Procédure de divorce entre journaliste et coupage

Dans certains pays du Sud, il est courant de voir des journalistes accepter de l’argent ou cadeaux de leurs sources. En RDC, ça s’appelle « coupage ». C’est l’une des causes de la misère éternelle des chevaliers de plume. Voici comment en finir.

Par Gaïus Kowene

La presse couvrant l'investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo

La presse couvrant l’investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo (Crédit photo: Gaius Kowene)

En RDC (et un peu partout en Afrique aussi), il est courant de voir des journalistes travailler en clics. Quand je parle des clics je fais allusions aux groupuscules des amis.

C’est comme ça qu’ils s’invitent aussi à couvrir des événements et manifestations.

Le calcul est donc simple : vous ne faites pas partie de mon clic, je ne vous invite pas ! (parce que j’ai des amis influents au pouvoir ou dans le comité organisateur).

Ces clics sont souvent formés sur la base des intérêts. Qui dit intérêts voit aussi l’argent !

Eh oui ! Le coupage ! Cet argent appelé « transport, crédit téléphonique, dernier mot ou communiqué final » que ces journalistes exigent de leurs sources pour diffuser une information.

Des blogueurs comme Feza Umande en ont parlé sur leurs blogs. D’ailleurs, le Documentaire Kinshasa FM en parle aussi.

Et nous qui refusons de la prendre somme vu comme des traîtres. Voilà pourquoi c’est très difficile de se faire inviter à couvrir une manifestation (surtout officielle) par les adeptes de cette pratique, souvent proche des organisateurs.

Certains vont même jusqu’à nier leurs confrères, disant qu’ils ne sont pas journalistes pour prendre le montant qui leur revenait !

Ah, chers amis ! Comment voulez-vous qu’on vous respecte dans des conditions pareilles ?

Quand on devient un « journaliste domestique », c’est normal que même vos maisons de presse ne pensent jamais à votre salaire !

Non pas qu’ils manquent l’argent, mais parce qu’ils savent que vous allez en gagner « suffisamment » sur terrain !

Et alors ? Faut-il encore condamner l’Etat Congolais qui donne des autorisations de fonctionnement à des personnes qui n’ont qu’un émetteur et rien de plus ?

Faut-il condamner ces propriétaires des radios et télévisions qui ont déjà effacé dans leur dictionnaire le mot « salaire » ?

Je ne cesserais de le répéter: c’est de leur faute que beaucoup des journalistes ne sont pas payés correctement !

A mon humble avis, parce que ça ne m’engage que moi, chassez le coupage et il ira loin de vous !

Qu’est-ce que j’attends par la ?

Vous êtes devant un problème. Au lieu d’affronter le problème, vous décidez de vous accommoder. Et finalement ? Vous vivotez à votre manière, mais, le problème ne disparait pas non plus !

Ici, je veux demander à tous les journalistes Congolais d’arrêter de se plaindre sur leurs conditions de travail !

Le principe est simple : Ne demandez pas le salaire à une personne qui ne vous a pas embauché ! A l’occurrence votre source d’information !

Exigez un salaire plutôt à votre maison de presse! Et si elle n’a pas de moyen, vous ne pouvez pas faire un miracle!

Expliquez clairement à votre boss que les conditions de travail ne sont pas réunies et démissionnez !

Mais, attention, restez toujours respectueux ! Apres tout, c’est votre boss ! Evitez aussi d’aller raconter des problèmes internes ou des commérages sur la maison !

« Tu nous demande de démissionner, mais comment nos enfants vont vivre ? » me diront certains.

C’est bien d’y penser, mais, c’est beaucoup mieux de voir loin !

Si vous maitrisez votre travail, vous pouvez travailler en indépendant et gagner votre vie honnêtement.

Vous garderez le respect que les gens ont pour vous et prouverez qu’être journaliste Congolais n’est pas forcément synonyme d’être mendiant.

Mais, tant que vous continuerez à chercher à vous accommoder au problème en acceptant le coupage, vous continuerez à pérenniser cette image du journaliste misérable et encourager les responsables des médias à ne jamais penser au salaire.

Autre chose : ce problème de coupage est aussi un problème de morale. J’ai vu des journalistes bien payés (par rapport aux autres) mais, qui se battaient aussi pour avoir le 5 $ de leur source ! Quelle honte!!!

Donc, ici, les responsables des médias devraient être strictes avec leurs journalistes : quiconque prend le coupage perd son boulot !

Hahhahahaha !!! Cette menace n’a de sens que si ce boulot lui permet de vivre. C’est-à-dire avant de menacer, pensez à leur remettre dans leur droit! Pour être direct: Payez leur salaire!

Et si vous n’en avez pas les moyens, fermez tout simplement votre maison de presse. Investissez votre argent ailleurs !

Il y a tellement des domaines d’interventions qui rapporteront beaucoup plus d’argent sans autant d’embrouille. Après tout, tout le monde n’est pas obligé d’être journaliste ou responsable d’un média pour vivre, hein!

Chassez le coupage et il fuira loin de vous !

 

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La République démocratique du Congo compte plus de 50 groupes armés qui se livrent à de graves violations des droits de l’homme.

