RDC: « Désarmez-vous, même si on ne fera rien! »

 

Cette annonce du commandant en chef de la force de la Mission Onusienne en RDC, MONUSCO, a fait la une de la presse tant nationale qu’internationale. Pour la population, la diffusion de ce communiqué à la Radio est perçue comme signe précurseur des interventions offensives de la Brigade d’Intervention de l’ONU. Mais, en sera-t-il vraiment ainsi ?

Tout d’abord, il faut bien relire le contenu dudit communiqué : rien n’indique qu’après l’ultimatum la Brigade d’intervention attaquera les groupes armés actifs dans la région. Ce qui changera, c’est tout simplement la façon de considérer les porteurs d’armes dans cette zone. Ils seront maintenant considérés comme un danger pour la population civile. Et avant l’ultimatum ? N’étaient-ils pas un danger ?

On pourrait facilement en déduire un mea culpa de la MONUSCO. Peut être, une façon de reconnaitre l’erreur d’avoir été gentil avec les porteurs d’armes dans cette zone depuis tout ce temps ! Selon la MONUSCO, quelques personnes civiles et membres des groupes armés ont commencé à obtempérer. Malheureusement, jusqu’au moment de la publication de cet article, aucune statistique (même approximative) n’est disponible.

Un habitant de Goma s’interroge sur la cible prioritaire de cette Brigade: « Je croyais que cette fameuse Brigade est venu combattre des groupes armés. Mais là, j’ai l’impression qu’il commence à s’occuper plutôt des petits voleurs des quartiers de Goma. »

Ce communiqué annonce aussi la création d’une « Zone de sécurité » dans la région de Goma et Sake. Pourquoi ce choix ? La MONUSCO répond : « Parce qu’il y a plus d’un million des civils dans ces zones sous menaces d’attaques des groupes armés. Parmi ces personnes figurent aussi des déplacés de guerre dans différents camps et sites spontanés.»

Voila ce qui énerve un journaliste venu du territoire de Rutshuru, zone sous contrôle de la rébellion du M23. « Voulez-vous nous faire croire que la population de cette zone est beaucoup plus en danger que celle vivant dans des zones sous occupations rebelles ? Se questionne-t-il. Parce que chez moi a Rutshuru, la MONUSCO ne fait que le monitoring des exactions contre les civiles sans aucune action concrète pour les empêcher. » Ce journaliste dit ne plus savoir comment calmer les jeunes de ce territoire, dépassée par ce  « laxisme » perpétuel de la MONUSCO.

A sa question, la réponse de la MONUSCO était simple : « N’est-ce pas qu’en cas d’attaque la population vient se réfugier dans nos bases ? Donc, elle nous fait confiance ! » Mais, le journaliste international Jean Dumont Michel fait un constat : cette zone ne couvre que l’espace déjà conquit par les Forces Armées de la RDC, FARDC, et n’atteint même pas la ligne de front.

 

C’est ici que la MONUSCO donne des précisions qui ne figurent pas dans son communiqué sur l’ultimatum. Elle renseigne que cette opération n’est pas offensive, mais juste dissuasive. « L’objectif est de créer une base arrière sécurisée pour permettre aux FARDC de lancer sans crainte ses attaques contre les groupes armés dont le M23. »

Cet éclaircissement arrive quand l’ultimatum avait déjà créé des gesticulations au sein de certains groupes armés. Pour le M23, par exemple, la frayeur  s’est fait sentir même chez ses parrains Rwandais et Ougandais. Témoins ces Tweets d’Olivier Nduhungirehe, représentant permanent du Rwanda a l’ONU.

 

Dépassé les 48 heures (qui expirent Jeudi premier Octobre 2013 à 14h GMT), la Monusco ne croisera pas les bras. Felix Prosper Bass, porte-parole militaire de la MONUSCO renseigne que des bouclages et fouilles pourront être organisées pour traquer tous les récalcitrants. Toute fois, pas d’opération offensive pour l’instant.

Les groupes armés peuvent donc prendre leur temps pour se réorganiser et se ravitailler en vue de faire face aux attaques prochaines de la Brigade d’intervention de l’ONU.

