Yobloco 2014: Pourquoi voter Tunaweza (Nous pouvons)

Logo Yobloco 2014

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Fiston Mahamba, journaliste et blogueur de la ville de Beni, dans l’Est de la RD Congo sollicite vos votes pour espérer figurer parmi les 30 premiers dans le Concours international des blogs Yobloco Award.

C’est la première fois que son blog soit sélectionné dans une compétition internationale.

Je lui ai proposé de vous donner 10 raisons pour soutenir son blog.

Allez, on compte sur vous !

1. Unique dans la région

L’agriculture est la principale activité de la région de Beni où je vis et mon blog est le seul portail citoyen en ligne qui publie des articles relatifs à cette activité dans cette partie du pays.

2. Élargissement de l’impact aux non connectés

Etant donné qu’internet n’est pas à la portée de tous, notre blog a bénéficié des émissions radiophoniques sur trois radios communautaires locales. Ceci nous permet d’approcher les agriculteurs qui, pour la plupart n’utilisent pas internet, et partager avec eux les meilleurs contenus.

3. Plus proche de la réalité des agriculteurs

Le terrain est notre laboratoire : grâce aux clubs d’écoute de ces radios communautaires avec lesquelles nous collaborons, nous recueillons à partir de la base, les problèmes d’ordre économiques, production et du marché auxquels les agriculteurs sont confrontés.

4. Le pont entre experts et paysans

Nous invitons les experts locaux et internationaux (que nous retrouvons grâce aux réseaux sociaux). Ces derniers apportent des solutions aux problèmes énumérés par les agricultures. Ces solutions constituent l’essentiel du contenu de nos émissions et parfois de nos billets.

5. L’innovation en action

Devant la faible intégration des outils des nouvelles technologies dans l’agriculture dans notre région, nous sommes en pleine expérimentation de l’utilisation du téléphone mobile dans la régulation des prix sur le marché de ravitaillements en produits vivriers.C’est un projet de l’ONG « Amis de la nature » auquel nous avons apporté notre connaissance en nouvelle technologie.

Dix agents habitants dix centres de ravitaillement ont été formés sur l’utilisation d’internet sur téléphone mobile. Ces agents se communiquent chaque semaine les prix de tous les produits affichés aux entrées principales de leurs marchés respectifs.

Cela permet un équilibre des prix et permet aux agriculteurs de vendre leurs produits à un prix presque uniforme dans tous les marchés établi de commun avec les acheteurs. Seuls les trajets sont à la base de différence de prix.

6. Partage de connaissance et projets de grande envergure

Ce blog est une sorte de centre de formation : Après avoir appris quelques notions du blogging (auto-formation, tutoriels en ligne, des plateformes comme Atelier des Médias de la RFI, Blogosphère Gomatracienne, DW-Akademie), nous nous sommes lancés dans la formation de nos paires en nouveau média.

Le blog TUNAWEZA a déjà organisé deux formations d’initiation pour blogueurs débutants en ville de Beni et projette de créer un réseau des blogueurs agricoles des Grands-Lacs, avec le soutien de l’association Reporters Solidaires de la France.

7. L’actualité de la province a sa place

Une fenêtre ouverte aux actualités de la région : TUNAWEZA c’est aussi une vitrine de l’actualité de la région du Nord-Kivu. Vue sous un œil du changement, les news sont ici traités sous forme d’articles de fond, des reportages photos, des interviews avec ceux qui font bouger cette région…

8. Une porte pour des contacts importants

Ce blog est pour moi une porte pour les opportunités et m’a ouvert au journalisme international. Des recruteurs ont toujours visité ce blog et en cas d’urgence pour un travail dans ma région, si il n’y a pas moyen d’y dépêcher un reporter, je suis contacté pour réaliser ce travail, donc c’est blog est en quelques sorte une source de revenus pour moi.

9. Outil d’activisme pour les droits humains

Des oubliés sont aujourd’hui sortis au publics : Tout ne se dit pas au micro d’une station radio dans ma région, grâce à ce blog, je développe ma casquette d’activiste pour la liberté d’expression.

Des alertes sur les menaces que subissent les confrères journalistes et défenseurs de droits humains sont publiées via nos pages Facebook, Twitter et autres pour que les organisations intervenants dans ce domaine soient mis au courant de ces violations de la liberté d’expression.

