RDC : de l’aluminium pour amplifier son internet

L’Afrique est réputée pour sa lente connexion Internet. Mais parfois certains gouvernements ordonnent la réduction du débit pour pénaliser les web-activistes. Du papier d’aluminium ou une cannette vous suffisent pour l’amplifier.

Par Gaïus Kowene

Le blogueur Gaius Kowene utilise un ordinateur

Le blogueur Gaius Kowene utilise un ordinateur

En ce 19 décembre, la RDC vit une ambiance de guerre. Les militaires, armés jusqu’aux dents, patrouillent les rues de la plupart des grandes agglomérations. Des manifestations de jeunes sont empêchées et beaucoup préfèrent rester à la maison.

Pourquoi amplifier votre Internet?

Les médias traditionnels étant sous haute surveillance et souvent muselés, Internet reste le premier moyen par lequel la population s’informe et informe le monde, en temps réel, de tout ce qui se passe.

Malheureusement, le gouvernement, qui avait promit de couper Internet, a plutôt opté pour une option qui consiste à réduire sa vitesse et empêcher ainsi les gens de publier des fichiers lourds comme des photos ou des vidéos.

Comment contourner cette restriction ?

La première technique est la plus simple : si vous avez du papier d’aluminium à la maison, prenez un plat et couvrez la partie sur laquelle vous mangez avec ce papier. Placez ce plat contre un mur. De préférence, le plat doit se trouver face à une fenêtre ouverte, un peu comme une antenne parabolique. Placez les antennes de votre router (modem) près du papier d’aluminium et c’est parti ! Regardez comment votre connexion va s’amplifier.

Si vous n’avez pas de papier d’aluminium, vous pouvez en acheter dans une boutique au quartier.

Pas de papier d’aluminium ? Les boîtes de nourriture à emporter servent aussi !

Vous pouvez acheter les boîtes qu’utilisent les restaurants pour emballer la nourriture à emporter. Ces boîtes contiennent souvent de l’aluminium, pour garder la nourriture chaude. Il suffit de placer la boîte contre le mur, face à une fenêtre, et y mettre votre router (modem). Ça devrait aller.

Je mets ici une vidéo Youtube pour vous faciliter la tache.

De la bière ou du soda. Ça vous dit?

La deuxième technique consiste à prendre une cannette de bière ou de soda. Pour ceci, vous avez besoin d’une paire de ciseaux ou un couteau.

Après avoir vidé la cannette de son contenu, couchez la sur son tronc (si on peut l’appeler ainsi). A l’aide de votre paire des ciseaux ou de votre couteau, détachez le disque rond sous la cannette. Résultat : l’ouverture créera un gros trou qui vous permettra de voir l’intérieur de la cannette.

Ensuite, commencez par couper l’autre disque qui referme cannette à l’autre bout.  Sauf qu’ici, ne coupez pas complètement. Laissez une petite partie du disque attachée au tronc de la cannette.

A présent, attaquez-vous au tronc de la cannette. Replacez votre canette en position verticale. Coupez le tronc du haut vers le bas, ce qui vous donnera la possibilité d’étaler la cannette en position plate sur le sol. Comme pour le plat en aluminium, placez la cannette contre mur, si possible face à la fenêtre. Le coté extérieur de la cannette doit toucher le mur pendant que l’antenne de votre router est en contact avec le coté intérieur.

Voici un autre tutoriel:

4 pre-requis pour combattre la corruption

Dans ce billet de blog, je partage avec vous les 4 choses qui ont attiré mon attention en parlant corruption pendant le Forum de la société civile organisé à Abidjan par la BAD.

Par Gaïus Kowene

Crédit photo: Gaïus Kowene

Crédit photo: Gaïus Kowene

Le 28 Mai dernier, j’ai pris part au Forum de la société civile Africaine à Abidjan. C’était en marge des assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement.

Dans ce billet, je vais donc partager avec vous 4 choses importantes qu’il faut absolument savoir sur la corruption pour bien la combattre. Bien sûr, j’y ai ajouté un peu de ma réflexion personnelle aussi (juste un peu).

Comme toujours, ceci n’est pas la parole d’évangile. Sentez-vous libre de dire ce que vous en pensez de façon constructive ici en commentaires.

1. La perception de la corruption est aussi importante que la corruption elle-même

Certaines personnes pensent que la corruption fait partie intégrante de la culture Africaine et que ce n’est pas si grave. « Nous avons toujours vécu ainsi et ça nous va » disent certains. « C’est la règle. Ça marche comme ça ici » diront d’autres.

