le blog TUNAWEZA sur la liste des blogs en compétition (ou sélectionnez  par classement pays, CONGO KINSHASA)  puis  un autre blog de votre choix car on ne peut voter que pour deux blogs en cochant la case « Vote » (en orange); il est impératif de sélectionner deux blogs.

2. Entrez votre adresse e-mail (dans la fenêtre pop-up qui s’affiche)

3. Cliquez sur << Vote! >>

4. Allez dans votre boîte email. Confirmez votre vote en cliquant
sur le lien de confirmation qui sera envoyé à votre adresse e-mail
juste après votre vote (cela peut parfois prendre quelques petites
minutes).
Si vous ne cliquez pas sur le lien de confirmation dans votre
mail, votre vote ne sera pas pris en compte.

Votre clic de confirmation a contribué à l’élévation de la voix pour l’émergence de l’agriculture.

Votre clic a nourri plus d’une personne qui était en train de vouloir mourir de faim.

>>>>>> A LIRE AUSSI:

– 10 conseils aux blogueurs

– Secrets des Mondoblogueurs‏

RDC : ces victimes de la guerre assoiffée de justice

Accusé d’avoir commis 3 chefs des crimes contre l’humanité et 7 des crimes de guerre en Ituri, Germain Katanga saura Vendredi s’il est coupable ou non. Au pays, des victimes réclament justice.

Germain Katanga à la CPI en 2007 (Crédit photo: flickr CPI)

Germain Katanga à la CPI en 2007 (Crédit photo: flickr CPI)

Par Gaius Kowene

La cours pénale internationale, CPI, prononcera ce Vendredi son jugement contre Germain Katanga, ancien commandant de la milice FRPI (Forces de Résistance Patriotiques en Ituri), dans l’Est de la RDC. La justice internationale le soupçonne d’avoir commandité le massacre d’environs 200 personnes à Bogoro, l’utilisation des enfants soldats, la réduction en esclavage sexuel, etc… pendant les conflits inter-ethniques de 2003 en district de l’Ituri.

Des survivants de ces tueries disent attendre avec impatience ce jugement.

Princesse Bendela, la vingtaine, a perdu sa grand-mère dans cette guerre. Au vu de sa morphologie, des miliciens l’ont abattu, croyant qu’elle appartenait à l’une des tribus sur leur liste noire. Cette image est restée gravée dans sa tête. « Je n’avais que 9 ans à l’époque, se souvient-elle. Je regardais à partir de la fenêtre quand le milicien a coupé la nuque de grand-mère avec une machette. C’était horrible ! Je n’oublierais jamais ça ! »

Mais Serge Mirembe, qui a aussi vécu cette guerre, a une crainte. « Certains politiciens au pouvoir étaient derrière ces milices et sont à l’aise dans la capitale Kinshasa, explique-t-il. J’ai peur que le gouvernement ne les protège dans l’impunité pour toujours. »

Au fil des années, le gouvernement Congolais a gratifié des seigneurs de guerre au nom de la paix et de la cohésion nationale. Il leur accordait ainsi l’amnistie totale, l’intégration dans l’armée, la reconnaissance des grades et même des postes dans le gouvernement. Une pratique qui a favorisé la prolifération des groupes armés dans l’Est de la RDC.

En janvier dernier, la RDC a signé des déclarations de Nairobi (Kenya) pour officialiser la fin de la rébellion Mouvement du 23 Mars (M23).

Dans ces déclarations, le gouvernement est resté catégorique sur son refus d’accorder une amnistie générale à tous les membres de ces groupes armés. « Les chefs rebelles auteurs des crimes graves devront en répondre devant la justice Congolaise ou internationale » a insisté François Mwamba, chargé de suivi de l’Accord Cadre d’Adis Abeba.

Les artistes Congolais n’en sont pas du reste. Mack El Sambo, l’une des grandes figures du reggae au Nord Kivu, prépare un album sur ce sujet. « Plus jamais par les armes» c’est le titre de la chanson qui appelle le gouvernement à ne pas refaire les erreurs du passé.