10. Mondoblog, c’est la famille

Votre voix compte : Mondoblog est une plateforme avec une grande visibilité et visant l’émergence de la blogosphère surtout dans des régions reculées comme Beni où je réside.

Ainsi la voix de chaque Mondoblogueur est un pas de mon blog vers ce prix du Yobloco Awards 2014.

Comment voter?

Allez sur la page  http://www.yobloco.info/soumission?filter=individual

1.Sélectionnez le blog TUNAWEZA sur la liste des blogs en compétition (ou sélectionnez  par classement pays, CONGO KINSHASA)  puis  un autre blog de votre choix car on ne peut voter que pour deux blogs en cochant la case « Vote » (en orange); il est impératif de sélectionner deux blogs.

2. Entrez votre adresse e-mail (dans la fenêtre pop-up qui s’affiche)

3. Cliquez sur << Vote! >>

4. Allez dans votre boîte email. Confirmez votre vote en cliquant
sur le lien de confirmation qui sera envoyé à votre adresse e-mail
juste après votre vote (cela peut parfois prendre quelques petites
minutes).
Si vous ne cliquez pas sur le lien de confirmation dans votre
mail, votre vote ne sera pas pris en compte.

Votre clic de confirmation a contribué à l’élévation de la voix pour l’émergence de l’agriculture.

Votre clic a nourri plus d’une personne qui était en train de vouloir mourir de faim.

>>>>>> A LIRE AUSSI:

– 10 conseils aux blogueurs

– Secrets des Mondoblogueurs‏

RDC: 3 clés pour combattre l’ impunité

Comment lutter efficacement contre l’impunité en RDC?

Par Gaïus Kowene

Ida Sawyer, dans le bureau de Human Rights Watch à Goma, RDC (Crédit photo: Gaius Kowene)

Ida Sawyer, dans le bureau de Human Rights Watch à Goma, RDC (Crédit photo: Gaius Kowene)

Ida Sawyer, chercheuse Senior de Human Rights Watch au Congo, parle des défis que la RDC doit relever pour lutter contre l’impunité. Il s’agit du budget insuffisant accordé à la justice, la Couverture dont bénéficient certains proches du pouvoir et l’installation des chambres mixtes spécialisées.

Ida Sawyer devant la caméra de Gaïus Kowene

Selon vous, quoi d’autre devrait être fait pour mettre fin à l’impunité en RDC?

>>>> A lire aussi:

RDC: l’armée, en toute impunité

RDC: le combat d’une Congolaise contre l’impunité

Suggestion des ONGs Congolaises sur les chambres specialisées

RDC : comment fabriquer un rebelle ?

La République démocratique du Congo compte plus de 50 groupes armés qui se livrent à de graves violations des droits de l’homme.

Mais, attention, ces groupes armés sont aussi un moyen pour beaucoup de citoyens de survivre. Certains me diront : « Mais… garçon, tu as perdu la tête ? »

En vrai, pas du tout ! Les grandes entreprises internationales et le gouvernement confisquent tous les revenus. Le Gondwanais « lambda » n’apprend qu’à l’école que son pays est riche en sol et sous-sol ! Pour se retrouver, certains décident de rejoindre des groupes armés à caractère tribaloethnique.

Alors, je ne donne ici qu’un bref aperçu sur comment on arrive à créer un groupe armé influent.

Petite précision : Je ne suis pas membre d’un groupe armé ! Cet article vient du temps que j’ai passé à effectuer des reportages sur des groupes armés comme la rébellion Mouvement du 23 Mars (M23), l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS) et différents groupes Maï Maï dans le Grand Nord (Nord du Nord-Kivu).

Règle 1 : Apprenez votre histoire

Connaitre l’histoire de votre tribu vous permettra de la manipuler pour vos intérêts. Consultez les vieux sages et ils ne manqueront pas de trouver une mésentente avec les voisins (ce qui est normal).

Règle 2 : Victimisez-vous !

Se victimiser marche souvent ! Ça permet de montrer aux « notables » de la communauté que votre tribu est une espèce en voie d’extinction. Vous avez automatiquement leur soutien.