Donc, avant même que la corruption ne soit là, notre perception d’elle détermine ce que sera notre attitude quand elle sera là. Si vous voulez lutter contre la corruption, c’est mieux de commencer par changer la perception que les gens ont de la corruption. Qu’ils arrêtent de la considérer comme un mode de vie ou comme une sorte d’identité culturelle ou de particularité de leur région.

2. Au-delà des chiffres, la corruption affecte des êtres humains

Je revois encore la blogueuse Ghanéenne qui a soulevé ce point. Certains dans l’audience parlaient beaucoup du scandale de la corruption au sein de la FIFA qui a fait intervenir des gros montants. Mais, sa question était :

« Pensez au malade qui ne peut être soigné a temps parce qu’il n’a pas d’argent pour corrompre. (Silence dans la salle). Pensez à cet élève qui ne peut passer ses examens seulement parce qu’il n’a pas corrompu. Pensez à cette mère de famille qui ne peut exercer son petit commerce car coincée par des gens qui exigent la corruption. »

Cet exercice mental a fait pris conscience au public que parler corruption n’est pas seulement parler des chiffres abstraits. C’est parler d’êtres humains dont le quotidien est sans cesse bouleversé par cette pratique.

3. Des OSC exigent la transparence dont elles ne font pas preuve

Même si ce point a fait rigoler beaucoup de gens dans la salle, c’est une des vérités qu’on ne se dit pas souvent. Il y a des organisations de la société civile qui critiquent le manque de transparence de leurs gouvernements ou de certains acteurs économiques. Mais, si on voit de près, ces organisations font exactement ce qu’elles reprochent aux gouvernements.

Participants au #CSOForumAbidjan (crédit photo: Cheikh Fall )

Participants au #CSOForumAbidjan (crédit photo: Cheikh Fall )

Donc, avant d’essayer d’endiguer le manque de transparence dans la gestion de la chose publique ou dans les transactions entre gouvernement et partenaires, commençons par le faire dans nos organisations respectives. Jouer au malin n’aidera pas à régler le problème.

4. Avoir une information, oui, et après ?

Nous sommes tous d’accord sur l’importance pour la population d’être informée de tout ce qui se passe, et plus particulièrement en matière de corruption. Mais, ça ne suffit pas. Il faut aussi développer la capacité de cette population à agir. Avoir une information qu’on n’utilise pas c’est comme pire que n’avoir aucune information. Et c’est ici que revient la question qu’un des panelistes avait posé : « Dénoncer la corruption et autres vices peut vous couter votre boulot. Etes-vous prêt à le perdre ? »

Nous sommes tous dans le même bateau. Soit nous mourrons tous, ou nous nous en sortons tous. Ne pensez pas que vous pouvez vous sauver seul en taisant des telles pratiques. Tôt ou tard, ça vous coutera cher. Quand on a des informations avérées et des preuves de la corruption, n’hésitons pas à en parler ouvertement et… si prudence s’exige, filer les documents a un site web de whistle blowing.

Et vous ??? Pensez-vous qu’il y a autre chose d’important qu’il faut savoir sur la corruption ? Sentez-vous libre de partager en commentaire ici. Tweetez aussi avec le hashtag #CSOForumAbidjan

RDC: la victoire militaire kidnappée!

Des politiciens congolais ont kidnappé la victoire militaire des forces armées de la RDC, FARDC sur les rebelles du M23. Ils en profitent pour leurs intérêts personnels.

Par Gaius Kowene

L'armée Congolaise célèbre sa victoire militaire sur les rebelles du M23

L’armée Congolaise célèbre sa victoire militaire sur les rebelles du M23

« Nous demandons aux populations des zones occupés de se préparer déjà à nous accueillir et hisser le drapeau du Congo. » – Colonel Olivier Hamuli, porte-parole des FARDC

« J’ai rencontré des militaires sur la route de Bunagana. Ils m’ont promis d’en finir avec la rébellion du M23. » – un habitant de Rutshuru

Quelques jours après ces messages, l’armée Congolaise appuyée par la brigade d’intervention de l’ONU chasse les rebelles du M23 de leurs derniers bastions, Chanzu et Runyoni.

 

Ce coup attire les medias qui couvrent cette guerre depuis deux décennies. A côté d’eux, des politiciens.