Mais, attention, ces groupes armés sont aussi un moyen pour beaucoup de citoyens de survivre. Certains me diront : « Mais… garçon, tu as perdu la tête ? »

En vrai, pas du tout ! Les grandes entreprises internationales et le gouvernement confisquent tous les revenus. Le Gondwanais « lambda » n’apprend qu’à l’école que son pays est riche en sol et sous-sol ! Pour se retrouver, certains décident de rejoindre des groupes armés à caractère tribaloethnique.

Alors, je ne donne ici qu’un bref aperçu sur comment on arrive à créer un groupe armé influent.

Petite précision : Je ne suis pas membre d’un groupe armé ! Cet article vient du temps que j’ai passé à effectuer des reportages sur des groupes armés comme la rébellion Mouvement du 23 Mars (M23), l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS) et différents groupes Maï Maï dans le Grand Nord (Nord du Nord-Kivu).

Règle 1 : Apprenez votre histoire

Connaitre l’histoire de votre tribu vous permettra de la manipuler pour vos intérêts. Consultez les vieux sages et ils ne manqueront pas de trouver une mésentente avec les voisins (ce qui est normal).

Règle 2 : Victimisez-vous !

Se victimiser marche souvent ! Ça permet de montrer aux « notables » de la communauté que votre tribu est une espèce en voie d’extinction. Vous avez automatiquement leur soutien.

Se victimiser tente aussi des personnes qui ne sont pas de votre tribu de se joindre à vous pour « contre carrer un plan dévastateur des voisins. »

C’est quoi ce plan même ? Il n’existe que dans les mythes.

Règle 3 : Préparez vos futurs cadres

Si vous démarrez une rébellion, vous ne devez pas y être vu, ni de près, ni de loin !

Voilà pourquoi vous devez convaincre les notables de votre communauté et ceux de la diaspora d’octroyer des bourses d’études à l’étranger aux jeunes de votre village. Que doivent-ils étudier ? Tout ce qui a trait à la politique, à l’armée, à la balistique, l’aéronautique, la programmation informatique, etc.

Au départ, ne dites rien ! Dites tout simplement qu’ils ont mérité ! Comme ça, vous créez une dette morale en eux. Ils n’hésiteront pas à utiliser ces connaissances pour « sauver » la tribu qui a fait d’eux ce qu’ils sont.

Veillez à rester dans l’ombre. Mettez ces jeunes à l’avant-plan.

Règle 4 : Excellez en évangélisation

Cette viellie technique utilisée par des Européens en Afrique marche encore aujourd’hui. Devenez un grand révérend pasteur. Les Africains croient beaucoup en « Dieu ». Il suffit de trouver quelques versets dans la Bible ou le Coran pour le convaincre. Après tout, il a appris depuis sa naissance à ne pas blaguer avec « Dieu ».

Formez aussi des « enfants » spirituels. Même Nicholas Machiavel l’a dit : la religion permet de gagner gratuitement un certain pouvoir, une certaine autorité, une bonne crédibilité.

Quand vous êtes évangéliste, même de grands décideurs du pays ou du monde n’hésiteront pas à  vous recevoir facilement.

Du coup, vous gagnez en contacts et relations !

Règle 5 : Prenez le contrôle de l’économie de votre région

Soit vous contrôlez des carrières de minerais ou vous influencez les grands commerçants de la région. Ce n’est pas impossible même si vous ne venez de nulle part.

S’ils reconnaissent en vous une bibliothèque de l’histoire, donc un sage (voir règle 1) et/ou un guide spirituel (règle 4), ils feront sûrement tout ce que vous leur direz !

Il suffit de se trouver un argument, convaincant ou pas, montrez-leur que votre tribu est en danger. Comme leurs intérêts en dépendent, ils vous rejoindront !

Et quand vous avez l’économie, la politique ne peut que venir vers vous.

RDC: « Désarmez-vous, même si on ne fera rien! »

 

Cette annonce du commandant en chef de la force de la Mission Onusienne en RDC, MONUSCO, a fait la une de la presse tant nationale qu’internationale. Pour la population, la diffusion de ce communiqué à la Radio est perçue comme signe précurseur des interventions offensives de la Brigade d’Intervention de l’ONU. Mais, en sera-t-il vraiment ainsi ?

Tout d’abord, il faut bien relire le contenu dudit communiqué : rien n’indique qu’après l’ultimatum la Brigade d’intervention attaquera les groupes armés actifs dans la région. Ce qui changera, c’est tout simplement la façon de considérer les porteurs d’armes dans cette zone. Ils seront maintenant considérés comme un danger pour la population civile. Et avant l’ultimatum ? N’étaient-ils pas un danger ?

On pourrait facilement en déduire un mea culpa de la MONUSCO. Peut être, une façon de reconnaitre l’erreur d’avoir été gentil avec les porteurs d’armes dans cette zone depuis tout ce temps ! Selon la MONUSCO, quelques personnes civiles et membres des groupes armés ont commencé à obtempérer. Malheureusement, jusqu’au moment de la publication de cet article, aucune statistique (même approximative) n’est disponible.

