RDC : comment fabriquer un rebelle ?

La République démocratique du Congo compte plus de 50 groupes armés qui se livrent à de graves violations des droits de l’homme.

Mais, attention, ces groupes armés sont aussi un moyen pour beaucoup de citoyens de survivre. Certains me diront : « Mais… garçon, tu as perdu la tête ? »

En vrai, pas du tout ! Les grandes entreprises internationales et le gouvernement confisquent tous les revenus. Le Gondwanais « lambda » n’apprend qu’à l’école que son pays est riche en sol et sous-sol ! Pour se retrouver, certains décident de rejoindre des groupes armés à caractère tribaloethnique.

Alors, je ne donne ici qu’un bref aperçu sur comment on arrive à créer un groupe armé influent.

Petite précision : Je ne suis pas membre d’un groupe armé ! Cet article vient du temps que j’ai passé à effectuer des reportages sur des groupes armés comme la rébellion Mouvement du 23 Mars (M23), l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS) et différents groupes Maï Maï dans le Grand Nord (Nord du Nord-Kivu).

Règle 1 : Apprenez votre histoire

Connaitre l’histoire de votre tribu vous permettra de la manipuler pour vos intérêts. Consultez les vieux sages et ils ne manqueront pas de trouver une mésentente avec les voisins (ce qui est normal).

Règle 2 : Victimisez-vous !

Se victimiser marche souvent ! Ça permet de montrer aux « notables » de la communauté que votre tribu est une espèce en voie d’extinction. Vous avez automatiquement leur soutien.

Se victimiser tente aussi des personnes qui ne sont pas de votre tribu de se joindre à vous pour « contre carrer un plan dévastateur des voisins. »

C’est quoi ce plan même ? Il n’existe que dans les mythes.

Règle 3 : Préparez vos futurs cadres

Si vous démarrez une rébellion, vous ne devez pas y être vu, ni de près, ni de loin !

Voilà pourquoi vous devez convaincre les notables de votre communauté et ceux de la diaspora d’octroyer des bourses d’études à l’étranger aux jeunes de votre village. Que doivent-ils étudier ? Tout ce qui a trait à la politique, à l’armée, à la balistique, l’aéronautique, la programmation informatique, etc.

Au départ, ne dites rien ! Dites tout simplement qu’ils ont mérité ! Comme ça, vous créez une dette morale en eux. Ils n’hésiteront pas à utiliser ces connaissances pour « sauver » la tribu qui a fait d’eux ce qu’ils sont.

Veillez à rester dans l’ombre. Mettez ces jeunes à l’avant-plan.

Règle 4 : Excellez en évangélisation

Cette viellie technique utilisée par des Européens en Afrique marche encore aujourd’hui. Devenez un grand révérend pasteur. Les Africains croient beaucoup en « Dieu ». Il suffit de trouver quelques versets dans la Bible ou le Coran pour le convaincre. Après tout, il a appris depuis sa naissance à ne pas blaguer avec « Dieu ».

Formez aussi des « enfants » spirituels. Même Nicholas Machiavel l’a dit : la religion permet de gagner gratuitement un certain pouvoir, une certaine autorité, une bonne crédibilité.

Quand vous êtes évangéliste, même de grands décideurs du pays ou du monde n’hésiteront pas à  vous recevoir facilement.

Du coup, vous gagnez en contacts et relations !

Règle 5 : Prenez le contrôle de l’économie de votre région

Soit vous contrôlez des carrières de minerais ou vous influencez les grands commerçants de la région. Ce n’est pas impossible même si vous ne venez de nulle part.

S’ils reconnaissent en vous une bibliothèque de l’histoire, donc un sage (voir règle 1) et/ou un guide spirituel (règle 4), ils feront sûrement tout ce que vous leur direz !

Il suffit de se trouver un argument, convaincant ou pas, montrez-leur que votre tribu est en danger. Comme leurs intérêts en dépendent, ils vous rejoindront !