D’abord, les députés nationaux, « fils du terroir. » Juste après les élections législatives, ils sont partis à l’hémicycle pour y apprendre la vie de luxe : concerts musicaux, voiture qui coutent chers, grosses dépenses inutiles, etc…

Jamais ils ne sont venus consulter leurs bases avant de prendre la corruption pour voter une motion. Jamais ils ne sont venus encourager les militaires au front, ni leur apporter une assistance.

D’ailleurs, certains de ces politiciens sont derrière des groupes armés qui écument l’Est de la RDC, comme le témoigne l’un d’eux.

Maintenant que l’armée a gagné, c’est le moment pour eux de se bousculer et d’organiser des visites à la base, voler un peu du succès des FARDC.

Autre chose qui me tique, même le président Joseph Kabila tombe dans le piège.

Avant son arrivée, des ministres visitent la région, des « missions » de travail qui ont couté beaucoup des millions. Pourquoi ne pas rester dans la capitale Kinshasa et ajouter cet argent comme prime d’encouragement à ces militaires et à leurs familles ?

Vient ensuite une méga délégation du chef de l’Etat pour préparer sa visite. Que des dépenses !

Je croyais même qu’après sa visite les militaires pourront sourire. Mais, croyez-moi, ça n’a pas été le cas !

J’étais un soir à la rédaction de la radio Mutaani FM, quand un militaire vient demander qu’on parle de leurs arriérées de solde comme les festivités de fin d’année approchent !

Pourtant, ce sont ces gens qui se sont battu, essuyant des tirs des rebelles et souffrant des éclats des explosifs sur la ligne de front ! Pourquoi ceux qui étaient bonnement dans leurs bureaux climatisés se sont fait autant d’argent, mais, pas les acteurs même de cette victoire ?

Les politiciens devraient plutôt annuler ces missions et visites touristiques inutiles et donner cet argent à l’armée !

Bon, sur ce point-là, je reste quand même prudent. Il y a armée et armée. Qui sait si l’argent envoyé aux militaires est tombé en venant de Kinshasa parce que l’avion était troué ?

5 points clés du discours de Joseph Kabila au Congrès Congolais

Joseph Kabila, président de la RDC (Crédit photo: radiookapi.net)

Joseph Kabila, président de la RDC (Crédit photo: radiookapi.net)

Le président de la RDC, Joseph Kabila a répondu aux recommandations des concertations nationales dans un discours qui a duré plus d’une heure devant le congrès.

Dans la salle, on notait la présence de deux invites spéciaux : le président Denis Sasu du Congo Brazza et Nkosazana Zuma, chef de la commission de l’Union Africaine.

J’ai choisi pour vous 5 points qui donnent ce que je crois être l’essentiel de ce discours. Je les place ici dans l’ordre chronologique (pas de pertinence).

1. Lutte contre les violences sexuelles

Le président de la République démocratique du Congo a promis de s’investir personnellement dans la lutte contre les violences sexuelles et l’utilisation des enfants soldats. Il nommera ainsi très prochainement un représentant spécial pour s’assurer que les auteurs de ces crimes contre l’humanité et crime de guerre soient poursuivis.

2. Mesure de grâce et ouverture politique

Dans son discours, le président Joseph Kabila a dit avoir signé le matin même une mesure de grâce pour tous les prisonniers politiques. Son objectif: recréer un climat de confiance entre les acteurs politiques.

Ceci va de pair avec son ouverture politique qui sera concrétisée par la création d’un gouvernement d’union nationale. Des membres de l’opposition, de la majorité présidentielle et de la société civile pourront ainsi se mettre ensemble et « prendre du miel du pays ».

3. Imposer le respect du genre et de la parité

Le président de la république a proposé que pendant les élections, les parties politiques présentent une liste des candidats avec 30% des femmes. Sauf qu’être candidate n’est pas la garantie d’être élue. C’est comme ça qu’il demande d’étudier la possibilité de voir comment rendre un siège par circonscription électoral obligatoire pour une femme.

4. Pas d’affairisme ni d’enrichissement illicite

« Quand il faut servir le drapeau et les affaires, le premier finit par en partir », pense Joseph Kabila. Pour lutter contre l’affairisme des militaires ou policiers, la corruption et l’enrichissement illicite des membres du gouvernement, le président Congolais nommera prochainement un conseiller spécial pour s’en charger.

5. Décentralisation progressive

Plusieurs fois, la question de la décentralisation créé des grognes au sein des populations. Joseph Kabila a promis de procéder de façon progressive à l’autonomisation des provinces.