Un habitant de Goma s’interroge sur la cible prioritaire de cette Brigade: « Je croyais que cette fameuse Brigade est venu combattre des groupes armés. Mais là, j’ai l’impression qu’il commence à s’occuper plutôt des petits voleurs des quartiers de Goma. »

Ce communiqué annonce aussi la création d’une « Zone de sécurité » dans la région de Goma et Sake. Pourquoi ce choix ? La MONUSCO répond : « Parce qu’il y a plus d’un million des civils dans ces zones sous menaces d’attaques des groupes armés. Parmi ces personnes figurent aussi des déplacés de guerre dans différents camps et sites spontanés.»

Voila ce qui énerve un journaliste venu du territoire de Rutshuru, zone sous contrôle de la rébellion du M23. « Voulez-vous nous faire croire que la population de cette zone est beaucoup plus en danger que celle vivant dans des zones sous occupations rebelles ? Se questionne-t-il. Parce que chez moi a Rutshuru, la MONUSCO ne fait que le monitoring des exactions contre les civiles sans aucune action concrète pour les empêcher. » Ce journaliste dit ne plus savoir comment calmer les jeunes de ce territoire, dépassée par ce  « laxisme » perpétuel de la MONUSCO.

A sa question, la réponse de la MONUSCO était simple : « N’est-ce pas qu’en cas d’attaque la population vient se réfugier dans nos bases ? Donc, elle nous fait confiance ! » Mais, le journaliste international Jean Dumont Michel fait un constat : cette zone ne couvre que l’espace déjà conquit par les Forces Armées de la RDC, FARDC, et n’atteint même pas la ligne de front.

 

C’est ici que la MONUSCO donne des précisions qui ne figurent pas dans son communiqué sur l’ultimatum. Elle renseigne que cette opération n’est pas offensive, mais juste dissuasive. « L’objectif est de créer une base arrière sécurisée pour permettre aux FARDC de lancer sans crainte ses attaques contre les groupes armés dont le M23. »

Cet éclaircissement arrive quand l’ultimatum avait déjà créé des gesticulations au sein de certains groupes armés. Pour le M23, par exemple, la frayeur  s’est fait sentir même chez ses parrains Rwandais et Ougandais. Témoins ces Tweets d’Olivier Nduhungirehe, représentant permanent du Rwanda a l’ONU.

 

Dépassé les 48 heures (qui expirent Jeudi premier Octobre 2013 à 14h GMT), la Monusco ne croisera pas les bras. Felix Prosper Bass, porte-parole militaire de la MONUSCO renseigne que des bouclages et fouilles pourront être organisées pour traquer tous les récalcitrants. Toute fois, pas d’opération offensive pour l’instant.

Les groupes armés peuvent donc prendre leur temps pour se réorganiser et se ravitailler en vue de faire face aux attaques prochaines de la Brigade d’intervention de l’ONU.

Par Gaïus Kowene

Brigade d’intervention : les humanitaires sont prêt!

Imane Cherif, chargée de l’information publique au Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires humanitaires, OCHA, au Nord Kivu, RD Congo

Imane Cherif, chargée de l’information publique au Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires humanitaires, OCHA, au Nord Kivu, RD Congo

Dans un futur proche, la Brigade d’intervention des Nations unies  amorcera ses opérations offensives contre les groupes armés dans l’Est de la RD Congo.

Ces affrontements pourraient avoir des conséquences humanitaires énormes. Les humanitaires œuvrant dans la région se disent prêt à intervenir.

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#Goma: des explosifs tombés en pleine ville

La guerre aux environs de la guerre a des répercutions sur la ville, répercutions qui accentuent la psychose de la population.

Trajectoire de l'explosif tombe au quartier Mabanga Nord, dans la ville de Goma (credit photo: Gaius Kowene)

Trajectoire de l’explosif tombe au quartier Mabanga Nord, dans la ville de Goma (Credit photo: Gaius Kowene)

Le soir de ce lundi 22 Juillet 2013, 3 bombes sont tombées dans la ville de Goma, dans l’Est de la RDC. Deux au quartier Mabanga et une autre au quartier Majengo.

Bien qu’aucune perte humaine, ni de dégât matériel considérable n’ai été enregistré, la population se dit trop inquiète.

Ecouter et télécharger les témoignages de la population et la traduction en Français.

Quelques minutes après, le Major Yoga Moise, commandant de la PNC dans la ville de Goma est descendu sur les lieux avec son équipe pour constater les faits. C’est après qu’un lieutenant des FARDC a pris l’un des roquettes multiples de type russe et l’a jeté dans une toilette a proximité.

Ecouter et télécharger l’interview du Commandant de la police en ville de Goma.

Des agents de UNMag sont arrivés sur place et ont fixé un périmètre de sécurité pour éloigner la population du danger.

Vu a vol d'oiseau de la Maison touchee par l'explosif dans la ville de Goma

Vu a vol d’oiseau de la Maison touchee par l’explosif dans la ville de Goma

Selon un officier des FARDC ayant étudié la balistique, ces bombes Canon 106-107 millimètres pèsent 35 kilogrammes et peuvent causer des dégâts énormes en cas de mauvaise manipulation en pleine ville.

Le commandant de la Police ville de Goma a appelé la population a la prudence et surtout au calme et assure que tout est sous contrôle des services de déminages de UNMAG.

Quant au lieutenant des FARDC qui l’a jeté dans les toilettes, des mesures disciplinaires sévères devront être prises dans les jours avenir par sa hiérarchie.