Et quand vous avez l’économie, la politique ne peut que venir vers vous.

RDC: la victoire militaire kidnappée!

Des politiciens congolais ont kidnappé la victoire militaire des forces armées de la RDC, FARDC sur les rebelles du M23. Ils en profitent pour leurs intérêts personnels.

Par Gaius Kowene

L'armée Congolaise célèbre sa victoire militaire sur les rebelles du M23

L’armée Congolaise célèbre sa victoire militaire sur les rebelles du M23

« Nous demandons aux populations des zones occupés de se préparer déjà à nous accueillir et hisser le drapeau du Congo. » – Colonel Olivier Hamuli, porte-parole des FARDC

« J’ai rencontré des militaires sur la route de Bunagana. Ils m’ont promis d’en finir avec la rébellion du M23. » – un habitant de Rutshuru

Quelques jours après ces messages, l’armée Congolaise appuyée par la brigade d’intervention de l’ONU chasse les rebelles du M23 de leurs derniers bastions, Chanzu et Runyoni.

 

Ce coup attire les medias qui couvrent cette guerre depuis deux décennies. A côté d’eux, des politiciens.

D’abord, les députés nationaux, « fils du terroir. » Juste après les élections législatives, ils sont partis à l’hémicycle pour y apprendre la vie de luxe : concerts musicaux, voiture qui coutent chers, grosses dépenses inutiles, etc…

Jamais ils ne sont venus consulter leurs bases avant de prendre la corruption pour voter une motion. Jamais ils ne sont venus encourager les militaires au front, ni leur apporter une assistance.

D’ailleurs, certains de ces politiciens sont derrière des groupes armés qui écument l’Est de la RDC, comme le témoigne l’un d’eux.

Maintenant que l’armée a gagné, c’est le moment pour eux de se bousculer et d’organiser des visites à la base, voler un peu du succès des FARDC.

Autre chose qui me tique, même le président Joseph Kabila tombe dans le piège.

Avant son arrivée, des ministres visitent la région, des « missions » de travail qui ont couté beaucoup des millions. Pourquoi ne pas rester dans la capitale Kinshasa et ajouter cet argent comme prime d’encouragement à ces militaires et à leurs familles ?

Vient ensuite une méga délégation du chef de l’Etat pour préparer sa visite. Que des dépenses !

Je croyais même qu’après sa visite les militaires pourront sourire. Mais, croyez-moi, ça n’a pas été le cas !

J’étais un soir à la rédaction de la radio Mutaani FM, quand un militaire vient demander qu’on parle de leurs arriérées de solde comme les festivités de fin d’année approchent !

Pourtant, ce sont ces gens qui se sont battu, essuyant des tirs des rebelles et souffrant des éclats des explosifs sur la ligne de front ! Pourquoi ceux qui étaient bonnement dans leurs bureaux climatisés se sont fait autant d’argent, mais, pas les acteurs même de cette victoire ?

Les politiciens devraient plutôt annuler ces missions et visites touristiques inutiles et donner cet argent à l’armée !

Bon, sur ce point-là, je reste quand même prudent. Il y a armée et armée. Qui sait si l’argent envoyé aux militaires est tombé en venant de Kinshasa parce que l’avion était troué ?

RDC: « Désarmez-vous, même si on ne fera rien! »

 

Cette annonce du commandant en chef de la force de la Mission Onusienne en RDC, MONUSCO, a fait la une de la presse tant nationale qu’internationale. Pour la population, la diffusion de ce communiqué à la Radio est perçue comme signe précurseur des interventions offensives de la Brigade d’Intervention de l’ONU. Mais, en sera-t-il vraiment ainsi ?

Tout d’abord, il faut bien relire le contenu dudit communiqué : rien n’indique qu’après l’ultimatum la Brigade d’intervention attaquera les groupes armés actifs dans la région. Ce qui changera, c’est tout simplement la façon de considérer les porteurs d’armes dans cette zone. Ils seront maintenant considérés comme un danger pour la population civile. Et avant l’ultimatum ? N’étaient-ils pas un danger ?