Il compte éradiquer les groupes armés Congolais et étrangers et aussi accorder une attention particulière aux personnes vivant avec un handicap, comme les personnes âgées.

Lire l’intégralité du discours de Joseph Kabila

 

Bravo ! Kery James désillusionne les jeux de la Francophonie 2013

Kery James a interpreté sa chanson Banlieusard aux jeux de la Francophonie à Nice: Victoire de la banlieu, indignation des politiques.

Le rappeur Kery James (Source: Nice matin.com)

Le rappeur Kery James (Source: Nice matin.com)

Samedi soir à Nice, France, s’ouvrait les jeux de la Francophonie en présence des grandes personnalités dont le président Français François Hollande. Les organisateurs ont invité des artistes influents pour colorer la soirée. Mais, le rappeur Français d’origine Haïtienne, Kery James, les désillusionne !

Tout le monde, plus particulièrement les organisateurs, s’attendent à ce que Kery James utilise son talent de Lyriciste Conscient pour les caresser les oreilles. Toujours engagé, Kery James trouve plutôt une tribune efficace pour dire à la France ses vérités.

Sur scène, Kery James interprète la chanson « Banlieusard » ou la phrase « On n’est pas condamné à l’échec » revient souvent. Le président Hollande tout comme sa ministre Yamina Benguigui se retrouvent face à ce que craignaient leurs détracteurs de l’UMP. Kery James applique à la lettre les premières paroles de la chanson qui sont: « Ceux (les Banlieusard) qui ne font pas toujours ce qu’on attend d’eux et ne disent pas toujours ce que l’on veut entendre d’eux ».

Le lyric de la chanson Banlieusard encourage les jeunes à une révolution positive. Des paroles qui gênent comme : « Le système ne m’a rien donné, j’ai du le braver. [……] Mais, l’espoir ne m’a jamais quitté. En attendant des jours meilleurs, j’ai résisté. Je continue encore. Je suis le capitaine dans le bateau de mes efforts. »

Eric Ciotti de l’UMP s’est indigné sur Twitter

Mais, son indignation ne fait pas l’unanimité en France! Une certaine opinion l’accuse de n’avoir pas lu le lyric avant de commenter. Ce texte ne se limite pas qu’ à montrer les failles du Système (qui sont du reste vraies). Il incite les jeunes à se révolter en construisant, pas en détruisant !

Il n’y a pas que Kery James qui a mis à nu les bavures de la France et alliés. Les organisateurs eux même l’ont fait en exposant publiquement leur manque de sérosité. Au départ, la Maison Schengen a rétracté ses griffes en offrant des visas à la première composante de la délégation Congolaise aux jeux de la Francophonie.

Mais, comme le dit un dicton Africain, « Le chien ne peut jamais éternellement cacher sa queue ». Sur 105 demandes de visas, 64 ont été accepté (merci quand même, c’est plus que 50%), mais, 41 refusés. Ces refus de visas sont souvent basés sur des préjugés raciaux non fondé du genre : « Si nous leur donnons le visas, ils vont disparaitre et ne reviendront plus ». Quelle obscénité !

Depuis quand cette maison a-t-elle des devins pour lire la pensée des Africains ?

Pour leur rappeler d’être « Objectif » dans leur travaille, j’ai initié une pétition contre la subjectivité de la Maison Schengen et sa discrimination dans les traitements des demandes de visas. Signez et faites signer #StopSchengen Visa facile pour tous.

Par Gaius Kowene

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Carlos Amevor, ambassadeur du Ghana chez #MondoblogDakar

Carlos Amevor, Mondobloogueur du Ghana

Carlos Amevor, Mondoblogueur du Ghana ( Crédit photo: Mylène Colmar)

Carlos Amevor est un journaliste-blogueur Ghanéen. Il est parmi les 52 Mondoblogueurs ayant suivi la formation #MondoblogDakar. Cette formation en journalisme numérique était organisée en faveur des meilleurs blogueurs francophone issus de la plateforme Mondoblog. Cette interview avec Ziad Maalouf a été diffusée dans l’émission Atelier des Médias Spécial #MondoblogDakar sur les ondes de la Radio France internationale, RFI.

ZiadMaalouf (Z.M):Salut, Carlos Amevor!

Carlos Amevor (C.A):SalutZiad! Salut RFI !