PS: Selon les dernières informations en notre possession, le service de déminage des Nations Unies UNMAG a réussit le même lundi soir à récupérer l’explosif jeté dans les toilettes. Il n’y a donc plus aucun danger pour la population.

Par Gaius Kowene

RDC: si Goma panique, qui profite?

La presse couvrant l'investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo

La presse couvrant l’investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo (Credit photo: Gaius Kowene)

« Vous devez immédiatement rentrer chez vous à la maison et rester prudent. La situation n’est pas bonne dans la ville. »

« Nous pouvons entendre des détonations. Il y a la guerre ici ! »

Ce sont la quelques une des phrases que vous pouvez entendre dans la ville de Goma, dans l’Est de la RD Congo. Elles se transmettent rapidement de bouche à oreille, via messageries sms et surtout sur les réseaux sociaux. Qui est a l’origine de cette psychose ? Avec quel intérêt ? Comment éviter de se faire manipuler pour des intérêts égoïstes ?

Depuis plus d’une décennie la province du Nord Kivu est en guerre. Des affrontements opposent différents groupes armés nationaux et étrangers.

Mais cette guerre n’est pas que militaire. Elle est médiatique et surtout psychologique. Des groupes armés en profitent pour dominer le mental des habitants et les faire oublier de résister.

Comment crée-t-on cette panique ?

Ces groupes armés utilisent plusieurs méthodes pour atteindre cet objectif. Je ne vais en citer que trois (3).

La première, celle qui réussit souvent est d’alerter les medias les plus suivis de Goma. Leur sympathisants envoient des messages aux medias et se disent prêt a témoigner de la situation qui prévaut dans leur région. Mais, en réalité, ils ventent ces groupes armés, donnent aux gens l’idée qu’ils sont  hyper forts, lourdement armés, bref, invincible !

Malheureusement, il y a de ces journalistes qui se précipitent pour diffuser des scoops, sans prendre le temps de traiter comme il se doit l’information. C’est un témoignage de la base, oui, mais qui est derrière ? Avec quel intérêt ? En journalisme, aucune information ne doit être prise pour argent comptant ! Même si elle vient des « bouches autorisés ». Quand le journaliste ne fait plus son travail de traitement sérieux de l’information, les belligérants savent le manipuler pour qu’il leur serve de haut parleur. Ainsi, il les aide (consciemment ou pas) à atteindre leur objectif : Dominer d’abord l’esprit des habitants et leur corps ne fera que se soumettre.

La deuxième méthode utilisée pour créer cette psychose, c’est de se fabriquer des mythes et les diffuser par la voie des réseaux sociaux et le bouche à oreille. Tel officier à échapper a une tentative d’assassinat, Tel General est mortellement blessé (après on le voit en bonne santé), Tel groupe projette d’attaquer tel jour, autant des membres de telle milice se sont déjà infiltrés a un tel endroit, etc…

Parfois c’est vrai. Mais, souvent c’est une façon de créer le débat en ayant déjà corrompu la façon de raisonner de la population. Du coup, elle panique et donc, se prépare à se soumettre à une nouvelle « autorité ».

La troisième méthode est de créer une incompréhension qu’on fera semblant de maitriser après. Cette technique marche toujours. Les journalistes qui font du News y sursautent : appels téléphonique, déplacements pour interview, etc….

Pendant ce temps, la population croit qu’il y a une Vrai incompréhension vu qu’il y a mort d’hommes. Oui, il y a mort d’hommes ; mais lesquels ? Des gens dont on a plus besoin, des gens d’une ethnie dont on veut se débarrasser, des gens « inutile » pour eux. Qu’ils meurent ou pas, ca n’affectera en rien le groupe armé. Au contraire, ca déplace des populations, ce qui oblige les humanitaires a intervenir et donc, a parler du groupe Rebel aux plus hauts niveaux.

Des mains noires bien connus sont derrière cette psychose qui règne dans la ville de Goma. Ils le font pour leur intérêt bien connu.

Se permettre d’amplifier cette panique, c’est accepter de servir d’idiot utile a ces personnes bien connus.

Par Gaïus Kowene

RDC – Culture: Le meilleur du #SKIFF2013 à Goma

Le groupe de danse Arsenic Dance Crew sur scène au #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Le groupe de danse Arsenic Dance Crew sur scène au #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Du 05 au 14 Juillet 2013, le centre Yole!Africa a organisé  à Goma la 8eme édition du Salaam Kivu International Film Festival, SKIFF, sous le thème Uhaki – Justice. Des ateliers de formation aux projections quotidiennes des films, en passant par la compétition de danse, toutes les activités de ce festival rassemblaient du monde. (Programme officiel)

 

Regarder une video qui parle du SKIFF

 

Une diversité des  invités spéciaux

Présentation des invités spéciaux pendant la soirée d'ouverture du #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Présentation des invités spéciaux pendant la soirée d’ouverture du #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Ce festival a reçu des nombreux invités spéciaux venu des différents pays. Nous citons par exemple le Cinéaste Canadien Matthieu Roy dont le film Surviving Progress était en vedette dans la soirée d’ouverture, La journaliste Canadienne Fawzia Fall qui a animé des ateliers de radio journalisme, le Français Alain Canonne qui y a accompagné le rappeur Congolais Lyke Mike, l’activiste Kenyan Ndungi Githuku qui a présenté des films Kenya et a eu un concert avec live avec le Rwando-Jamaicain Natty Dread, le chorégraphe Ougandais Rogers Massaba qui a formé les jeunes en danse, etc… Difficile de finir la liste sans parler de l’artiste comédien Congolais Mira Mikanza dit Koko Swing qui a plusieurs fois égayé le public. Les cinéastes Américains Lynn True et Nelson Walker, organisateurs du festival Congo in Harlem, ont formé en film documentaire.