On pourrait facilement en déduire un mea culpa de la MONUSCO. Peut être, une façon de reconnaitre l’erreur d’avoir été gentil avec les porteurs d’armes dans cette zone depuis tout ce temps ! Selon la MONUSCO, quelques personnes civiles et membres des groupes armés ont commencé à obtempérer. Malheureusement, jusqu’au moment de la publication de cet article, aucune statistique (même approximative) n’est disponible.

Un habitant de Goma s’interroge sur la cible prioritaire de cette Brigade: « Je croyais que cette fameuse Brigade est venu combattre des groupes armés. Mais là, j’ai l’impression qu’il commence à s’occuper plutôt des petits voleurs des quartiers de Goma. »

Ce communiqué annonce aussi la création d’une « Zone de sécurité » dans la région de Goma et Sake. Pourquoi ce choix ? La MONUSCO répond : « Parce qu’il y a plus d’un million des civils dans ces zones sous menaces d’attaques des groupes armés. Parmi ces personnes figurent aussi des déplacés de guerre dans différents camps et sites spontanés.»

Voila ce qui énerve un journaliste venu du territoire de Rutshuru, zone sous contrôle de la rébellion du M23. « Voulez-vous nous faire croire que la population de cette zone est beaucoup plus en danger que celle vivant dans des zones sous occupations rebelles ? Se questionne-t-il. Parce que chez moi a Rutshuru, la MONUSCO ne fait que le monitoring des exactions contre les civiles sans aucune action concrète pour les empêcher. » Ce journaliste dit ne plus savoir comment calmer les jeunes de ce territoire, dépassée par ce  « laxisme » perpétuel de la MONUSCO.

A sa question, la réponse de la MONUSCO était simple : « N’est-ce pas qu’en cas d’attaque la population vient se réfugier dans nos bases ? Donc, elle nous fait confiance ! » Mais, le journaliste international Jean Dumont Michel fait un constat : cette zone ne couvre que l’espace déjà conquit par les Forces Armées de la RDC, FARDC, et n’atteint même pas la ligne de front.

 

C’est ici que la MONUSCO donne des précisions qui ne figurent pas dans son communiqué sur l’ultimatum. Elle renseigne que cette opération n’est pas offensive, mais juste dissuasive. « L’objectif est de créer une base arrière sécurisée pour permettre aux FARDC de lancer sans crainte ses attaques contre les groupes armés dont le M23. »

Cet éclaircissement arrive quand l’ultimatum avait déjà créé des gesticulations au sein de certains groupes armés. Pour le M23, par exemple, la frayeur  s’est fait sentir même chez ses parrains Rwandais et Ougandais. Témoins ces Tweets d’Olivier Nduhungirehe, représentant permanent du Rwanda a l’ONU.

 

Dépassé les 48 heures (qui expirent Jeudi premier Octobre 2013 à 14h GMT), la Monusco ne croisera pas les bras. Felix Prosper Bass, porte-parole militaire de la MONUSCO renseigne que des bouclages et fouilles pourront être organisées pour traquer tous les récalcitrants. Toute fois, pas d’opération offensive pour l’instant.

Les groupes armés peuvent donc prendre leur temps pour se réorganiser et se ravitailler en vue de faire face aux attaques prochaines de la Brigade d’intervention de l’ONU.

Par Gaïus Kowene

Brigade d’intervention : les humanitaires sont prêt!

Imane Cherif, chargée de l’information publique au Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires humanitaires, OCHA, au Nord Kivu, RD Congo

Imane Cherif, chargée de l’information publique au Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires humanitaires, OCHA, au Nord Kivu, RD Congo

Dans un futur proche, la Brigade d’intervention des Nations unies  amorcera ses opérations offensives contre les groupes armés dans l’Est de la RD Congo.

Ces affrontements pourraient avoir des conséquences humanitaires énormes. Les humanitaires œuvrant dans la région se disent prêt à intervenir.