Se victimiser tente aussi des personnes qui ne sont pas de votre tribu de se joindre à vous pour « contre carrer un plan dévastateur des voisins. »

C’est quoi ce plan même ? Il n’existe que dans les mythes.

Règle 3 : Préparez vos futurs cadres

Si vous démarrez une rébellion, vous ne devez pas y être vu, ni de près, ni de loin !

Voilà pourquoi vous devez convaincre les notables de votre communauté et ceux de la diaspora d’octroyer des bourses d’études à l’étranger aux jeunes de votre village. Que doivent-ils étudier ? Tout ce qui a trait à la politique, à l’armée, à la balistique, l’aéronautique, la programmation informatique, etc.

Au départ, ne dites rien ! Dites tout simplement qu’ils ont mérité ! Comme ça, vous créez une dette morale en eux. Ils n’hésiteront pas à utiliser ces connaissances pour « sauver » la tribu qui a fait d’eux ce qu’ils sont.

Veillez à rester dans l’ombre. Mettez ces jeunes à l’avant-plan.

Règle 4 : Excellez en évangélisation

Cette viellie technique utilisée par des Européens en Afrique marche encore aujourd’hui. Devenez un grand révérend pasteur. Les Africains croient beaucoup en « Dieu ». Il suffit de trouver quelques versets dans la Bible ou le Coran pour le convaincre. Après tout, il a appris depuis sa naissance à ne pas blaguer avec « Dieu ».

Formez aussi des « enfants » spirituels. Même Nicholas Machiavel l’a dit : la religion permet de gagner gratuitement un certain pouvoir, une certaine autorité, une bonne crédibilité.

Quand vous êtes évangéliste, même de grands décideurs du pays ou du monde n’hésiteront pas à  vous recevoir facilement.

Du coup, vous gagnez en contacts et relations !

Règle 5 : Prenez le contrôle de l’économie de votre région

Soit vous contrôlez des carrières de minerais ou vous influencez les grands commerçants de la région. Ce n’est pas impossible même si vous ne venez de nulle part.

S’ils reconnaissent en vous une bibliothèque de l’histoire, donc un sage (voir règle 1) et/ou un guide spirituel (règle 4), ils feront sûrement tout ce que vous leur direz !

Il suffit de se trouver un argument, convaincant ou pas, montrez-leur que votre tribu est en danger. Comme leurs intérêts en dépendent, ils vous rejoindront !

Et quand vous avez l’économie, la politique ne peut que venir vers vous.

RDC: la victoire militaire kidnappée!

Des politiciens congolais ont kidnappé la victoire militaire des forces armées de la RDC, FARDC sur les rebelles du M23. Ils en profitent pour leurs intérêts personnels.

Par Gaius Kowene

L'armée Congolaise célèbre sa victoire militaire sur les rebelles du M23

L’armée Congolaise célèbre sa victoire militaire sur les rebelles du M23

« Nous demandons aux populations des zones occupés de se préparer déjà à nous accueillir et hisser le drapeau du Congo. » – Colonel Olivier Hamuli, porte-parole des FARDC

« J’ai rencontré des militaires sur la route de Bunagana. Ils m’ont promis d’en finir avec la rébellion du M23. » – un habitant de Rutshuru

Quelques jours après ces messages, l’armée Congolaise appuyée par la brigade d’intervention de l’ONU chasse les rebelles du M23 de leurs derniers bastions, Chanzu et Runyoni.

 

Ce coup attire les medias qui couvrent cette guerre depuis deux décennies. A côté d’eux, des politiciens.

D’abord, les députés nationaux, « fils du terroir. » Juste après les élections législatives, ils sont partis à l’hémicycle pour y apprendre la vie de luxe : concerts musicaux, voiture qui coutent chers, grosses dépenses inutiles, etc…

Jamais ils ne sont venus consulter leurs bases avant de prendre la corruption pour voter une motion. Jamais ils ne sont venus encourager les militaires au front, ni leur apporter une assistance.

D’ailleurs, certains de ces politiciens sont derrière des groupes armés qui écument l’Est de la RDC, comme le témoigne l’un d’eux.

Maintenant que l’armée a gagné, c’est le moment pour eux de se bousculer et d’organiser des visites à la base, voler un peu du succès des FARDC.