Des rencontres enrichissants

Des participants à la rencontre Approche de l'autre pendant le #SKIFF2013 (Crédit Photo: Ndungi Githuku)

Des participants à la rencontre Approche de l’autre pendant le #SKIFF2013 (Crédit Photo: Ndungi Githuku)

Des rencontres d’échanges étaient aussi de la partie. C’est le cas de « L’approche de l’autre » qui s’est focalisée sur la question de savoir si la justice était liée à la paix dans le contexte de la RDC. Des membres des différentes organisations de la société civile ont participe a ces échanges répondant par l’affirmative a la question. Pourquoi ?

L’impunité ne se fait plus chercher en RDC. « Il ne suffit pas de condamner l’actuelle impunité en RDC en oubliant d’où elle est venu », fait remarquer Petna Ndaliko, fondateur du centre Yolé!Africa et directeur artistique du festival. Fidel Bafilemba, activiste et chercheur chez Enough project explicite cette remarque. « Le roi barbu Belge Léopold 2 a coupé les mains des Congolais et les a massacré, explique-il. Mais, il est resté impuni. L’Union Européenne l’a plutôt récompensée en installant son siège à Bruxelles. » Parmi les participants, on note la présence de l’abbé Roger Mpongo venu de Bukavu, en province du Sud Kivu.

Une autre rencontre du genre, le « Nyavu congress ». Ce réseau d’artistes et activistes de la région des grands lacs a été l’occasion de passer en revu les activités des initiatives membres dont Amka Afrika.

Des films captivants

Pendant la soirée Kenyane, 2 des 3 films projettes ont captive le public. Il s’agit de Nairobi Half life de Tosh Githonga et de « In search of my father » de Ndungi Githuku. Le premier film décrit l’histoire d’un jeune villageois qui rêvait de devenir acteur et atteindra ce rêve malgré les difficultés impossibles. Le deuxième accompagne Marie, la fille de J.M Kariuki, qui va rencontrer des personnes qui connaissait son père avant qu’il ne soit assassiné par le pouvoir de Moi Kibaki.

Pochette du film Mabele na biso lancé officiellement le Mercredi 10 Juillet 2013 pendant le SKIFF (Crédit photo: Gaïus Kowene)

Pochette du film Mabele na biso lancé officiellement le Mercredi 10 Juillet 2013 pendant le SKIFF (Crédit photo: Gaïus Kowene)

Le moment spécial de ce festival, le lancement officiel du documentaire Mabele na biso (Ndlr : Notre terre) de Petna Ndaliko. Ce film parle d’une radio financée par les cotisations de la population locale, pour donner matière à réflexion sur la notion de l’indépendance sans mentionner le colonisateur. S’en est suivi un débat houleux sur l’aide humanitaire et son impact en RDC. Les participants ont décrié le caractère perpétuel de l’assistance humanitaire qu’ils ont qualifiée d’un business lié à celui de la guerre.  « Nous ne sommes pas la pour résoudre les problèmes de ce pays, riposte Caroline Peguet, humanitaire paneliste au débat. Notre travail se limite à soulager les souffrances humaines et à répondre aux urgences en cas de guerre ou de catastrophe naturelle. »

Le local devient l’international

La soirée Congo film Focus a mis à l’honneur 6 films de la ville de Goma. Rich boys, l’exemple de Moimi Wezam sensibilise sur la considération des personnes handicapés, Ca m’apprendra de Franc Escargot met en garde les parents qui portent plainte précipitamment contre les amants de leurs filles sur base des imaginations. Les internautes d’Abdoul Bahizi expose la problématique d’accès à l’internet dans la ville de Goma pendant que Scenario de Muhindo Abraham montre le passage du rêve à la réalité. Le film Plus jamais de Richard Thumito sensibilise les maries a la fidélité conjugale et Sara de TD Jack peint le portrait d’une fille débrouilleuse aux ambitions gigantesques.

A la fin de la compétition de danse, les 3 meilleurs groupes de danse de l’année sont : Rihna Crew, Magic Dance et Street Dancers.

La cérémonie de clôture se tient ce Dimanche 14 Juillet 2013 au centre Yole!Africa. Des jeunes musiciens talent de la Jam session monteront sur scène suivi de Mira Mikanza pour sa comédie. Ensuite, les formateurs et étudiants feront une restitution de ce qu’ils ont fait pendant les 10 jours de festival.

Par Gaïus Kowene

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Le rond point Signers à Goma, dans l'Est de la RD Congo

Le rond point Signers à Goma, dans l’Est de la RD Congo

Goma est une ville touristique situé entre le lac Kivu et le volcan Nyiragongo, dans l’Est de la RD Congo. Elle est à la frontière avec la ville Rwandaise de Gisenyi. Cette ville a été d’une importance particulière pour les différentes grandes rebellions de la région (AFDL, RCD, CNDP et M23). Mais, comment est-elle devenue une si grande agglomération ?