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#Goma: des explosifs tombés en pleine ville

La guerre aux environs de la guerre a des répercutions sur la ville, répercutions qui accentuent la psychose de la population.

Trajectoire de l'explosif tombe au quartier Mabanga Nord, dans la ville de Goma (credit photo: Gaius Kowene)

Trajectoire de l’explosif tombe au quartier Mabanga Nord, dans la ville de Goma (Credit photo: Gaius Kowene)

Le soir de ce lundi 22 Juillet 2013, 3 bombes sont tombées dans la ville de Goma, dans l’Est de la RDC. Deux au quartier Mabanga et une autre au quartier Majengo.

Bien qu’aucune perte humaine, ni de dégât matériel considérable n’ai été enregistré, la population se dit trop inquiète.

Ecouter et télécharger les témoignages de la population et la traduction en Français.

Quelques minutes après, le Major Yoga Moise, commandant de la PNC dans la ville de Goma est descendu sur les lieux avec son équipe pour constater les faits. C’est après qu’un lieutenant des FARDC a pris l’un des roquettes multiples de type russe et l’a jeté dans une toilette a proximité.

Ecouter et télécharger l’interview du Commandant de la police en ville de Goma.

Des agents de UNMag sont arrivés sur place et ont fixé un périmètre de sécurité pour éloigner la population du danger.

Vu a vol d'oiseau de la Maison touchee par l'explosif dans la ville de Goma

Vu a vol d’oiseau de la Maison touchee par l’explosif dans la ville de Goma

Selon un officier des FARDC ayant étudié la balistique, ces bombes Canon 106-107 millimètres pèsent 35 kilogrammes et peuvent causer des dégâts énormes en cas de mauvaise manipulation en pleine ville.

Le commandant de la Police ville de Goma a appelé la population a la prudence et surtout au calme et assure que tout est sous contrôle des services de déminages de UNMAG.

Quant au lieutenant des FARDC qui l’a jeté dans les toilettes, des mesures disciplinaires sévères devront être prises dans les jours avenir par sa hiérarchie.

PS: Selon les dernières informations en notre possession, le service de déminage des Nations Unies UNMAG a réussit le même lundi soir à récupérer l’explosif jeté dans les toilettes. Il n’y a donc plus aucun danger pour la population.

Par Gaius Kowene

RDC: si Goma panique, qui profite?

La presse couvrant l'investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo

La presse couvrant l’investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo (Credit photo: Gaius Kowene)

« Vous devez immédiatement rentrer chez vous à la maison et rester prudent. La situation n’est pas bonne dans la ville. »

« Nous pouvons entendre des détonations. Il y a la guerre ici ! »

Ce sont la quelques une des phrases que vous pouvez entendre dans la ville de Goma, dans l’Est de la RD Congo. Elles se transmettent rapidement de bouche à oreille, via messageries sms et surtout sur les réseaux sociaux. Qui est a l’origine de cette psychose ? Avec quel intérêt ? Comment éviter de se faire manipuler pour des intérêts égoïstes ?

Depuis plus d’une décennie la province du Nord Kivu est en guerre. Des affrontements opposent différents groupes armés nationaux et étrangers.

Mais cette guerre n’est pas que militaire. Elle est médiatique et surtout psychologique. Des groupes armés en profitent pour dominer le mental des habitants et les faire oublier de résister.

Comment crée-t-on cette panique ?

Ces groupes armés utilisent plusieurs méthodes pour atteindre cet objectif. Je ne vais en citer que trois (3).

La première, celle qui réussit souvent est d’alerter les medias les plus suivis de Goma. Leur sympathisants envoient des messages aux medias et se disent prêt a témoigner de la situation qui prévaut dans leur région. Mais, en réalité, ils ventent ces groupes armés, donnent aux gens l’idée qu’ils sont  hyper forts, lourdement armés, bref, invincible !

