5 erreurs graves des fous amoureux

Ce billet explique aux actuels ou futurs fous amoureux quels erreurs éviter pour une vie épanouie, peu importe la suite de sa situation.

Par Gaïus Kowene

Les amoureux de Saint Mathieu

 

Il y a quelques semaines, pour la première fois de ma vie, je suis tombé fous amoureux d’une fille. Bien que gardant toutes mes facultés mentales en marche, je ne me suis pas reconnu. J’avais l’impression de vivre dans un chaos organisé que personne autour de moi ne pouvait comprendre. Comme mon amour pour cette fille était plus fort que moi, j’ai fourni des efforts impossibles pour lui exprimer ce que je ressentais.

C’est vrai que ça n’a pas marché, mais, je crois avoir beaucoup appris de cette première experience. Raison pour laquelle j’aimerais partager des leçons apprises avec tous ceux qui sont ou pourront tomber fous amoureux un jour.

Je ne cesserais de le dire : mes billets de blog ne sont pas des paroles d’évangiles à avaler sans mâcher. Je ne fais que parler de mon expérience et aimerai bien avoir votre avis aussi sur le sujet.

Alors, pour aller droit au but, voici les 5 erreurs graves que j’ai commises pendant la recherche de ma moitié perdue, ou âme-sœur, comme le disent certains. Et, vous savez, si quelqu’un a appris de ses erreurs, ce ne sont plus des erreurs. Mais, plutôt, des expériences nécessaires pour mieux avancer.

1. Sortir de sa fréquence (agir par la peur)

Personnellement, je crois que tout l’univers fonctionne sur base des fréquences, un peu comme la radio ou la télévision. Si je veux avoir une certaine personne dans ma vie, je n’ai pas à courir le monde entier pour l’avoir. Il me suffit de me connecter sur sa fréquence et automatiquement, cette personne sera là (Vous n’êtes pas obligé à croire la même chose).

Malheureusement, quand j’ai vu que mon rêve commençait à se réaliser, j’ai paniqué. Une réaction tout à fait normale pour un humain. J’ai commencé à avoir peur de perdre cette personne. Poussé par cette peur, je me suis précipité à l’avouer mes sentiments tout en sachant que c’était précoce et qu’à ce stade, j’avais zéro chance de réussir.

Pour tirer une leçon de cette erreur, je me suis posé un certain nombre des questions :

 »Cette personne m’a dit qu’elle n’était pas sur de vouloir rester au Congo. Qu’est-ce que j’ai fait pour qu’elle décide de revenir et plus précisément dans ma ville? Rien. Qu’est-ce que j’ai fait pour qu’elle soit exactement là où je suis et qu’elle me fasse un peu confiance ? Rien. Alors, pourquoi essayer de faire quelque chose maintenant alors que je n’ai rien fait dès le début ? »

Je n’avais pas compris qu’en ne faisant rien, je faisais en fait quelque chose de très puissant. J’utilisais le pouvoir de l’imagination. Et ça marchait déjà, parce qu’elle etait la, devant moi. Mais, seulement parce que j’avais peur de la perdre, je ne me suis pas rendu compte que je sortais de ma fréquence ou elle s’était déjà connectée. Donc, je la perdais volontairement, mais inconsciemment.

2. Confondre l’amour à l’attachement

En parlant de cette partie, je me souviens qu’elle m’a une fois dit :

« Gaïus, j’ai comme impression que tu es très formel et aime beaucoup mettre les chose sur une ligne droite. »

En fait, oui, elle avait raison, sauf que je ne m’étais pas encore rendu compte. J’ai oublié qu’aimer quelqu’un n’est pas synonyme de s’attacher à cette personne. Selon l’auteur Américain Deepak Chopra, aimer quelqu’un c’est le laisser libre de ne pas ressentir ce que vous ressentez pour elle.

En d’autres termes, je n’ai pas besoin de l’autorisation de quelqu’un pour l’aimer. Elle peut être d’accord ou pas, mais, je suis le seul à décider de ce que j’aime ou pas. Tandis que pour s’attacher à quelqu’un, on a besoin de l’accord de cette personne. Un pari perdu d’avance parce qu’on a aucun pouvoir sur la personne. Elle est la seule à décider avec qui elle veut ou ne veut pas être.