« Quand des gens font des bonnes choses, le gouvernement ne les récompense pas, regrette-t-il. Alors pourquoi récompenser quelqu’un qui a tué ses frères, violés ses mères et détourné les minutions de l’armée ? »

Au total, 5 Congolais ont été accusés crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cours Pénale Internationale.

Le tout premier condamné de la CPI, Thomas Lubanga, purge sa peine pendant que Mathieu Ngudjolo a été acquitté. Le procès de l’ancien vice-président Jean Pierre Bemba et celui du « Terminator » Bosco Ntaganda se poursuivent à la Haye, siège de la CPI.

RDC: 3 clés pour combattre l’ impunité

Comment lutter efficacement contre l’impunité en RDC?

Par Gaïus Kowene

Ida Sawyer, dans le bureau de Human Rights Watch à Goma, RDC (Crédit photo: Gaius Kowene)

Ida Sawyer, dans le bureau de Human Rights Watch à Goma, RDC (Crédit photo: Gaius Kowene)

Ida Sawyer, chercheuse Senior de Human Rights Watch au Congo, parle des défis que la RDC doit relever pour lutter contre l’impunité. Il s’agit du budget insuffisant accordé à la justice, la Couverture dont bénéficient certains proches du pouvoir et l’installation des chambres mixtes spécialisées.

Ida Sawyer devant la caméra de Gaïus Kowene

Selon vous, quoi d’autre devrait être fait pour mettre fin à l’impunité en RDC?

>>>> A lire aussi:

RDC: l’armée, en toute impunité

RDC: le combat d’une Congolaise contre l’impunité

Suggestion des ONGs Congolaises sur les chambres specialisées

RDC : comment fabriquer un rebelle ?

La République démocratique du Congo compte plus de 50 groupes armés qui se livrent à de graves violations des droits de l’homme.

Mais, attention, ces groupes armés sont aussi un moyen pour beaucoup de citoyens de survivre. Certains me diront : « Mais… garçon, tu as perdu la tête ? »

En vrai, pas du tout ! Les grandes entreprises internationales et le gouvernement confisquent tous les revenus. Le Gondwanais « lambda » n’apprend qu’à l’école que son pays est riche en sol et sous-sol ! Pour se retrouver, certains décident de rejoindre des groupes armés à caractère tribaloethnique.

Alors, je ne donne ici qu’un bref aperçu sur comment on arrive à créer un groupe armé influent.

Petite précision : Je ne suis pas membre d’un groupe armé ! Cet article vient du temps que j’ai passé à effectuer des reportages sur des groupes armés comme la rébellion Mouvement du 23 Mars (M23), l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS) et différents groupes Maï Maï dans le Grand Nord (Nord du Nord-Kivu).

Règle 1 : Apprenez votre histoire

Connaitre l’histoire de votre tribu vous permettra de la manipuler pour vos intérêts. Consultez les vieux sages et ils ne manqueront pas de trouver une mésentente avec les voisins (ce qui est normal).

Règle 2 : Victimisez-vous !

Se victimiser marche souvent ! Ça permet de montrer aux « notables » de la communauté que votre tribu est une espèce en voie d’extinction. Vous avez automatiquement leur soutien.

Se victimiser tente aussi des personnes qui ne sont pas de votre tribu de se joindre à vous pour « contre carrer un plan dévastateur des voisins. »

C’est quoi ce plan même ? Il n’existe que dans les mythes.

Règle 3 : Préparez vos futurs cadres

Si vous démarrez une rébellion, vous ne devez pas y être vu, ni de près, ni de loin !

Voilà pourquoi vous devez convaincre les notables de votre communauté et ceux de la diaspora d’octroyer des bourses d’études à l’étranger aux jeunes de votre village. Que doivent-ils étudier ? Tout ce qui a trait à la politique, à l’armée, à la balistique, l’aéronautique, la programmation informatique, etc.

Au départ, ne dites rien ! Dites tout simplement qu’ils ont mérité ! Comme ça, vous créez une dette morale en eux. Ils n’hésiteront pas à utiliser ces connaissances pour « sauver » la tribu qui a fait d’eux ce qu’ils sont.