Autre chose qui me tique, même le président Joseph Kabila tombe dans le piège.

Avant son arrivée, des ministres visitent la région, des « missions » de travail qui ont couté beaucoup des millions. Pourquoi ne pas rester dans la capitale Kinshasa et ajouter cet argent comme prime d’encouragement à ces militaires et à leurs familles ?

Vient ensuite une méga délégation du chef de l’Etat pour préparer sa visite. Que des dépenses !

Je croyais même qu’après sa visite les militaires pourront sourire. Mais, croyez-moi, ça n’a pas été le cas !

J’étais un soir à la rédaction de la radio Mutaani FM, quand un militaire vient demander qu’on parle de leurs arriérées de solde comme les festivités de fin d’année approchent !

Pourtant, ce sont ces gens qui se sont battu, essuyant des tirs des rebelles et souffrant des éclats des explosifs sur la ligne de front ! Pourquoi ceux qui étaient bonnement dans leurs bureaux climatisés se sont fait autant d’argent, mais, pas les acteurs même de cette victoire ?

Les politiciens devraient plutôt annuler ces missions et visites touristiques inutiles et donner cet argent à l’armée !

Bon, sur ce point-là, je reste quand même prudent. Il y a armée et armée. Qui sait si l’argent envoyé aux militaires est tombé en venant de Kinshasa parce que l’avion était troué ?

5 points clés du discours de Joseph Kabila au Congrès Congolais

Joseph Kabila, président de la RDC (Crédit photo: radiookapi.net)

Joseph Kabila, président de la RDC (Crédit photo: radiookapi.net)

Le président de la RDC, Joseph Kabila a répondu aux recommandations des concertations nationales dans un discours qui a duré plus d’une heure devant le congrès.

Dans la salle, on notait la présence de deux invites spéciaux : le président Denis Sasu du Congo Brazza et Nkosazana Zuma, chef de la commission de l’Union Africaine.

J’ai choisi pour vous 5 points qui donnent ce que je crois être l’essentiel de ce discours. Je les place ici dans l’ordre chronologique (pas de pertinence).

1. Lutte contre les violences sexuelles

Le président de la République démocratique du Congo a promis de s’investir personnellement dans la lutte contre les violences sexuelles et l’utilisation des enfants soldats. Il nommera ainsi très prochainement un représentant spécial pour s’assurer que les auteurs de ces crimes contre l’humanité et crime de guerre soient poursuivis.

2. Mesure de grâce et ouverture politique

Dans son discours, le président Joseph Kabila a dit avoir signé le matin même une mesure de grâce pour tous les prisonniers politiques. Son objectif: recréer un climat de confiance entre les acteurs politiques.

Ceci va de pair avec son ouverture politique qui sera concrétisée par la création d’un gouvernement d’union nationale. Des membres de l’opposition, de la majorité présidentielle et de la société civile pourront ainsi se mettre ensemble et « prendre du miel du pays ».

3. Imposer le respect du genre et de la parité

Le président de la république a proposé que pendant les élections, les parties politiques présentent une liste des candidats avec 30% des femmes. Sauf qu’être candidate n’est pas la garantie d’être élue. C’est comme ça qu’il demande d’étudier la possibilité de voir comment rendre un siège par circonscription électoral obligatoire pour une femme.

4. Pas d’affairisme ni d’enrichissement illicite

« Quand il faut servir le drapeau et les affaires, le premier finit par en partir », pense Joseph Kabila. Pour lutter contre l’affairisme des militaires ou policiers, la corruption et l’enrichissement illicite des membres du gouvernement, le président Congolais nommera prochainement un conseiller spécial pour s’en charger.

5. Décentralisation progressive

Plusieurs fois, la question de la décentralisation créé des grognes au sein des populations. Joseph Kabila a promis de procéder de façon progressive à l’autonomisation des provinces.

Il compte éradiquer les groupes armés Congolais et étrangers et aussi accorder une attention particulière aux personnes vivant avec un handicap, comme les personnes âgées.