Par Gaïus Kowene

MIGRATION : Un blogueur Congolais pétitionne contre la Maison Schengen

Le blogueur Congolais Gaïus Kowene, qui anime le blog Amka Afrika appel tous les internautes à signer  et à faire signer la pétition #StopSchengen : Visa facile pour tous.

Bannière de la pétition #StopSchengen: Visa facile pour tous

Bannière de la pétition #StopSchengen: Visa facile pour tous

Instigateur de la pétition, Gaïus veut persuader la Maison Schengen à revoir sa façon de traiter les demandes de visa Européens déposées par les Africains.

‘’Refuser le visa aux Africains sur base des préjugés raciaux  est immoral,’’ dit-il avant de renchérir : ‘’ Cette pratique bloque le partage d’expérience entre l’Afrique et Europe. Elle encourage la migration clandestine en créant une crise de confiance en la Maison Schengen.’’

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Dans un communiqué de presse, Gaïus Kowene explique que l’objectif de sa pétition n’est ni d’exiger la fermeture de la Maison Schengen, ni la suppression des visas entre l’Afrique et l’Europe.

Convaincre la Maison Schengen à traiter avec sérieux les demandes de visa des Africains et rembourser l’argent pour les visas refusés est sa seule visée.

Tout le monde peut signer cette pétition en tapant dans Google #StopSchengen pétition visa facile Africain

Amka Afrika

RDC : Le Mwamba, la confiture Kinoise

Mwamba confiture arachide  Kinshasa

Une femme entrain de mettre du Mwamba dans un pain à Kinshasa, RD Congo (Crédit photo : Gaïus Kowene)

L’arachide aide les habitants de Kinshasa à donner naissance à une confiture pas compliquée : le Mwamba. Voici leur méthode de fabrication. Par Gaïus Kowene, à Kinshasa (RDC).

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Vivre de son blog: mythes et réalités

Toutes les mythes et réalités sur comment vivre de son blog

Toutes les mythes et réalités sur comment vivre de son blog

Aujourd’hui dans le monde, l’internet a pris une place de choix dans la vie de l’homme. Le monde est maintenant transformé en un petit village. Il est possible de rencontrer des gens, sans les rencontrer en vrai. Un Africain peut travailler en Europe sans avoir besoin d’y être physiquement. Des associations et entreprises virtuelles existent sur la toile et y font leur business sans avoir besoin des locaux sophistiqués. Il y a de ces gens qui passent beaucoup de temps à blogguer sans rien gagner. D’autres disent vivre du temps qu’ils passent sur internet. La question qui se pose est : peut-on vraiment vivre de son blog ?

Des jeunes dans le monde ont des projets de création des blogs ou même site web. D’autres l’ont déjà fait. Leur rêve est qu’ils arrivent un jour à vivre de ça. Mais hélas, beaucoup finissent par les jeter dans les oubliettes. Ceci suite à ce qu’ils appellent des « réalités » qu’ils rencontrent.

Tout d’abord, si je me permets de répondre rapidement à la question posée en introduction, ma réponse serait difficilement. Difficilement par ce que beaucoup croient qu’avoir accès à la connexion internet suffit pour vivre de son blog. Un ami à qui j’ai posé la question de savoir comment il pense vivre de son blog m’a dit : « Tu sais, j’ai des contacts avec des personnes qui peuvent  nous donner leur publicités et ils paieront pour ça. »

C’est vrai, ils paieront, mais combien ? Mettre une publicité sur internent ne signifie pas que cette publicité va commencer à ravitailler votre compte bancaire automatiquement. Bon, ça dépend aussi du type de contrat que vous allez signer avec cette personne. Si elle est sous informée, elle vous paiera pour le simple fait d’avoir placé son pub sur votre blog. Un connaisseur vous dira quoi ? « Je vais te payer selon le nombre de clicks et sur le pourcentage de ce que ces internautes m’auront payé. » Tu vois ? Ça commence à devenir compliqué.

Prenons un exemple de toi-même. Combien des publicités vois-tu sur internet ? Sur combien cliques-tu ? Et grâce à combien achètes-tu en ligne ? Et pour la plupart des cas, les cliques ne rapportent pas beaucoup, mais plutôt des montants souvent inférieure à un dollars Américains.