Z.M: Toi tu blogues depuis le Ghana. Tu es le seul représentant de l’Afrique anglophone ici dans la formation #MondoblogDakar. Je dis le seul, parce que même s’il y a des Camerounais ici, leur pays est à la fois francophone et anglophone.

Tu es Ghanéen et Togolais de nationalité. Pourquoi d’abord avoir choisi de bloguer en français, mais pas en anglais. Pourtant tu maitrises les deux langues !

C.A : Tu l’as dit, le Ghana est un pays anglophone. Il nous faut ouvrir les yeux du monde francophone pour savoir réellement ce qui s’y passe. Vous n’êtes pas sans savoir que le monde entier parle du Ghana comme modèle démocratique……

Z.M : C’est le pays qui est le plus cité sur le continent en exemple pour son développement à tous les niveaux.

C.A : …. Et qui sert aujourd’hui de locomotive pour l’Afrique. Mon blog est comme une fenêtre ouvrant les yeux francophones sur le Ghana.

Z.M : Tu veux être un passeur de ce qui se passe au Ghana vers le public francophone qui est rarement bon anglophone. Qu’est-ce que tu aimes raconter sur ce pays dans ton blog ?

C.A : Sur mon blog http://ghana.mondoblog.org , je parle d’abord de la politique ; parce que cette réussite passe d’abord par le politique. Dans un pays où la situation politique est chaotique, rien ne marche. Montrer ce qui se passe chez moi sur le plan politique peut inspirer les autres blogueurs ou politiciens francophones en Afrique.

Z.M : Toi, tu fais partie des nombreux blogueurs qui combinent ce métier avec le journalisme. Quelle relation vois-tu entre ces deux activités ?

C.A : Pour moi, c’est une relation de complémentarité. Dans le monde anglophone, nous mettons l’accent plus sur les faits tels quels. Mais, quand je lis d’autres Mondoblogueurs francophones, je réalise qu’on peut aussi ajouter ses propres commentaires. A mon niveau, je combine ces deux manières pour sortir quelque chose de spécial sur la plateforme Mondoblog.

Z.M : Tu parles du Ghana sur Mondoblog pour faire connaître le pays. Comment tu vis cette aventure depuis ton pays, le Ghana ?

C.A : Je vous avoue que c’est une très grande joie pour moi de voir des gens venus de partout. Etre cultivé, c’est puiser de partout ce qui est intéressant pour en faire un tout.

P.S : Le prochain billet reprendra le passage du Mondoblogueur camerounais Florian Ngimbis dans l’émission Atelier des Méias Spécial Mondoblog Dakar. Florian parlera de son aventure avec un taxi à Dakar, au Sénégal.

RDC: « Désarmez-vous, même si on ne fera rien! »

 

Cette annonce du commandant en chef de la force de la Mission Onusienne en RDC, MONUSCO, a fait la une de la presse tant nationale qu’internationale. Pour la population, la diffusion de ce communiqué à la Radio est perçue comme signe précurseur des interventions offensives de la Brigade d’Intervention de l’ONU. Mais, en sera-t-il vraiment ainsi ?

Tout d’abord, il faut bien relire le contenu dudit communiqué : rien n’indique qu’après l’ultimatum la Brigade d’intervention attaquera les groupes armés actifs dans la région. Ce qui changera, c’est tout simplement la façon de considérer les porteurs d’armes dans cette zone. Ils seront maintenant considérés comme un danger pour la population civile. Et avant l’ultimatum ? N’étaient-ils pas un danger ?

On pourrait facilement en déduire un mea culpa de la MONUSCO. Peut être, une façon de reconnaitre l’erreur d’avoir été gentil avec les porteurs d’armes dans cette zone depuis tout ce temps ! Selon la MONUSCO, quelques personnes civiles et membres des groupes armés ont commencé à obtempérer. Malheureusement, jusqu’au moment de la publication de cet article, aucune statistique (même approximative) n’est disponible.

Un habitant de Goma s’interroge sur la cible prioritaire de cette Brigade: « Je croyais que cette fameuse Brigade est venu combattre des groupes armés. Mais là, j’ai l’impression qu’il commence à s’occuper plutôt des petits voleurs des quartiers de Goma. »

Ce communiqué annonce aussi la création d’une « Zone de sécurité » dans la région de Goma et Sake. Pourquoi ce choix ? La MONUSCO répond : « Parce qu’il y a plus d’un million des civils dans ces zones sous menaces d’attaques des groupes armés. Parmi ces personnes figurent aussi des déplacés de guerre dans différents camps et sites spontanés.»