Veillez à rester dans l’ombre. Mettez ces jeunes à l’avant-plan.

Règle 4 : Excellez en évangélisation

Cette viellie technique utilisée par des Européens en Afrique marche encore aujourd’hui. Devenez un grand révérend pasteur. Les Africains croient beaucoup en « Dieu ». Il suffit de trouver quelques versets dans la Bible ou le Coran pour le convaincre. Après tout, il a appris depuis sa naissance à ne pas blaguer avec « Dieu ».

Formez aussi des « enfants » spirituels. Même Nicholas Machiavel l’a dit : la religion permet de gagner gratuitement un certain pouvoir, une certaine autorité, une bonne crédibilité.

Quand vous êtes évangéliste, même de grands décideurs du pays ou du monde n’hésiteront pas à  vous recevoir facilement.

Du coup, vous gagnez en contacts et relations !

Règle 5 : Prenez le contrôle de l’économie de votre région

Soit vous contrôlez des carrières de minerais ou vous influencez les grands commerçants de la région. Ce n’est pas impossible même si vous ne venez de nulle part.

S’ils reconnaissent en vous une bibliothèque de l’histoire, donc un sage (voir règle 1) et/ou un guide spirituel (règle 4), ils feront sûrement tout ce que vous leur direz !

Il suffit de se trouver un argument, convaincant ou pas, montrez-leur que votre tribu est en danger. Comme leurs intérêts en dépendent, ils vous rejoindront !

Et quand vous avez l’économie, la politique ne peut que venir vers vous.

RDC: la victoire militaire kidnappée!

Des politiciens congolais ont kidnappé la victoire militaire des forces armées de la RDC, FARDC sur les rebelles du M23. Ils en profitent pour leurs intérêts personnels.

Par Gaius Kowene

L'armée Congolaise célèbre sa victoire militaire sur les rebelles du M23

L’armée Congolaise célèbre sa victoire militaire sur les rebelles du M23

« Nous demandons aux populations des zones occupés de se préparer déjà à nous accueillir et hisser le drapeau du Congo. » – Colonel Olivier Hamuli, porte-parole des FARDC

« J’ai rencontré des militaires sur la route de Bunagana. Ils m’ont promis d’en finir avec la rébellion du M23. » – un habitant de Rutshuru

Quelques jours après ces messages, l’armée Congolaise appuyée par la brigade d’intervention de l’ONU chasse les rebelles du M23 de leurs derniers bastions, Chanzu et Runyoni.

 

Ce coup attire les medias qui couvrent cette guerre depuis deux décennies. A côté d’eux, des politiciens.

D’abord, les députés nationaux, « fils du terroir. » Juste après les élections législatives, ils sont partis à l’hémicycle pour y apprendre la vie de luxe : concerts musicaux, voiture qui coutent chers, grosses dépenses inutiles, etc…

Jamais ils ne sont venus consulter leurs bases avant de prendre la corruption pour voter une motion. Jamais ils ne sont venus encourager les militaires au front, ni leur apporter une assistance.

D’ailleurs, certains de ces politiciens sont derrière des groupes armés qui écument l’Est de la RDC, comme le témoigne l’un d’eux.

Maintenant que l’armée a gagné, c’est le moment pour eux de se bousculer et d’organiser des visites à la base, voler un peu du succès des FARDC.

Autre chose qui me tique, même le président Joseph Kabila tombe dans le piège.

Avant son arrivée, des ministres visitent la région, des « missions » de travail qui ont couté beaucoup des millions. Pourquoi ne pas rester dans la capitale Kinshasa et ajouter cet argent comme prime d’encouragement à ces militaires et à leurs familles ?

Vient ensuite une méga délégation du chef de l’Etat pour préparer sa visite. Que des dépenses !

Je croyais même qu’après sa visite les militaires pourront sourire. Mais, croyez-moi, ça n’a pas été le cas !

J’étais un soir à la rédaction de la radio Mutaani FM, quand un militaire vient demander qu’on parle de leurs arriérées de solde comme les festivités de fin d’année approchent !

