4 pre-requis pour combattre la corruption

Dans ce billet de blog, je partage avec vous les 4 choses qui ont attiré mon attention en parlant corruption pendant le Forum de la société civile organisé à Abidjan par la BAD.

Par Gaïus Kowene

Crédit photo: Gaïus Kowene

Crédit photo: Gaïus Kowene

Le 28 Mai dernier, j’ai pris part au Forum de la société civile Africaine à Abidjan. C’était en marge des assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement.

Dans ce billet, je vais donc partager avec vous 4 choses importantes qu’il faut absolument savoir sur la corruption pour bien la combattre. Bien sûr, j’y ai ajouté un peu de ma réflexion personnelle aussi (juste un peu).

Comme toujours, ceci n’est pas la parole d’évangile. Sentez-vous libre de dire ce que vous en pensez de façon constructive ici en commentaires.

1. La perception de la corruption est aussi importante que la corruption elle-même

Certaines personnes pensent que la corruption fait partie intégrante de la culture Africaine et que ce n’est pas si grave. « Nous avons toujours vécu ainsi et ça nous va » disent certains. « C’est la règle. Ça marche comme ça ici » diront d’autres.

Donc, avant même que la corruption ne soit là, notre perception d’elle détermine ce que sera notre attitude quand elle sera là. Si vous voulez lutter contre la corruption, c’est mieux de commencer par changer la perception que les gens ont de la corruption. Qu’ils arrêtent de la considérer comme un mode de vie ou comme une sorte d’identité culturelle ou de particularité de leur région.

2. Au-delà des chiffres, la corruption affecte des êtres humains

Je revois encore la blogueuse Ghanéenne qui a soulevé ce point. Certains dans l’audience parlaient beaucoup du scandale de la corruption au sein de la FIFA qui a fait intervenir des gros montants. Mais, sa question était :

« Pensez au malade qui ne peut être soigné a temps parce qu’il n’a pas d’argent pour corrompre. (Silence dans la salle). Pensez à cet élève qui ne peut passer ses examens seulement parce qu’il n’a pas corrompu. Pensez à cette mère de famille qui ne peut exercer son petit commerce car coincée par des gens qui exigent la corruption. »

Cet exercice mental a fait pris conscience au public que parler corruption n’est pas seulement parler des chiffres abstraits. C’est parler d’êtres humains dont le quotidien est sans cesse bouleversé par cette pratique.

3. Des OSC exigent la transparence dont elles ne font pas preuve

Même si ce point a fait rigoler beaucoup de gens dans la salle, c’est une des vérités qu’on ne se dit pas souvent. Il y a des organisations de la société civile qui critiquent le manque de transparence de leurs gouvernements ou de certains acteurs économiques. Mais, si on voit de près, ces organisations font exactement ce qu’elles reprochent aux gouvernements.

Participants au #CSOForumAbidjan (crédit photo: Cheikh Fall )

Participants au #CSOForumAbidjan (crédit photo: Cheikh Fall )

Donc, avant d’essayer d’endiguer le manque de transparence dans la gestion de la chose publique ou dans les transactions entre gouvernement et partenaires, commençons par le faire dans nos organisations respectives. Jouer au malin n’aidera pas à régler le problème.

4. Avoir une information, oui, et après ?

Nous sommes tous d’accord sur l’importance pour la population d’être informée de tout ce qui se passe, et plus particulièrement en matière de corruption. Mais, ça ne suffit pas. Il faut aussi développer la capacité de cette population à agir. Avoir une information qu’on n’utilise pas c’est comme pire que n’avoir aucune information. Et c’est ici que revient la question qu’un des panelistes avait posé : « Dénoncer la corruption et autres vices peut vous couter votre boulot. Etes-vous prêt à le perdre ? »

Nous sommes tous dans le même bateau. Soit nous mourrons tous, ou nous nous en sortons tous. Ne pensez pas que vous pouvez vous sauver seul en taisant des telles pratiques. Tôt ou tard, ça vous coutera cher. Quand on a des informations avérées et des preuves de la corruption, n’hésitons pas à en parler ouvertement et… si prudence s’exige, filer les documents a un site web de whistle blowing.

Et vous ??? Pensez-vous qu’il y a autre chose d’important qu’il faut savoir sur la corruption ? Sentez-vous libre de partager en commentaire ici. Tweetez aussi avec le hashtag #CSOForumAbidjan

Programme du forum de la société civile à Abidjan

Les organisations de la société civile prendront part à un forum pendant les assemblées annuelles de la Banque Africaine de Developpement, BAD, à Abidjan.

Par Gaïus Kowene

Drapeaux de la Banque Africaine de Développement dans les rues d’Abidjan. (Crédit photo : Eugene Buingo)

Drapeaux de la Banque Africaine de Développement dans les rues d’Abidjan. (Crédit photo : Eugene Buingo)

Je séjourne à Abidjan du 27 au 29 pour participer aux Assemblées Annuelles de la Banque Africaine de Développement, la BAD, qui fête aussi son cinquantenaire.

Abidjan ! C’est cette capitale de la Cote d’Ivoire, premier producteur du Cacao (ils ont maintenant une chocolaterie industrielle, hein !) et surtout…. la terre du coupé-décalé.

D’ailleurs, je dois avouer que ça me flatte de voir que des ivoiriens connaitre la musique Congolaise mieux que certains congolais.

Mais, ce qui m’a amené à Abidjan, c’est plutôt le forum des organisations de la société civile Africaine que la BAD organise ce Jeudi 28, en marge de ses assemblées annuelles sous le thème « L’Afrique et le nouveau paysage mondial ».

Poster CSO Forum 2015

Poster CSO Forum 2015

La cinquantaine d’organisations de la société civile participant à ce forum exprimera son avis sur les politiques de la banque et ses programmes de développement.

Avant de parler de la contribution de la BAD dans la lutte contre les changements climatiques, les participants partageront leurs expériences sur l’équité, la transparence et  la responsabilisation (accountability).

Bien que ce forum ne sera pas retransmit en direct sur youtube, l’audience virtuelle pourra suivre de près et interagir grâce aux hashtags officiels de l’évènement qui sont : #CSOForumAbidjan et #AfDBam2015.

En parlant de hashtag, je twiterais les points chauds du forum à partir de mon compte @gkowene. Je vous recommanderais de suivre d’autres co-blogueurs qui feront de même, notamment Cyriac Gbogou, Cheikh Fall, Jemila Abdulai, Africa for Results et tant d’autres.

Si vous n’êtes sur place, vous pouvez, donc, télécharger l’intégralité du programme pour avoir une idée plus globale des assemblées annuelles.

En attendant, je continu à explorer cette belle capitale d’Afrique et vous enverra une tonne des billets.