Malheureusement, il y a de ces journalistes qui se précipitent pour diffuser des scoops, sans prendre le temps de traiter comme il se doit l’information. C’est un témoignage de la base, oui, mais qui est derrière ? Avec quel intérêt ? En journalisme, aucune information ne doit être prise pour argent comptant ! Même si elle vient des « bouches autorisés ». Quand le journaliste ne fait plus son travail de traitement sérieux de l’information, les belligérants savent le manipuler pour qu’il leur serve de haut parleur. Ainsi, il les aide (consciemment ou pas) à atteindre leur objectif : Dominer d’abord l’esprit des habitants et leur corps ne fera que se soumettre.

La deuxième méthode utilisée pour créer cette psychose, c’est de se fabriquer des mythes et les diffuser par la voie des réseaux sociaux et le bouche à oreille. Tel officier à échapper a une tentative d’assassinat, Tel General est mortellement blessé (après on le voit en bonne santé), Tel groupe projette d’attaquer tel jour, autant des membres de telle milice se sont déjà infiltrés a un tel endroit, etc…

Parfois c’est vrai. Mais, souvent c’est une façon de créer le débat en ayant déjà corrompu la façon de raisonner de la population. Du coup, elle panique et donc, se prépare à se soumettre à une nouvelle « autorité ».

La troisième méthode est de créer une incompréhension qu’on fera semblant de maitriser après. Cette technique marche toujours. Les journalistes qui font du News y sursautent : appels téléphonique, déplacements pour interview, etc….

Pendant ce temps, la population croit qu’il y a une Vrai incompréhension vu qu’il y a mort d’hommes. Oui, il y a mort d’hommes ; mais lesquels ? Des gens dont on a plus besoin, des gens d’une ethnie dont on veut se débarrasser, des gens « inutile » pour eux. Qu’ils meurent ou pas, ca n’affectera en rien le groupe armé. Au contraire, ca déplace des populations, ce qui oblige les humanitaires a intervenir et donc, a parler du groupe Rebel aux plus hauts niveaux.

Des mains noires bien connus sont derrière cette psychose qui règne dans la ville de Goma. Ils le font pour leur intérêt bien connu.

Se permettre d’amplifier cette panique, c’est accepter de servir d’idiot utile a ces personnes bien connus.

Par Gaïus Kowene

RDC : La population civile, encore et toujours victime

M23 Troops Bunagana 2 par Al Jazeera English, CC

M23 Troops Bunagana 2 par Al Jazeera English, CC

Plus de 4 morts, 60 blessés et plusieurs maisons incendiés : C’est le bilan provisoire des affrontements de ce Mercredi 27 Février 2013 à Kitshanga, dans le territoire de Masisi, opposant l’armée régulière à la milice APCLS (Armée Patriotique pour un Congo Libre et Souverain). L’ APCLS est un mouvement maï-maï d’auto-défense actif dans cette partie de la RD Congo.

Ces affrontements ont occasionnés un déplacement massif de la population. Une partie a trouvé refuge près de la base de la mission des Nations Unies pour la stabilisation de la RD Congo, MONUSCO. Leur nombre exact n’est pas encore connu. Dans un avenir proche, des humanitaires présents dans la zone seront évacués.

3 jours avant, ce sont deux factions du mouvement rebelle M23 qui ont échangé des tirs. Pouvoir et argent, bref, leadership serait à la base de ces dissensions. Ici encore, six civils ont perdu la vie, nous renseigne le bureau des Nations Unies pour la coordination des Affaires humanitaires, OCHA. Le lendemain, l’une des factions a pris le contrôle de Rugari, localité située à 30 km au Nord de Goma. Elle y a érigé une barrière de péage. Le président du M23, Jean Marie Runiga Lugerero est destitué de ses fonctions par le commandement militaire de ce mouvement rebelle.

Les agences et systèmes des Nations Unies y arrêtent momentanément leurs activités.