Lire l’intégralité du discours de Joseph Kabila

 

RDC: « Désarmez-vous, même si on ne fera rien! »

 

Cette annonce du commandant en chef de la force de la Mission Onusienne en RDC, MONUSCO, a fait la une de la presse tant nationale qu’internationale. Pour la population, la diffusion de ce communiqué à la Radio est perçue comme signe précurseur des interventions offensives de la Brigade d’Intervention de l’ONU. Mais, en sera-t-il vraiment ainsi ?

Tout d’abord, il faut bien relire le contenu dudit communiqué : rien n’indique qu’après l’ultimatum la Brigade d’intervention attaquera les groupes armés actifs dans la région. Ce qui changera, c’est tout simplement la façon de considérer les porteurs d’armes dans cette zone. Ils seront maintenant considérés comme un danger pour la population civile. Et avant l’ultimatum ? N’étaient-ils pas un danger ?

On pourrait facilement en déduire un mea culpa de la MONUSCO. Peut être, une façon de reconnaitre l’erreur d’avoir été gentil avec les porteurs d’armes dans cette zone depuis tout ce temps ! Selon la MONUSCO, quelques personnes civiles et membres des groupes armés ont commencé à obtempérer. Malheureusement, jusqu’au moment de la publication de cet article, aucune statistique (même approximative) n’est disponible.

Un habitant de Goma s’interroge sur la cible prioritaire de cette Brigade: « Je croyais que cette fameuse Brigade est venu combattre des groupes armés. Mais là, j’ai l’impression qu’il commence à s’occuper plutôt des petits voleurs des quartiers de Goma. »

Ce communiqué annonce aussi la création d’une « Zone de sécurité » dans la région de Goma et Sake. Pourquoi ce choix ? La MONUSCO répond : « Parce qu’il y a plus d’un million des civils dans ces zones sous menaces d’attaques des groupes armés. Parmi ces personnes figurent aussi des déplacés de guerre dans différents camps et sites spontanés.»

Voila ce qui énerve un journaliste venu du territoire de Rutshuru, zone sous contrôle de la rébellion du M23. « Voulez-vous nous faire croire que la population de cette zone est beaucoup plus en danger que celle vivant dans des zones sous occupations rebelles ? Se questionne-t-il. Parce que chez moi a Rutshuru, la MONUSCO ne fait que le monitoring des exactions contre les civiles sans aucune action concrète pour les empêcher. » Ce journaliste dit ne plus savoir comment calmer les jeunes de ce territoire, dépassée par ce  « laxisme » perpétuel de la MONUSCO.

A sa question, la réponse de la MONUSCO était simple : « N’est-ce pas qu’en cas d’attaque la population vient se réfugier dans nos bases ? Donc, elle nous fait confiance ! » Mais, le journaliste international Jean Dumont Michel fait un constat : cette zone ne couvre que l’espace déjà conquit par les Forces Armées de la RDC, FARDC, et n’atteint même pas la ligne de front.

 

C’est ici que la MONUSCO donne des précisions qui ne figurent pas dans son communiqué sur l’ultimatum. Elle renseigne que cette opération n’est pas offensive, mais juste dissuasive. « L’objectif est de créer une base arrière sécurisée pour permettre aux FARDC de lancer sans crainte ses attaques contre les groupes armés dont le M23. »

Cet éclaircissement arrive quand l’ultimatum avait déjà créé des gesticulations au sein de certains groupes armés. Pour le M23, par exemple, la frayeur  s’est fait sentir même chez ses parrains Rwandais et Ougandais. Témoins ces Tweets d’Olivier Nduhungirehe, représentant permanent du Rwanda a l’ONU.

 

Dépassé les 48 heures (qui expirent Jeudi premier Octobre 2013 à 14h GMT), la Monusco ne croisera pas les bras. Felix Prosper Bass, porte-parole militaire de la MONUSCO renseigne que des bouclages et fouilles pourront être organisées pour traquer tous les récalcitrants. Toute fois, pas d’opération offensive pour l’instant.

Les groupes armés peuvent donc prendre leur temps pour se réorganiser et se ravitailler en vue de faire face aux attaques prochaines de la Brigade d’intervention de l’ONU.

Par Gaïus Kowene

Brigade d’intervention : les humanitaires sont prêt!