Voila ce qui énerve un journaliste venu du territoire de Rutshuru, zone sous contrôle de la rébellion du M23. « Voulez-vous nous faire croire que la population de cette zone est beaucoup plus en danger que celle vivant dans des zones sous occupations rebelles ? Se questionne-t-il. Parce que chez moi a Rutshuru, la MONUSCO ne fait que le monitoring des exactions contre les civiles sans aucune action concrète pour les empêcher. » Ce journaliste dit ne plus savoir comment calmer les jeunes de ce territoire, dépassée par ce  « laxisme » perpétuel de la MONUSCO.

A sa question, la réponse de la MONUSCO était simple : « N’est-ce pas qu’en cas d’attaque la population vient se réfugier dans nos bases ? Donc, elle nous fait confiance ! » Mais, le journaliste international Jean Dumont Michel fait un constat : cette zone ne couvre que l’espace déjà conquit par les Forces Armées de la RDC, FARDC, et n’atteint même pas la ligne de front.

 

C’est ici que la MONUSCO donne des précisions qui ne figurent pas dans son communiqué sur l’ultimatum. Elle renseigne que cette opération n’est pas offensive, mais juste dissuasive. « L’objectif est de créer une base arrière sécurisée pour permettre aux FARDC de lancer sans crainte ses attaques contre les groupes armés dont le M23. »

Cet éclaircissement arrive quand l’ultimatum avait déjà créé des gesticulations au sein de certains groupes armés. Pour le M23, par exemple, la frayeur  s’est fait sentir même chez ses parrains Rwandais et Ougandais. Témoins ces Tweets d’Olivier Nduhungirehe, représentant permanent du Rwanda a l’ONU.

 

Dépassé les 48 heures (qui expirent Jeudi premier Octobre 2013 à 14h GMT), la Monusco ne croisera pas les bras. Felix Prosper Bass, porte-parole militaire de la MONUSCO renseigne que des bouclages et fouilles pourront être organisées pour traquer tous les récalcitrants. Toute fois, pas d’opération offensive pour l’instant.

Les groupes armés peuvent donc prendre leur temps pour se réorganiser et se ravitailler en vue de faire face aux attaques prochaines de la Brigade d’intervention de l’ONU.

Par Gaïus Kowene

RDC: si Goma panique, qui profite?

La presse couvrant l'investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo

La presse couvrant l’investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo (Credit photo: Gaius Kowene)

« Vous devez immédiatement rentrer chez vous à la maison et rester prudent. La situation n’est pas bonne dans la ville. »

« Nous pouvons entendre des détonations. Il y a la guerre ici ! »

Ce sont la quelques une des phrases que vous pouvez entendre dans la ville de Goma, dans l’Est de la RD Congo. Elles se transmettent rapidement de bouche à oreille, via messageries sms et surtout sur les réseaux sociaux. Qui est a l’origine de cette psychose ? Avec quel intérêt ? Comment éviter de se faire manipuler pour des intérêts égoïstes ?

Depuis plus d’une décennie la province du Nord Kivu est en guerre. Des affrontements opposent différents groupes armés nationaux et étrangers.

Mais cette guerre n’est pas que militaire. Elle est médiatique et surtout psychologique. Des groupes armés en profitent pour dominer le mental des habitants et les faire oublier de résister.

Comment crée-t-on cette panique ?

Ces groupes armés utilisent plusieurs méthodes pour atteindre cet objectif. Je ne vais en citer que trois (3).

La première, celle qui réussit souvent est d’alerter les medias les plus suivis de Goma. Leur sympathisants envoient des messages aux medias et se disent prêt a témoigner de la situation qui prévaut dans leur région. Mais, en réalité, ils ventent ces groupes armés, donnent aux gens l’idée qu’ils sont  hyper forts, lourdement armés, bref, invincible !

Malheureusement, il y a de ces journalistes qui se précipitent pour diffuser des scoops, sans prendre le temps de traiter comme il se doit l’information. C’est un témoignage de la base, oui, mais qui est derrière ? Avec quel intérêt ? En journalisme, aucune information ne doit être prise pour argent comptant ! Même si elle vient des « bouches autorisés ». Quand le journaliste ne fait plus son travail de traitement sérieux de l’information, les belligérants savent le manipuler pour qu’il leur serve de haut parleur. Ainsi, il les aide (consciemment ou pas) à atteindre leur objectif : Dominer d’abord l’esprit des habitants et leur corps ne fera que se soumettre.

