Nous avons marché sur Bangkok, non, plutôt Abidjan! (Partie 2)

Ce billet la suite d’un premier publié sur ce blog. Vous pouvez le lire ici.

Ville d'Abidjan bue depuis l'Université Félix Houphouet Boigny (Crédit photo: Gaius Kowene)

Ville d’Abidjan bue depuis l’Université Félix Houphouet Boigny (Crédit photo: Gaius Kowene)

Par Gaïus Kowene

Abidjan c’est Bangkok

Cette journée là, nous nous sommes pilonnés la tête avec des termes de sécurité numérique un peu complexe et des exercices qui cassent les nerfs (mais, formidables, au finish). Avec Salma, nous avions décidé de sortir, aller manger dehors, question d’aérer son cerveau et découvrir Abidjan.

Heureusement pour nous, nous avions la bonne adresse : Riviera 2. Il suffisait d’une dizaine des minutes de marche pour sortir de l’enclos de l’Université Félix Houphouet Boigny, un taxi jaune ou rouge (la différence entre les deux est que les jaunes ne quittent une commune et coûtent moins par rapport au rouge) et nous y voilà !

Sur place, l’ambiance rappelait les descriptions des villes dans des romans Africains. En faisant un tour dans le coin, nous découvrons Bangkok. Ah…. Oui, le Bangkok qui ne se trouve pas en Thaïlande. Sur quoi se sont-ils basés pour l’appeler ainsi, je ne sais pas. Coup d’œil à l’intérieur, des filles Ivoiriennes (je présume) à la peau dépigmentée et aux mèches brésiliennes y attendaient, visiblement, des potentiels clients en quête de quelques minutes de plaisir. Comme la musique était trop basse et ne nous a pas plus, nous sommes sortis pour commander notre nourriture : Aloco (frites des bananes plantains), poissons et viande de mouton appelée localement Shukuya.

« Ne mettez pas de piment dans notre nourriture » – Salama instruisait la vendeuse qui s’est empressée de répondre :

« Oui, je vais seulement mettre un peu. »

« Non ! Pas question ! N’y mets pas même ce peu là. »

La vendeuse ne comprenait pas pourquoi nous insistions sur « pas de piment. »

C’est là qu’intervient l’histoire au tout début de cette série d’articles.

Un bon Dimanche, nous sommes sortis manger à endroit appelé Maroc, à Youpougon. C’est l’un des quartiers chauds d’Abidjan. Comme nous avions déjà l’expérience du piment ivoirien, nous avions demandé que notre cuisinier n’en mette pas dans notre poulet. Il a promit de mettre « juste un peu. »

Haaaaa !!!!! Si je vous dis que c’est ce « juste un peu » la qui m’a fait couler des larmes, de la morve et m’a fait pleurer comme un idiot. Eugène et Salma qui étaient avec moi ce jour là se souviennent bien de ce qui s’était passé. Depuis, nous avions juré d’exiger une nourriture sans piment. Pas même le « juste un peu » en tout cas, plus jamais !

Voila ce qui justifie pourquoi Salma insistait chez cette vendeuse de ne pas mettre de piment, pas même un peu.

Nous irons donc patienter notre commande a l’étage pour avoir une vue sur la route principale. Nous traversons un hangar en bas ou des tables sont entassées, on dirait des abeilles dans une ruche. Et….. Comme par surprise….. un asiatique y mange la nourriture locale !

Voilà ! Il ne manquait plus que ça pour confirmer que nous sommes bel et bien à Bangkok. Et j’ai choisi ça comme thème parce que pour beaucoup, tout le monde à l’apparence asiatique est forcement « Chinois. » Selon un livre que j’ai lu récemment, certains (qui ne sont pas chinois) se sentent frustrés d’être identifié ainsi. Donc, il existe aussi des Cambodgiens, des Malaisiens, des Birmans, des Thaïlandais, etc… Tous ne sont pas chinois !!!!

Nous avons donc marché sur Bangkok à Abidjan, parce que sur la lune c’était déjà fait (pas par nous, bien sur).

La marche ne s’arrête pas ici. Je suis parti nager à la plage de Grand Bassam dont j’ai tant entendu parlé et admiré des photos des mondoblogueurs venus ici l’année précédente. L’expérience était superbe et le jus frais des coco aussi succulent. Et… en voyant des déchets à coté de la plage, j’ai eu l’idée folle de créer (a l’avenir) une entreprise qui se chargerait de récolter ces déchets pour fabriquer des objets d’art a vendre aux touristes qui viennent a la plage. Je ne suis pas sur de pouvoir le faire, mais, j’encourage quiconque connais quelqu’un qui a les moyens et le courage de s’engager !