Le journaliste Congolais Cyprien Miburo Bara (+ de 26 ans d’expérience) a travaillé sur la monographie de cette ville. Il nous l’explique dans ce billet.

Tout commence en 1886, quand l’explorateur Götzen suivait les traces d’un missionnaire en provenance de la cote orientale l’Afrique. Pendant qu’il se rendait au Rwanda, il découvre un petit village des pécheurs appelé Ngoma (ce qui traduit signifie Tam Tam). Accompagné des indigènes par des pirogues, il découvre les iles d’Idjwi (dans le lac Kivu) et après, ce qu’est aujourd’hui la ville de Bukavu.

En ce moment, Ngoma devint un poste Belge en face de celui de Rubavu (au Rwanda) habité par les Allemands.

Au début, la cohabitation entre ces deux postes n’était pas facile. A un certain moment, les chefs coutumiers du Rwanda, en complicité avec les Allemands attaquent les Belges de Goma. Ces derniers se refugient à Bukavu et laissent les envahisseurs occuper la ville. Après des négociations, les Allemands replient vers le Rwanda et les Belges reprennent leur position initiale comme poste colonial.

L’afflux des colonisateurs dans ce village joue un rôle important dans son évolution pour devenir une grande agglomération. Les colonisateurs venaient d’installer le chef lieu du district Belge à Rutshuru ou vivait l’administrateur colonial. Le chef lieu passera de Rutshuru à Goma, pour se retrouver à Bukavu (au Sud Kivu) en 1954.

En ce moment, Goma reste un poste de transaction lacustre avec Bukavu qui était une ville minière. Plus tard, Rutshuru, Masisi, Kalehe, Gisenyi, etc. déverseront leurs populations dans Goma, à la rechercher de l’emploi au près des colonisateurs. C’est en cette période que vu le jour le quartier Birere (un bidonville de Goma) autour des entrepôts, bureaux et habitations des colons. Le nom Birere (littéralement feuille de Bananes) vient du fait qu’à l’époque, les gens y construisaient en feuilles des bananes.

Grace au fond indigène, les belges créeront un camp pour les travailleurs et y construiront des Maisons. En 1954, les Belges ont construit la route Goma – Sake (environ 30 km de Goma) pour faciliter le trafic routier. Certaines maisons construites à cette époque sont encore visibles aujourd’hui. Notamment à Byahi (vers l’aéroport de Goma), dans les quartiers Virunga, Offices, etc.

Depuis, l’explosion démographique a et le bon climat des affaires (au niveau locale, bien sur) a fait de Goma une grande ville touristique. Proche du volcan Nyiragongo et du Parc National des Virunga, cette ville abrite aujourd’hui  plus de 2 860,6 habitants (source : Monographie de la province du Nord Kivu par le ministère Congolais du plan en 200)

RDC : Nouveau test d’indépendance de la justice

La police Nationale Congolaise entrain de vouloir disperser une des manifestations du mouvement Lucha à Goma, RD Congo

La police Nationale Congolaise entrain de vouloir disperser une des manifestations du mouvement Lucha à Goma, RD Congo

Des jeunes manifestants Congolais du mouvement Lutte pour le changement, LUCHA, ont déposé ce 27 Février une plainte contre un officier de police.

Dans une lettre adressée au Procureur Général près la cours d’appel du Nord Kivu, l’avocat de ce mouvement demande des poursuites judiciaires et sanctions exemplaires en l’encontre du Major Mulamba, commandant du Groupe Mobile d’Intervention à Goma. Ils l’accusent d’avoir copieusement battu une vingtaine des jeunes, membre de la LUCHA, pendant un sit-in la nuit du 21 Février 2013, aux bureaux de l’assemblée provinciale. Cette même nuit, il a extorqué avec ses hommes des téléphones portables, un appareil photo, des bâches et d’autres effets nécessaires pour leur sit-in. Tout ceci a été emporté dans le véhicule de la police.

Ces jeunes pensent avoir raison de réclamer ce droit comme leur manifestation n’était pas illégale. « Nous n’avions barré ni la route, ni les portes du bureau de l’assemblée provinciale, se justifie l’un d’eux. Nous avions informés les autorités comme prévue par la constitution. »

La justice Congolaise est de nouveau devant test de son degré d’indépendance et son niveau de démocratie. Il arrive des fois que les trafics de l’influence classent sans suite des dossiers pareils ou mènent à des sentences qui ne s’exécuteront jamais.

C’est une occasion de reconstruire (ou pas) la confiance des Congolais en leur justice. L’avenir nous en dira plus.

Par Gaïus Koowene

Revendications des jeunes manifestants Congolais

Message posté en Janvier 2013 par le mouvement LUCHA pour eveiller la conscience des Gomatraciens à agir contre le "Mensonge" des politiques

Message posté en Janvier 2013 par le mouvement LUCHA pour eveiller la conscience des Gomatraciens à agir contre le « Mensonge » des politiques

Des jeunes regroupés au sein du mouvement Lutte pour le Changement, LUCHA ont organisé un sit-in devant les bureaux de l’assemblée provinciale du Nord Kivu. Hier nuit, la police en patrouille y est passée. Elle a vandalisé ces jeunes non violents et les a dépouille de leurs téléphones portables, appareils photos, cameras, etc… Mais que réclamaient ces jeunes? Voici un document qui montre leurs revendications.