Pourtant, ce sont ces gens qui se sont battu, essuyant des tirs des rebelles et souffrant des éclats des explosifs sur la ligne de front ! Pourquoi ceux qui étaient bonnement dans leurs bureaux climatisés se sont fait autant d’argent, mais, pas les acteurs même de cette victoire ?

Les politiciens devraient plutôt annuler ces missions et visites touristiques inutiles et donner cet argent à l’armée !

Bon, sur ce point-là, je reste quand même prudent. Il y a armée et armée. Qui sait si l’argent envoyé aux militaires est tombé en venant de Kinshasa parce que l’avion était troué ?

5 points clés du discours de Joseph Kabila au Congrès Congolais

Joseph Kabila, président de la RDC (Crédit photo: radiookapi.net)

Joseph Kabila, président de la RDC (Crédit photo: radiookapi.net)

Le président de la RDC, Joseph Kabila a répondu aux recommandations des concertations nationales dans un discours qui a duré plus d’une heure devant le congrès.

Dans la salle, on notait la présence de deux invites spéciaux : le président Denis Sasu du Congo Brazza et Nkosazana Zuma, chef de la commission de l’Union Africaine.

J’ai choisi pour vous 5 points qui donnent ce que je crois être l’essentiel de ce discours. Je les place ici dans l’ordre chronologique (pas de pertinence).

1. Lutte contre les violences sexuelles

Le président de la République démocratique du Congo a promis de s’investir personnellement dans la lutte contre les violences sexuelles et l’utilisation des enfants soldats. Il nommera ainsi très prochainement un représentant spécial pour s’assurer que les auteurs de ces crimes contre l’humanité et crime de guerre soient poursuivis.

2. Mesure de grâce et ouverture politique

Dans son discours, le président Joseph Kabila a dit avoir signé le matin même une mesure de grâce pour tous les prisonniers politiques. Son objectif: recréer un climat de confiance entre les acteurs politiques.

Ceci va de pair avec son ouverture politique qui sera concrétisée par la création d’un gouvernement d’union nationale. Des membres de l’opposition, de la majorité présidentielle et de la société civile pourront ainsi se mettre ensemble et « prendre du miel du pays ».

3. Imposer le respect du genre et de la parité

Le président de la république a proposé que pendant les élections, les parties politiques présentent une liste des candidats avec 30% des femmes. Sauf qu’être candidate n’est pas la garantie d’être élue. C’est comme ça qu’il demande d’étudier la possibilité de voir comment rendre un siège par circonscription électoral obligatoire pour une femme.

4. Pas d’affairisme ni d’enrichissement illicite

« Quand il faut servir le drapeau et les affaires, le premier finit par en partir », pense Joseph Kabila. Pour lutter contre l’affairisme des militaires ou policiers, la corruption et l’enrichissement illicite des membres du gouvernement, le président Congolais nommera prochainement un conseiller spécial pour s’en charger.

5. Décentralisation progressive

Plusieurs fois, la question de la décentralisation créé des grognes au sein des populations. Joseph Kabila a promis de procéder de façon progressive à l’autonomisation des provinces.

Il compte éradiquer les groupes armés Congolais et étrangers et aussi accorder une attention particulière aux personnes vivant avec un handicap, comme les personnes âgées.

Lire l’intégralité du discours de Joseph Kabila

 

RDC: « Désarmez-vous, même si on ne fera rien! »

 

Cette annonce du commandant en chef de la force de la Mission Onusienne en RDC, MONUSCO, a fait la une de la presse tant nationale qu’internationale. Pour la population, la diffusion de ce communiqué à la Radio est perçue comme signe précurseur des interventions offensives de la Brigade d’Intervention de l’ONU. Mais, en sera-t-il vraiment ainsi ?

Tout d’abord, il faut bien relire le contenu dudit communiqué : rien n’indique qu’après l’ultimatum la Brigade d’intervention attaquera les groupes armés actifs dans la région. Ce qui changera, c’est tout simplement la façon de considérer les porteurs d’armes dans cette zone. Ils seront maintenant considérés comme un danger pour la population civile. Et avant l’ultimatum ? N’étaient-ils pas un danger ?