La deuxième méthode utilisée pour créer cette psychose, c’est de se fabriquer des mythes et les diffuser par la voie des réseaux sociaux et le bouche à oreille. Tel officier à échapper a une tentative d’assassinat, Tel General est mortellement blessé (après on le voit en bonne santé), Tel groupe projette d’attaquer tel jour, autant des membres de telle milice se sont déjà infiltrés a un tel endroit, etc…

Parfois c’est vrai. Mais, souvent c’est une façon de créer le débat en ayant déjà corrompu la façon de raisonner de la population. Du coup, elle panique et donc, se prépare à se soumettre à une nouvelle « autorité ».

La troisième méthode est de créer une incompréhension qu’on fera semblant de maitriser après. Cette technique marche toujours. Les journalistes qui font du News y sursautent : appels téléphonique, déplacements pour interview, etc….

Pendant ce temps, la population croit qu’il y a une Vrai incompréhension vu qu’il y a mort d’hommes. Oui, il y a mort d’hommes ; mais lesquels ? Des gens dont on a plus besoin, des gens d’une ethnie dont on veut se débarrasser, des gens « inutile » pour eux. Qu’ils meurent ou pas, ca n’affectera en rien le groupe armé. Au contraire, ca déplace des populations, ce qui oblige les humanitaires a intervenir et donc, a parler du groupe Rebel aux plus hauts niveaux.

Des mains noires bien connus sont derrière cette psychose qui règne dans la ville de Goma. Ils le font pour leur intérêt bien connu.

Se permettre d’amplifier cette panique, c’est accepter de servir d’idiot utile a ces personnes bien connus.

Par Gaïus Kowene

RDC: « Il y a des détournements qui sont couverts »

Les éléments Mai Mai Morgan actif dans le Mambassa. Source: kigaliconnect.com

Les éléments Mai Mai Morgan actif dans le Mambassa. Source: kigaliconnect.com

Les jeunes Congolais se plaignent de ne pas voir les fruits de travail de leurs élus. Ils les accusent de privilégier des intérêts personnels ; oubliant les promesses faites pendant la campagne électorale. Certains jeunes pensent même que les députés alimentent les conflits armés dans l’Est de la RD Congo.

Nous avons approché le député national, l’honorable Abdallah Pene Mbaka, élu du territoire de Mambasa, en Province Orientale.

Les jeunes ont raison

Il renseigne que ce problème existe depuis longtemps. « Lorsque je grandissait, tous ceux qui étaient élus au nom de Mambasa ne voulaient pas rendre de compte à la population, se souvient-il. Il y avait un vide de leader. » Ce constat l’a poussé à se lancer dans la politique pour tenter d’inverser la courbe.

D’abord administrateur de territoire en 1996, puis député élu en 2011, Il dit comprendre les réclamations de la jeunesse. Mais, il appelle à la prudence : « Les jeunes peuvent avoir raison de penser que certains sont parti pour leurs intérêts. Mais de là, globaliser serait aussi une erreur de généralisation. »

Pas au four et au moulin

Mais pourquoi ne tiennent-ils jamais (ou presque) leurs promesses électorales ?

Abdallah Pene Mbaka jette la balle à l’exécutif dont il dénonce le laxisme face aux détournements des deniers public. « Il y a beaucoup des choses que j’ai demandé à l’exécutif pour ma base, mais ça traine, se plaint-il. Il y a des détournements qui sont couverts. » Il estime avoir fait sa part en dénonçant et appelle la justice à faire son travail. Il se justifie : « Le député ne peut pas être au four et au moulin. »

Des politiques complices

Bien qu’il ne confirme pas ouvertement la complicité des politiques dans la crise à l’Est, il avance sa réflexion dans le même sens que les soupçons des jeunes Congolais. Exemple typique : Le chef rebelle en territoire de Mambasa, Morgan, a  le soutient de certains politiques du milieu. Pour le prouver, l’honorable Abdallah Pene Mbaka nous renvoie à l’histoire de ce Chef rebelle qui terrorise la population et les animaux : « Morgan fut un braconnier ; plusieurs fois arrêté et plusieurs fois relâché. Certaines autorités se servaient de lui pour avoir clandestinement l’ivoire et la viande d’éléphants. Petit à petit, il est devenu nuisible pour toute la communauté. »

En matière de bonne gouvernance, l’honorable député est direct : « Il n’y a pas de bonne gouvernance a Mambasa. Les contribuables paient des taxes, mais ne voit pas de contrepartie. »

Par Gaïus Kowene

RDC, sur la voie de la RCA?