Imane Cherif, chargée de l’information publique au Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires humanitaires, OCHA, au Nord Kivu, RD Congo

Imane Cherif, chargée de l’information publique au Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires humanitaires, OCHA, au Nord Kivu, RD Congo

Dans un futur proche, la Brigade d’intervention des Nations unies  amorcera ses opérations offensives contre les groupes armés dans l’Est de la RD Congo.

Ces affrontements pourraient avoir des conséquences humanitaires énormes. Les humanitaires œuvrant dans la région se disent prêt à intervenir.

Lire la suite sur Mutaani.com

#Goma: des explosifs tombés en pleine ville

La guerre aux environs de la guerre a des répercutions sur la ville, répercutions qui accentuent la psychose de la population.

Trajectoire de l'explosif tombe au quartier Mabanga Nord, dans la ville de Goma (credit photo: Gaius Kowene)

Trajectoire de l’explosif tombe au quartier Mabanga Nord, dans la ville de Goma (Credit photo: Gaius Kowene)

Le soir de ce lundi 22 Juillet 2013, 3 bombes sont tombées dans la ville de Goma, dans l’Est de la RDC. Deux au quartier Mabanga et une autre au quartier Majengo.

Bien qu’aucune perte humaine, ni de dégât matériel considérable n’ai été enregistré, la population se dit trop inquiète.

Ecouter et télécharger les témoignages de la population et la traduction en Français.

Quelques minutes après, le Major Yoga Moise, commandant de la PNC dans la ville de Goma est descendu sur les lieux avec son équipe pour constater les faits. C’est après qu’un lieutenant des FARDC a pris l’un des roquettes multiples de type russe et l’a jeté dans une toilette a proximité.

Ecouter et télécharger l’interview du Commandant de la police en ville de Goma.

Des agents de UNMag sont arrivés sur place et ont fixé un périmètre de sécurité pour éloigner la population du danger.

Vu a vol d'oiseau de la Maison touchee par l'explosif dans la ville de Goma

Vu a vol d’oiseau de la Maison touchee par l’explosif dans la ville de Goma

Selon un officier des FARDC ayant étudié la balistique, ces bombes Canon 106-107 millimètres pèsent 35 kilogrammes et peuvent causer des dégâts énormes en cas de mauvaise manipulation en pleine ville.

Le commandant de la Police ville de Goma a appelé la population a la prudence et surtout au calme et assure que tout est sous contrôle des services de déminages de UNMAG.

Quant au lieutenant des FARDC qui l’a jeté dans les toilettes, des mesures disciplinaires sévères devront être prises dans les jours avenir par sa hiérarchie.

PS: Selon les dernières informations en notre possession, le service de déminage des Nations Unies UNMAG a réussit le même lundi soir à récupérer l’explosif jeté dans les toilettes. Il n’y a donc plus aucun danger pour la population.

Par Gaius Kowene

RDC: si Goma panique, qui profite?

La presse couvrant l'investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo

La presse couvrant l’investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo (Credit photo: Gaius Kowene)

« Vous devez immédiatement rentrer chez vous à la maison et rester prudent. La situation n’est pas bonne dans la ville. »

« Nous pouvons entendre des détonations. Il y a la guerre ici ! »

Ce sont la quelques une des phrases que vous pouvez entendre dans la ville de Goma, dans l’Est de la RD Congo. Elles se transmettent rapidement de bouche à oreille, via messageries sms et surtout sur les réseaux sociaux. Qui est a l’origine de cette psychose ? Avec quel intérêt ? Comment éviter de se faire manipuler pour des intérêts égoïstes ?

Depuis plus d’une décennie la province du Nord Kivu est en guerre. Des affrontements opposent différents groupes armés nationaux et étrangers.

Mais cette guerre n’est pas que militaire. Elle est médiatique et surtout psychologique. Des groupes armés en profitent pour dominer le mental des habitants et les faire oublier de résister.

Comment crée-t-on cette panique ?

Ces groupes armés utilisent plusieurs méthodes pour atteindre cet objectif. Je ne vais en citer que trois (3).

La première, celle qui réussit souvent est d’alerter les medias les plus suivis de Goma. Leur sympathisants envoient des messages aux medias et se disent prêt a témoigner de la situation qui prévaut dans leur région. Mais, en réalité, ils ventent ces groupes armés, donnent aux gens l’idée qu’ils sont  hyper forts, lourdement armés, bref, invincible !