Rappelez-vous que 11 Chefs d’Etats Africains ont signé Dimanche 24 Février 2013 un accord cadre pour éradiquer ce problème. Cet accord cadre donne au conseil de sécurité de l’ONU un feu vert pour accorder un mandat précis à la force internationale neutre. Celui de la MONUSCO sera probablement renforcé.

Un autre complément dans ce dossier est que les aéronefs sans pilotes, qu’on appelait drones, seront bel et bien envoyés pour surveiller la frontière Rwando-Ougando-Congolaise. Sauf que ces drones ne pourront tirer aucun coup de bal, si ce n’est livrer des informations en un temps record. Ces informations permettront de planifier des opérations militaires plus efficaces.

Par Gaïus Kowene

Nord Kivu: Une guerre de production agricole?

Un champ de culture à Vuyinga, au Nord Kivu

Un champ de culture à Vuyinga, au Nord Kivu

La guerre dans l’Est de la RD Congo serait une guerre de production agricole : voilà ce que pensent les habitants de Rutshuru et Masisi, en province du Nord Kivu. La plupart d’attaques des groupes armés ont lieu en période de récolte. Ces attaques occasionnent le déplacement de la population qui ne peut plus aller récolter. Les produits qui échappent aux pillages des hommes en arme pourrissent dans les champs.

Face à cette triste situation, des humanitaires et payants mettent en place des solutions palliatives.

La population a changé les cultures et perturbé le calendrier de récolte. Certains plantent présentement du Soja en lieu et place du haricot (plus consommé que le Soja). D’autres ont remplacé leurs champs des tubercules (patates douces, maniocs, etc…) par l’arachide (qui prend plus de temps pour être récolté).

La population a volontairement perturbé le calendrier de culture en semant avant le 15 Février 2013. Ceci la permettra de récolter en mai, au lieu de Juin (mois ou il y a des nombreuses attaques des groupes armés).

Les humanitaires, eux, optent pour le renforcement des capacités de résilience des populations. Ceci consisté à donner aux populations la capacité de répondre rapidement au besoin alimentaire même après pillage des récoltes.

Le cash and Voucher est une façon de renforcer le secteur de production locale. Dans ce système, le Programme Alimentaire Mondiale donne aux déplacés ou retournés des jetons. Avec ces jetons, ils peuvent acheter une certaine quantité d’aliments de leur choix dans une foire dédiée à cette fin.

L’inconvénient de ce système est qu’on ne peut pas satisfaire la demande avec une production basse. Le Programme Alimentaire Mondiale a parfois besoin des plusieurs tonnes de maïs chaque semaine, que les agriculteurs locaux ne peuvent produire.

Guerre politique ou de production agricole, le retour de la paix reste la seule prière des habitants de ce coin de la RD Congo.

Par Gaïus Kowene

Goma: Le pont suspendu crée la controverse

Le pont presque fini suspendu au rond point Instigo, à Goma, RD Congo

Le pont presque fini suspendu au rond point Instigo, à Goma, RD Congo

Nous sommes en Avril 2012. Le cortège du gouverneur du Nord Kivu quitte sa résidence en vitesse et stoppe au rond point Instigo, l’un des plus célèbres de la ville. La circulation s’arrête un moment. Le gouverneur sort de son véhicule avec un dispositif sécuritaire costaud et une pluie des journalistes locaux. C’est la pause de la première pierre d’un pont qui devra être suspendu au même endroit. Objectif : éviter aux piétons l’embouteillage des nombreux véhicules. Julien Paluku, gouverneur de province, assure que sa construction ne prendrait que 2 mois. Sur un panneau à coté, les informations relatives à ce pont sont écrites. Celle qui m’intéresse plus : la date de fin des travaux (le 28 Juin 2012) et celle de l’inauguration (le 30 Juin 2012).

Les travaux ont démarrés puis se sont brusquement arrêté. 8 mois après la date prévue pour  l’inauguration, le pont ne l’est pas toujours.