Résumé

Nous, jeunesse de la ville de Goma, membres de différentes organisations et structures des jeunes, à travers notre mouvement dénommé Lutte pour le Changement (LUCHA), débutons ce jour un sit-in au siège de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu, jour et nuit, pour une période indéterminée, jusqu’à obtenir de nos élus qu’ils accomplissent leurs attributions et mettent en œuvre toutes leurs prérogatives constitutionnelles et légales pour :

  1. 1.      Que les travaux d’asphaltage des principaux axes routiers de Goma (10,5 km), qui durent depuis deux ans et causent au million de Gomatraciens des peines inouïes, soient achevés au plus tard le 15 mars prochain ;
  2. 2.      Que la question de la carence d’eau potable dans nos quartiers trouve une solution définitive au cours de leur prochaine session ordinaire.

Sans quoi la population de Goma tout entière, que nous appelons à nous rejoindre dans ce mouvement, va conclure à leur défaillance et leur inutilité et exiger purement et simplement leur démission.

Nous demandons aux députés nationaux et provinciaux du Nord-Kivu, en particulier ceux élus dans la circonscription de la ville de Goma, de soutenir publiquement notre action. Nous les jugerons à leurs actes.

  1. I.                    La situation et ses conséquences

La ville de Goma, jadis auréolée du noble surnom de « capitale touristique de la RDC », est devenue depuis quelques années méconnaissable et invivable, à cause de l’état de ses routes et du manque criant d’eau potable, entre autres choses.

Les travaux de rénovation de la voirie urbaine de Goma ont débuté en février 2011, et la première phase portant sur 10,5 kilomètres de route, et exécutés par l’entreprise TRAMINCO devaient se terminer le 26 février 2012. Mais jusqu’à ce jour, seulement quelque 2 kilomètres faits à la hâte durant la période électorale (octobre 2011) sont asphaltés.

Depuis la conception du projet de réfection de la voirie urbaine jusqu’à ce jour, tout se passe dans l’opacité totale. En particulier, les citoyens ne savent ni le montant total prévu, ni le montant décaissé jusqu’ici pour l’exécution de ces travaux, ni la procédure qui a été suivie pour l’attribution du marché à la TRAMINCO, … Ce qui contrevient aux exigences de transparence et de bonne gouvernance dans un Etat démocratique.

Quant à l’eau potable, alors que Goma est une ville lacustre, seulement 20 à 30 pourcent de la population ont accès à l’eau potable, et encore de façon intermittente. Après avoir inhalé et s’être imbibé de poussière ou de boue, la majorité du million de Gomatraciens ne peuvent même pas entretenir correctement leur corps et leurs vêtements. Les maladies dites des « mains sales » se sont sensiblement développées et continuent d’emporter des vies humaines, surtout des femmes et des enfants (exemple, le choléra a déjà tué plusieurs personnes dans le camp Katindo).

La route de l’aéroport, l’avenue du commerce et l’avenue dite « route de Sake », qu’on avait dépouillée, il y a deux ans, de l’ancien modique bitume en un rien de temps, sont devenus des champs de poussière, de trous béants et de boue, alors que ces tronçons constituent les axes principaux de notre ville. Depuis deux ans donc, nous endurons une situation intenable, aux conséquences sanitaires, économiques et sécuritaires incalculables :

–          Développement de maladies dues à la poussière volcanique inhalée depuis tant de temps ainsi qu’aux secousses causées par les trous, en particulier pour les personnes qui sont sur la route toute la journée (motards, taximen, commerçants). Des pathologies comme la pneumoconiose, les hémorroïdes, le choléra et l’asthme se sont considérablement développées, ainsi que des cas d’avortements précoces des femmes. Des spécialistes prédisent même des conséquences plus graves à l’avenir, notamment des cancers suite à la poussière volcanique.

–          La contamination des aliments vendus à découvert le long des routes. Or, à cause de la pauvreté, la population n’a d’autre choix que de continuer à les consommer ;

–          La détérioration des articles divers vendus dans les boutiques et magasins le long des routes principales, ainsi que la détérioration anormalement rapide des véhicules et autres engins de locomotion de la population ;

–          La multiplication des accidents de circulation, causant morts et blessés, que l’Etat ne peut même pas prendre en charge ;

–          Le gaspillage des moyens de l’Etat, fruits de nos efforts, pour faire deux ou plusieurs fois le même travail (pose de bordures, de gravier, …) ou arroser les routes (le peu de fois qu’on l’a fait) ;

–          Etc.

 

  1. II.                  Attitude des autorités et responsabilités

Les institutions provinciales actuelles (assemblée provinciale et gouvernement provincial) ont été mises en place il y a de cela sept ans. Elles sont les premières institutions mises en place démocratiquement, et à ce titre le peuple que nous sommes en attendait beaucoup. Mais pendant longtemps, alors que la population faisait des réclamations, les autorités provinciales et centrales se sont rejeté la responsabilité.

Or, au regard de la constitution de la République (notamment l’article 204, literas 11, 24 et 26) et des lois sur la décentralisation et la libre administration des provinces, les questions de voirie urbaine et de production et distribution d’eau potable sont de la compétence exclusive de la province.