François Bozize, ancien président Centrafricain déguerpi par la coalition rebelle Seleka. Source: 20min.ch

François Bozize, ancien président Centrafricain déguerpi par la coalition rebelle Seleka. Source: 20min.ch

« La situation en République Centre Africaine nous inspire et montre à Kinshasa ou ses agissements peuvent l’amener. » Voilà ce que disait Jean Marie Runiga en début Janvier 2013, dans un point de presse à Bunagana (à la frontière entre la RDC et l’Ouganda). A l’époque, il était président de la rébellion mouvement du 23 Mars, M23. C’était juste avant la reprise des négociations avec le gouvernement de Kinshasa à Kampala, en Ouganda.

Le scénario en RDC, bien que dans un contexte différents, risquerait peut être un jour d’être le même qu’en RCA. Pourquoi ?

Tout d’abord, en RCA, une coalition des groupes rebelles prend les armes et contrôle la plupart des villes du pays. En RDC, cela a été le cas avec le M23 (qui a aussi fait alliance avec plusieurs autres groupes armés d’auto-défense). Ce mouvement rebelle a contrôlé pendant une dizaine des jours la ville de Goma, capitale provinciale du Nord Kivu.

En centre Afrique, les rebelles menaçaient de renverser le pouvoir en place, s’il ne négociait pas ou ne respectait pas les accords. En RDC, Vianney Kazarama, porte parole militaire du M23 l’a dit (par mégarde, je présume). « Nous irons jusqu’à Kinshasa pour chasser ce type (Joseph Kabila), a-t-il dit. Qu’il nous laisse notre pays après l’avoir détruit, et qu’il aille aussi mourir comme Mobutu. » C’est par après que l’actuel président du M23, Bertrand Bisimwa, à l’époque porte parole politique viendra temporiser dans les médias : « Nous n’avons l’intention de renverser personne, nous ne sommes pas entrain de mener un mouvement de libération. Nous ne faisons que revendiquer ce dont les Congolais ont besoin. »

Le gouvernement de la Centre Afrique, avec à la tête l’ex président François Bozize a accepté de négocier avec les rebelles.  Des concessions ont été faites, un accord de paix était signé et une force neutre était déjà en RCA. Pour la RDC, les négociations ont eu lieu à Kampala et se poursuivront. Certaines concessions sont et  d’autres seront encore faites. De là viendra, probablement, un accord de paix. Au même moment, une force internationale neutre (Brigade d’intervention, selon l’ONU) sera mise en place.

Comme la situation en RDC continue à se développer, le scenario arrêté momentanément à cette scène. Mais sous coulisses, il se poursuit.

L’une des possibilités est le semblant de sympathie dont certains Chefs d’Etat de la région ou du monde font l’objet de la part du président Congolais, Joseph Kabila. Ils ont fait ce même semblant avec le Centre Africain François Bozize pour le lâcher à la dernière seconde. Cela se dessine déjà avec le double jeu de l’Ouganda et du Rwanda accusés par l’ONU de soutenir les rebelles du M23. Les USA entrent aussi dans le double jeu avec des semblants de condamnations du Rwanda et de « bonne volonté » dans l’affaire Ntaganda. Au même moment, ils continuent à soutenir clandestinement le Rwanda pour qu’il arme les rebelles du M23 en RDC. Le président Denis Sasu, du Congo Brazza voisin, aussi dans le jeu de cache-cash. Qui oublie sa position face au régime Kabila avec l’Affaire du General Faustin Munene ?

Conclusion: Accord de paix, force internationale neutre n’ont pas empêché le régime de Bozize de s’écrouler. Le Congolais Joseph Kabila doit donc rester prudent.

La complicité de certains membres du gouvernement avec des groupes rebelles partout dans le pays (récemment au Katanga avec des mouvements sécessionnistes) fragilise de plus la capacité du régime Kabila de résister à un tel coup.

S’il ne fait pas partie du jeu de cache-cache de ses pairs, le président de la RDC Joseph Kabila risque de se retrouver pris dans le piège sans la possibilité de bouger. Le scenario Centre Africain pourrait se répéter en RDC d’une façon ou d’une autre. Tout comme celui de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda se répète.

Par Gaïus Kowene