On pourrait facilement en déduire un mea culpa de la MONUSCO. Peut être, une façon de reconnaitre l’erreur d’avoir été gentil avec les porteurs d’armes dans cette zone depuis tout ce temps ! Selon la MONUSCO, quelques personnes civiles et membres des groupes armés ont commencé à obtempérer. Malheureusement, jusqu’au moment de la publication de cet article, aucune statistique (même approximative) n’est disponible.

Un habitant de Goma s’interroge sur la cible prioritaire de cette Brigade: « Je croyais que cette fameuse Brigade est venu combattre des groupes armés. Mais là, j’ai l’impression qu’il commence à s’occuper plutôt des petits voleurs des quartiers de Goma. »

Ce communiqué annonce aussi la création d’une « Zone de sécurité » dans la région de Goma et Sake. Pourquoi ce choix ? La MONUSCO répond : « Parce qu’il y a plus d’un million des civils dans ces zones sous menaces d’attaques des groupes armés. Parmi ces personnes figurent aussi des déplacés de guerre dans différents camps et sites spontanés.»

Voila ce qui énerve un journaliste venu du territoire de Rutshuru, zone sous contrôle de la rébellion du M23. « Voulez-vous nous faire croire que la population de cette zone est beaucoup plus en danger que celle vivant dans des zones sous occupations rebelles ? Se questionne-t-il. Parce que chez moi a Rutshuru, la MONUSCO ne fait que le monitoring des exactions contre les civiles sans aucune action concrète pour les empêcher. » Ce journaliste dit ne plus savoir comment calmer les jeunes de ce territoire, dépassée par ce  « laxisme » perpétuel de la MONUSCO.

A sa question, la réponse de la MONUSCO était simple : « N’est-ce pas qu’en cas d’attaque la population vient se réfugier dans nos bases ? Donc, elle nous fait confiance ! » Mais, le journaliste international Jean Dumont Michel fait un constat : cette zone ne couvre que l’espace déjà conquit par les Forces Armées de la RDC, FARDC, et n’atteint même pas la ligne de front.

 

C’est ici que la MONUSCO donne des précisions qui ne figurent pas dans son communiqué sur l’ultimatum. Elle renseigne que cette opération n’est pas offensive, mais juste dissuasive. « L’objectif est de créer une base arrière sécurisée pour permettre aux FARDC de lancer sans crainte ses attaques contre les groupes armés dont le M23. »

Cet éclaircissement arrive quand l’ultimatum avait déjà créé des gesticulations au sein de certains groupes armés. Pour le M23, par exemple, la frayeur  s’est fait sentir même chez ses parrains Rwandais et Ougandais. Témoins ces Tweets d’Olivier Nduhungirehe, représentant permanent du Rwanda a l’ONU.

 

Dépassé les 48 heures (qui expirent Jeudi premier Octobre 2013 à 14h GMT), la Monusco ne croisera pas les bras. Felix Prosper Bass, porte-parole militaire de la MONUSCO renseigne que des bouclages et fouilles pourront être organisées pour traquer tous les récalcitrants. Toute fois, pas d’opération offensive pour l’instant.

Les groupes armés peuvent donc prendre leur temps pour se réorganiser et se ravitailler en vue de faire face aux attaques prochaines de la Brigade d’intervention de l’ONU.

Par Gaïus Kowene

Brigade d’intervention : les humanitaires sont prêt!

Imane Cherif, chargée de l’information publique au Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires humanitaires, OCHA, au Nord Kivu, RD Congo

Imane Cherif, chargée de l’information publique au Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires humanitaires, OCHA, au Nord Kivu, RD Congo

Dans un futur proche, la Brigade d’intervention des Nations unies  amorcera ses opérations offensives contre les groupes armés dans l’Est de la RD Congo.

Ces affrontements pourraient avoir des conséquences humanitaires énormes. Les humanitaires œuvrant dans la région se disent prêt à intervenir.

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