La même constitution fixe les attributions et les pouvoirs de l’assemblée provinciale. Entre autres choses, elle guide et contrôle l’action de l’exécutif provincial. Les députés sont les porte-parole de la population. Pourtant, face à ces problèmes, nos députés n’ont encore rien dit, rien fait, ou presque. Le 6 novembre 2012, nous avons adressé aux députés provinciaux du Nord-Kivu une lettre ouverte, dans laquelle nous attirions déjà leur attention sur le problème de la voirie urbaine de Goma, et requérions leur intervention. Aucune suite jusqu’à ce jour. Nous voulons leur accorder pour la dernière fois le bénéficie du doute et croire qu’ils ne sont pas insensibles à notre situation, et qu’ils n’ont pas encore renoncé à leurs attributions, ni hypothéqué leurs prérogatives.

  1. III.                Exigences

Nous sommes à bout de patience, cette situation ne peut plus durer. Et nos premiers interlocuteurs ; ceux à qui le nous avons délégué notre pouvoir, et qui sont constitutionnellement et légalement les seuls habilités à intervenir efficacement, ce sont nos députés provinciaux. Ce sont eux qui ont élu le gouverneur et le vice-gouverneur et investi le gouvernement provincial. C’est eux qui sont censés les contrôler et les sanctionner en cas de besoin.

C’est pourquoi nous exigeons de l’assemblée provinciale ce qui suit :

  1. 1.       En ce qui concerne les routes :
  2. a.       Qu’en attendant le début de la session ordinaire, le 15 mars prochain, le Bureau de l’assemblée provinciale puisse se réunir en urgence et prendre des mesures concrètes pour obtenir des organes concernés que les travaux de réfection des principaux axes routiers de la ville entamés en 2011 soient asphaltés (et bien asphaltés) au plus tard le 15 mars 2013 (axe Rond-point Signers – Terminus Katindo, axe Rond-point Signers – Rond-point Rutshuru et axe Rond-point Rutshuru – Aéroport de Goma). Au besoin, qu’une session extraordinaire soit convoquée à cet effet.

Dans le cas contraire, nous tiendrons pour complices de notre malheur chacun des députés provinciaux, et exigerons leur démission pure et simple.

  1. b.      Qu’une commission d’enquête parlementaire soit immédiatement constituée, conformément aux dispositions des articles 175 à 185 du règlement d’ordre intérieur de l’assemblée provinciale, en vue de clarifier tous les dysfonctionnements observés dans la conception et l’exécution du projet de réfection de la voirie urbaine de Goma, d’établir toutes les responsabilités et de sanctionner ceux qui doivent l’être.
  2. c.       En attendant, et dans l’immédiat, que le Bureau de l’assemblée provinciale pèse de tout son poids pour que les voies de déviation actuellement utilisées soient redéfinies pour faciliter le transport, atténuer les risques d’accidents dans les quartiers et rendre raisonnable le prix du transport public. Pour cela, nous suggérons qu’une voie à sens unique soit ouvert entre le carrefour TMK et l’hôpital général pour que les véhicules qui vont de Katindo au centre-ville puissent y aller directement, et déboucher sur la route du Cercle sportif en passant par la Fondation Damien et le stade Afia. Ainsi, la route Cercle sportif-Instigo-Enaf-TMK sera réservée aux véhicules qui rentrent du centre-ville vers Katindo. Les petites routes du quartier dit TMK qui resteront utilisées pour la déviation doivent être au moins aménagées sans délai de sorte à les rendre raisonnablement praticables.

 

  1. 2.       En ce qui concerne l’eau potable :

Nous ne quitterons pas le siège du Bureau de l’assemblée provinciale tant que celui-ci ne se sera pas engagé solennellement et publiquement, à faire inscrire en ordre de priorité la question de la carence d’eau potable dans la province du Nord-Kivu, et dans la ville de Goma en particulier, sur l’agenda de la prochaine cession ordinaire. Concrètement, nous voulons voir l’eau potable couler dans nos robinets d’ici la fin du mois de mars. C’est possible. A nos députés de régler les détails avec le gouvernement qu’ils ont investi pour que ce soit fait. Sinon, encore une fois, nous les considérerons comme complices ou inaptes et exigerons leur démission.

LA LUCHA, qu’est-ce ?

LA LUCHA est un mouvement d’action citoyen, non-violent, et autonome (sans aucun parapluie politique, financier ou idéologique). Il est composé de jeunes intellectuels qui n’ont en commun que trois choses essentielles : 1) notre passion pour le Congo ; 2) notre révolte face à la situation, et 3) notre détermination à contribuer au changement des choses plutôt qu’à les subir, à nous plaindre ou encore à attendre qu’hypothétique « sauveur » pour nous délivrer.   

Nous refusons toute récupération politicienne de nos actions (nous nous assumons). Nous mettons aussi en garde toutes les autorités civiles et militaires contre toute entrave à l’exercice de notre liberté de manifester pacifiquement et à notre droit légitime d’exiger de nos élus des comptes, ainsi que contre toute velléité d’intimidation, d’arrestation ou de violence à notre encontre, pendant ou après cette manifestation. Le sit-in se fera de jour comme de nuit, à partir de ce jeudi 21 février 2013, pour une période indéterminée.

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