Malheureusement, il y a de ces journalistes qui se précipitent pour diffuser des scoops, sans prendre le temps de traiter comme il se doit l’information. C’est un témoignage de la base, oui, mais qui est derrière ? Avec quel intérêt ? En journalisme, aucune information ne doit être prise pour argent comptant ! Même si elle vient des « bouches autorisés ». Quand le journaliste ne fait plus son travail de traitement sérieux de l’information, les belligérants savent le manipuler pour qu’il leur serve de haut parleur. Ainsi, il les aide (consciemment ou pas) à atteindre leur objectif : Dominer d’abord l’esprit des habitants et leur corps ne fera que se soumettre.

La deuxième méthode utilisée pour créer cette psychose, c’est de se fabriquer des mythes et les diffuser par la voie des réseaux sociaux et le bouche à oreille. Tel officier à échapper a une tentative d’assassinat, Tel General est mortellement blessé (après on le voit en bonne santé), Tel groupe projette d’attaquer tel jour, autant des membres de telle milice se sont déjà infiltrés a un tel endroit, etc…

Parfois c’est vrai. Mais, souvent c’est une façon de créer le débat en ayant déjà corrompu la façon de raisonner de la population. Du coup, elle panique et donc, se prépare à se soumettre à une nouvelle « autorité ».

La troisième méthode est de créer une incompréhension qu’on fera semblant de maitriser après. Cette technique marche toujours. Les journalistes qui font du News y sursautent : appels téléphonique, déplacements pour interview, etc….

Pendant ce temps, la population croit qu’il y a une Vrai incompréhension vu qu’il y a mort d’hommes. Oui, il y a mort d’hommes ; mais lesquels ? Des gens dont on a plus besoin, des gens d’une ethnie dont on veut se débarrasser, des gens « inutile » pour eux. Qu’ils meurent ou pas, ca n’affectera en rien le groupe armé. Au contraire, ca déplace des populations, ce qui oblige les humanitaires a intervenir et donc, a parler du groupe Rebel aux plus hauts niveaux.

Des mains noires bien connus sont derrière cette psychose qui règne dans la ville de Goma. Ils le font pour leur intérêt bien connu.

Se permettre d’amplifier cette panique, c’est accepter de servir d’idiot utile a ces personnes bien connus.

Par Gaïus Kowene

RDC – Culture: Le meilleur du #SKIFF2013 à Goma

Le groupe de danse Arsenic Dance Crew sur scène au #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Le groupe de danse Arsenic Dance Crew sur scène au #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Du 05 au 14 Juillet 2013, le centre Yole!Africa a organisé  à Goma la 8eme édition du Salaam Kivu International Film Festival, SKIFF, sous le thème Uhaki – Justice. Des ateliers de formation aux projections quotidiennes des films, en passant par la compétition de danse, toutes les activités de ce festival rassemblaient du monde. (Programme officiel)

 

Regarder une video qui parle du SKIFF

 

Une diversité des  invités spéciaux

Présentation des invités spéciaux pendant la soirée d'ouverture du #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Présentation des invités spéciaux pendant la soirée d’ouverture du #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Ce festival a reçu des nombreux invités spéciaux venu des différents pays. Nous citons par exemple le Cinéaste Canadien Matthieu Roy dont le film Surviving Progress était en vedette dans la soirée d’ouverture, La journaliste Canadienne Fawzia Fall qui a animé des ateliers de radio journalisme, le Français Alain Canonne qui y a accompagné le rappeur Congolais Lyke Mike, l’activiste Kenyan Ndungi Githuku qui a présenté des films Kenya et a eu un concert avec live avec le Rwando-Jamaicain Natty Dread, le chorégraphe Ougandais Rogers Massaba qui a formé les jeunes en danse, etc… Difficile de finir la liste sans parler de l’artiste comédien Congolais Mira Mikanza dit Koko Swing qui a plusieurs fois égayé le public. Les cinéastes Américains Lynn True et Nelson Walker, organisateurs du festival Congo in Harlem, ont formé en film documentaire.