Que des bons souvenirs d’Abidjan !!!!!

>>>>>>>>>>> (re) Lire la première partie de ce billet

Nous avons marché sur Bangkok, non, plutôt Abidjan! (Partie 1)

Dans ce billet, je retrace les moments forts de ma visite à Abidjan pendant la dernière semaine de Juillet 2015.

Par Gaïus Kowene 

Gaius Kowene à Abidjan

Gaius Kowene à Abidjan

Au départ, je croyais être le seul à m’être fait sharié par le piment Ivoirien dans cette sorte de restaurant-buvette, plein à craquer, en majorité, par des couples venus se régaler ce weekend.

« C’est comme si des larmes vont couler de mes yeux » ai-je murmuré à Eugene et Salma, assis à mes cotés.

Comme j’essuyais la morve que ce piment venait de me soutirer par la force, on était tous 3 presqu’entrain de verser des larmes. C’est là que notre sauveur est venu : une longue baguette de pain à moitié sèche. Mais, comment je suis arrivé ici ?

Tout est parti d’un voyage précédent dans la même ville où j’étais invité à couvrir le Forum de la société civile pendant les Assemblées Annuelles de la Banque Africaine de Développement, BAD en sigle. Quand je parle de couvrir ici, c’est plus dans le sens de couverture médiatique. Sauf que dans mon cas, c’était sur mon blog et mes profils sur les médias sociaux.

La veille de mon départ, mon ami et frère Cyriac Gbogou m’a amené faire un tour au village, un espace de travail collaboratif dont j’ai suivi la récolte des fonds en ligne pendant longtemps.

Je n’en ai pas l’habitude, mais, ça m’arrive parfois de jeter un coup d’œil sur l’écran d’ordinateur de quelqu’un. C’est ce qui m’a parmi de voir un appel à candidature pour une formation en sécurité numérique. Il m’a filé le lien, j’ai postulé et boom, j’étais sélectionné.

Le retour à Abidjan

Je suis donc rentré à Abidjan comme un petit « expert » (lol… je sais que je ne le suis pas) parce que je connaissais déjà le traditionnel Akwaba. Vous savez ce que ça signifie ? Non ? Alors, je vous ai eu ! Akwaba signifie bienvenu.

Première chose à faire, réactiver le contact avec mon compatriote Eugene, fondateur et gestionnaire du populaire groupe Facebook congolais Parlons-en. Eugene est le mec à contacter si tu veux comprendre certaines choses qui ne se comprennent pas. Un exemple ?

« Pourquoi ici beaucoup des garçons urinent sans se gêner comme ça sur la route ? » « Comment se fait-il que ce type n’a pas respecté les codes de la route mais il se donne le courage de nous crier dessus ? »

Bon, ne me traitez pas assez rapidement d’un Afroinsolent ou Afropessimiste (je crois que mon ami Aphtal sait ce que ça signifie).  Il y aussi beaucoup de bonnes choses que j’ai expérimenté à Abidjan. Le jus de gingembre, par exemple, le gros poisson à l’aloco (frites des bananes plantains) et tout ça.

La rencontre avec des collègues mondoblogueurs

L’une des meilleures choses que j’ai eues la chance d’avoir a Abidjan, c’est la présence de Salma, la tigresse camerounaise que j’ai rencontré pour la première fois deux ans plus tôt pendant la mondoformation à Dakar, au Sénégal. Ce qui a perfectionné la combinaison, c’est bien sur des têtes bien faites d’autres amis mondoblogueurs comme le toujours présent Moussa Bamba, l’insaisissable Kahofi Suy, et mon philosophe préféré Ladji Siratigui. Je vous épargnerais des discussions très enrichissantes que nous avions eues sur la blogosphère francophone en Afrique.

D’accord, juste un petit extrait : nous avions par exemple apprécié le fait que beaucoup de mondoblogueurs de la nouvelle génération sont assez cru quand il faut l’être (chapeau bas, les gars, même si vous me faites un peu peur) ; nous avions aussi aimé le fait que beaucoup de blogueurs commencent à prendre leurs blogs au sérieux en achetant par exemple des noms de domaine et en payant un hébergement hors le réseau Mondoblog (un signe positif d’évolution que ceux qui sont limités risquent d’interpréter comme une sorte de rébellion).

>>>>>>> La suite vous arrive bientôt!