Ce pont, est-il une réponse à un besoin réel ? Les Gomatraciens sont divisés. Beaucoup estiment que c’est un gaspillage, et une petite fraction salue l’initiative.

Gervais Letakamba, jeune pousse pousseur : « Je ne vois pas pourquoi construire un pont sans demander aux usagers s’ils en avaient besoin. Je ne voudrais pas voir mes petits frères passer sur la dessus refoulé de l’école pour minerval. » Il pense que l’argent affecté à la construction de ce pont devait payer les arriérés de salaire de certains enseignants, militaires et fonctionnaires de l’Etat.

« Le Nord Kivu a des priorités plus importantes que ce pont, soutient Mirindi, taximen. Ceci ne nous fera pas oublier les nombreuses promesses qu’ils nous ont faites ». Le jeune Mirindi soupçonne les initiateurs de ce projet de chercher des justificatifs des fonds qu’ils auraient détournés.

D’autres jeunes partent même loin en s’imaginant que ce pont serait le cadeau d’une entreprise de téléphonie mobile.

Une petite fraction des Gomatraciens encourage cette initiative. Pour elle, les gens doivent apprendre à accepter la réalité.

Eric, jeune partisan de la révolution de la modernité : « Pourquoi les gens veulent toujours rester opposants même pour ce qui est claire devant leurs yeux ? Notre ville est entrain d’avancer, mais ils veulent nous remettre en arrière».

Sur la question du social, Ali, du camp favorable au pouvoir veut mettre les choses au clair. « Il ne faut pas mélanger les choux et les carottes, dit-il. Ce n’est par ce que tel ou tel autre capricieux n’est pas satisfait de sa situation que le monde doit arrêter de tourner. Dans le budget du gouvernement le salaire de tous ces gens est prévu. Si c’est leur hiérarchie qui détourne, ils savent ou se plaindre. »

Ce pont, résoudra-t-il effectivement le problème d’embouteillage pour piétons ?

L’avenir nous le dira.

Par Gaïus Kowene

Entretien avec Cor Van Honk, ambassadeur des Pays-Bas en RDC

La ministre Néerlandaise de la coopération au developpement, Liliane Ploumen et l'ambassadeur des pays bas en RDC, Cor Van Honk, pendant le point de presse tenu ce 05 Fevrier 2013, au camp des déplacés de Mugunga 3, en RDC

La ministre Néerlandaise de la coopération au developpement, Liliane Ploumen et l’ambassadeur des Pays-Bas en RDC, Cor Van Honk, pendant le point de presse tenu ce 05 Fevrier 2013, au camp des déplacés de Mugunga 3, en RDC

L’ambassadeur des Pays-Bas Cor Van Honk a accompagné Liliane Ploumen, la ministre néerlandaise de la coopération au developpement et du commerce extérieure, dans sa visite à l’Est de la RDC.

A Bukavu, chef-lieu du Sud Kivu, elle a rencontré le Docteur Denis Mukwege, de retour à son poste après avoir échappé à un assassinat quelques mois plus tôt. A Goma, au Nord Kivu, elle a eu un entretien avec le gouverneur de la province Julien Paluku, et a visité le camp des deplacés de Mugunga 3. Elle s’y est entretenue avec les victimes des violences sexuelles et leur a promi son soutien.

Quand à la situation sécuritaire dans l’Est, l’ambassadeur des Pays bas, Monsieur Cor Van Honk, a jugé inacceptable qu’un autre pays porte atteinte à la souveraineté de la RDC. Il a aussi indiqué qu’intégrer les rebelles du M23 ne résoudrait pas le problème.

Pour la jeunesse congolaise, aucun programme spécifique n’est présent dans la coopération entre ces deux pays.

Je vous invite à suivre l’interview que l’ambassadeur des Pays-Bas m’a accordée pendant la visite de la ministre ce mardi 5 Fevrier 2012, au camp des déplacés de Mugunga. Toutes ces questions y sont détaillées. Pour ce faire, cliquez ici.

Par Gaïus Kowene