Des rencontres enrichissants

Des participants à la rencontre Approche de l'autre pendant le #SKIFF2013 (Crédit Photo: Ndungi Githuku)

Des participants à la rencontre Approche de l’autre pendant le #SKIFF2013 (Crédit Photo: Ndungi Githuku)

Des rencontres d’échanges étaient aussi de la partie. C’est le cas de « L’approche de l’autre » qui s’est focalisée sur la question de savoir si la justice était liée à la paix dans le contexte de la RDC. Des membres des différentes organisations de la société civile ont participe a ces échanges répondant par l’affirmative a la question. Pourquoi ?

L’impunité ne se fait plus chercher en RDC. « Il ne suffit pas de condamner l’actuelle impunité en RDC en oubliant d’où elle est venu », fait remarquer Petna Ndaliko, fondateur du centre Yolé!Africa et directeur artistique du festival. Fidel Bafilemba, activiste et chercheur chez Enough project explicite cette remarque. « Le roi barbu Belge Léopold 2 a coupé les mains des Congolais et les a massacré, explique-il. Mais, il est resté impuni. L’Union Européenne l’a plutôt récompensée en installant son siège à Bruxelles. » Parmi les participants, on note la présence de l’abbé Roger Mpongo venu de Bukavu, en province du Sud Kivu.

Une autre rencontre du genre, le « Nyavu congress ». Ce réseau d’artistes et activistes de la région des grands lacs a été l’occasion de passer en revu les activités des initiatives membres dont Amka Afrika.

Des films captivants

Pendant la soirée Kenyane, 2 des 3 films projettes ont captive le public. Il s’agit de Nairobi Half life de Tosh Githonga et de « In search of my father » de Ndungi Githuku. Le premier film décrit l’histoire d’un jeune villageois qui rêvait de devenir acteur et atteindra ce rêve malgré les difficultés impossibles. Le deuxième accompagne Marie, la fille de J.M Kariuki, qui va rencontrer des personnes qui connaissait son père avant qu’il ne soit assassiné par le pouvoir de Moi Kibaki.

Pochette du film Mabele na biso lancé officiellement le Mercredi 10 Juillet 2013 pendant le SKIFF (Crédit photo: Gaïus Kowene)

Pochette du film Mabele na biso lancé officiellement le Mercredi 10 Juillet 2013 pendant le SKIFF (Crédit photo: Gaïus Kowene)

Le moment spécial de ce festival, le lancement officiel du documentaire Mabele na biso (Ndlr : Notre terre) de Petna Ndaliko. Ce film parle d’une radio financée par les cotisations de la population locale, pour donner matière à réflexion sur la notion de l’indépendance sans mentionner le colonisateur. S’en est suivi un débat houleux sur l’aide humanitaire et son impact en RDC. Les participants ont décrié le caractère perpétuel de l’assistance humanitaire qu’ils ont qualifiée d’un business lié à celui de la guerre.  « Nous ne sommes pas la pour résoudre les problèmes de ce pays, riposte Caroline Peguet, humanitaire paneliste au débat. Notre travail se limite à soulager les souffrances humaines et à répondre aux urgences en cas de guerre ou de catastrophe naturelle. »

Le local devient l’international

La soirée Congo film Focus a mis à l’honneur 6 films de la ville de Goma. Rich boys, l’exemple de Moimi Wezam sensibilise sur la considération des personnes handicapés, Ca m’apprendra de Franc Escargot met en garde les parents qui portent plainte précipitamment contre les amants de leurs filles sur base des imaginations. Les internautes d’Abdoul Bahizi expose la problématique d’accès à l’internet dans la ville de Goma pendant que Scenario de Muhindo Abraham montre le passage du rêve à la réalité. Le film Plus jamais de Richard Thumito sensibilise les maries a la fidélité conjugale et Sara de TD Jack peint le portrait d’une fille débrouilleuse aux ambitions gigantesques.

A la fin de la compétition de danse, les 3 meilleurs groupes de danse de l’année sont : Rihna Crew, Magic Dance et Street Dancers.

La cérémonie de clôture se tient ce Dimanche 14 Juillet 2013 au centre Yole!Africa. Des jeunes musiciens talent de la Jam session monteront sur scène suivi de Mira Mikanza pour sa comédie. Ensuite, les formateurs et étudiants feront une restitution de ce qu’ils ont fait pendant les 10 jours de festival.

Par Gaïus Kowene

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