Il n’y a pas que la publicité. Il y a aussi la vente des liens (commissions) et les articles sponsorisés (campagnes). Pour la vente des liens, c’est un peu comme la publicité. Vous mettez des liens de certains sites et ils vous payent par cliques. Soit, vous pouvez y mettre des liens de vente des livres. Une fois qu’un internaute achète le livre à partir de votre blog ou site, vous avez un certain pourcentage. Reste encore à voir combien ! Pour les campagnes et articles sponsorisés, c’est là ou on essaie un peu de gagner quelque chose par rapport aux autres moyens. Il y a des campagnes lancées dans le monde sur tel ou tel autre thématique, on invite les bloggeurs à y rédiger 200, 250 et parfois 500 mots dans leurs blogs. Et avec ça, on vous paye entre 50 et 200 Euros. Pensez-vous que vous pouvez vivre de ça? Tout d’abord, combien vous coute l’entretient de votre blog pour qu’il soit attrayant (hébergement, design, mise à niveau, installation des nouvelles applications, gestion de votre newsletter, etc…) ? De combien avez-vous besoin pour vivre par jour (manger, logement, transport, soins de santé, impôts, transport, communication, offrandes, charges familiales, loisirs, etc…) ?

Vous fabriquerez peut-être vos propres objets à vendre sur ce blog, pensez-vous vraiment qu’ils feront bonne vente pour vous faire vivre ?

Et s’il faut penser à un sponsor extérieur, c’est bien. Alors, ici, vous avez deux possibilités : soit vous vous transformez en propagandiste à la solde de votre bailleur de fond soit carrément vous laissez tomber votre blog pour son job. Prenons le premier cas.

Ce financier vous obligera à publier ce qui lui plaira lui, pas ce qui intéressera vos lecteurs ou ce dont ils ont vraiment besoin. Résultat, personne n’aura le gout de vous lire. Sauf, les pros votre financier.

Pour le deuxième, ça commence de cette façon. Au départ, vous allez vous dire : « Je vais chaque fois bosser la journée et la nuit ou les weekends j’écrirais pour mon blog. » Bien ! Ça c’est l’illusion que moi-même j’avais. Mais à un certain moment, vous devez choisir qui sacrifier. Souvent c’est votre blog ou site, sous prétexte que vous le relèverez des que votre job vous en donnera les moyens. Mais c’est faux.

Je vous donne mon exemple. Il y a de ces articles que je trouve très intéressant pour mes lecteurs. Mais, tel partenaire me contacte directement par mail ou par téléphone et dit : « Gaïus, J’ai besoin d’un article sur ceci ou cela. Si tu peux me l’envoyer le plus tôt serait le mieux.» C’est exactement l’article que je préparais pour mes lecteurs. Là, le cœur ne bat pas deux fois. Le choix est clair. Parfois, il n’y a même pas de coup de fil, mais mes propres raisonnements. Je commence par rédiger un article. Une fois fini, je me dis : « Si je proposais cet article à tel partenaire, j’aurais autant d’euros de plus dans mon compte bancaire. » Et là, je change directement d’avis.

Bon ! On n’est pas là que pour des anecdotes. Revenons à nos moutons !

De façon franche et claire, il est vrai qu’on peut gagner un peu d’argent grâce à son blog ou site web. Mais en vivre est une autre chose. Même des grands du domaine vous le diront. A moins que votre blog ou site web ne fasse partie d’un projet financé. L’argent viendra donc de vos bailleurs de fond du projet, pas des revenus de votre site web. Et surtout que les revenus ne sont pas à confondre aux bénéfices.

Chers confrères bloggeurs, je ne vous décourage pas dans vos initiatives. Le monde d’aujourd’hui a besoin des jeunes pleins de créativité comme vous. Mais, j’ai juste voulu vous faire une idée exacte du monde dans lequel vous voulez lancer. Je voulais vous éviter des surprises et désillusions tragiques. Vous me parlerez peut-être du facebook de Mark Zuckerburg (J’ai toujours eu du mal à écrire ce nom). Mais rappelez-vous qu’il n’était pas le seul étudiant de son université ou des USA. Il n’était pas le seul à avoir initié des trucs pareils. Pourtant, il est le seul à avoir réussit aujourd’hui jusqu’où il est. Et les autres ? Etaient-ils moins intelligents que Mark ?

Par Gaïus Kowene