Interview de l’auteur Americain Deepak Chopra sur l’âme-sœur

Autre chose, si vous vous attachez à quelqu’un, c’est comme si vous braquez votre torche droit dans ses yeux. Comment voulez-vous qu’elle regarde votre visage ? Comme le soleil, laissez votre lumière briller et éclairer tout le monde. C’est comme ça qu’elle vous verra (peut être plus facilement).

3. Trop réfléchir au lieu ressentir

Ça, ça arrive souvent quand on est seul, dans son moment d’intimité avec soi-même. Là, tu commences à philosopher, à disséquer toutes les phrases qu’elle a dites et essayer de deviner ce qu’elle pensait en le disant. Le problème ici c’est que toutes tes conclusions seront basées sur des expériences passées d’autres personnes et non sur ce cas spécifique. Pour mon cas, chaque fois que je méditais le soir, je sortais toujours avec des hypothèses bizarres du genre :

« Soit cette fille ne m’aime pas et elle veut juste être gentille parce qu’elle a peur de me blesser ou c’est une fille qui m’aime bien, a de l’expérience, mais, ne veut pas seulement répéter ses erreurs du passé. »

J’ai commencé à planifier mes actions sur base de mes réflexions tout en sachant que je ne savais pas grand-chose sur ce qu’elle pensait. Pourtant, si on ferme un peu la bouche de son cerveau et qu’on laisse nos émotions nous dire ce qu’aucun mot ne peut exprimer, nous comprendrons beaucoup plus qu’en argumentant des blah blah blah.

Quand je l’avais compris, je me suis promis de trop ressentir et peu réfléchir. Et je me souviens même le jour où elle m’a dit qu’elle préférait qu’on reste amis, je lui ai fait faire la même promesse. Qu’elle le respecte ou pas, je voulais seulement qu’elle y pense un peu. Parce que notre société actuelle nous encourage à faire usage de la « raison » et ignorer notre « intuition ».

Ne pensez à rien ! Juste ressentez ce que vous ressentez pour la personne, peu importe les circonstances. Laissez vos sentiments vous dire ce qui se cache au fin fond de vous au lieu d’essayer de vous consoler par des raisonnements qui ne tiennent pas debout.

4. Se mettre inutilement la pression

J’écris ceci en riant, parce que je la revois encore en train de me demander :

 « Gaius, tu me dis que tu as bien compris que je veux seulement rester ton amie. Pourquoi alors tu insistes ? »

Comme moi pendant ce temps, beaucoup des fous amoureux se mettent d’abord trop de pression sur eux même. Et quand ils voient que ça ne marche pas, ils commencent à mettre pression sur l’autre.

J’ai appris qu’en vous mettant trop de pression pour rien, vous pensez que vous êtes obligés à faire ceci ou cela. Vous pensez que si elle ne dit pas oui, c’est que vous avez échoué. Vous pensez que c’est anormal qu’un humain ne comprenne pas votre situation.

Oui, d’accord ! Mais, en vous mettant trop de pression, vous n’améliorez rien. Vous fatiguez vos nerfs inutilement et gaspillez une énergie qui pouvait vous aider à faire autre chose.

Laissez la rivière couler ! Si vous avez de la matière pure, elle résistera à l’épreuve du feu. Vous mettre trop de pression ou essayer de la mettre trop de pression en insistant ou en la menaçant ne vous aidera à rien. Je me répète, laissez la vie vous amener vers ce qui vous appartient. Et pour ça, vous devez être prêt à accepter de laisser tomber ce qui n’est pas à vous (même si vous pensez que c’est exactement ce que vous vouliez).

5. Dire non à sa propre vie

Cette situation m’est arrivée quand j’étais dans la phase ou j’attendais la réponse de la fille et commençais à pressentir que ça ne marcherait pas. Effectivement, après, elle est venue me dire que ça ne marchait pas.

Tout en acceptant sa décision, à un moment je commençais à croire naïvement qu’elle était en train de tester ma patience. J’ai compris que ce n’était pas le cas. Si elle dit non, ça signifie tout simplement non et rien de plus.

D’où, je ne peux pas m’empêcher de vivre ma vie seulement parce que j’espère qu’un jour elle changera d’avis. J’ai compris que je ne dois pas dire non à ma vie à cause d’une personne qui a dit oui à la sienne.

J’ai compris que ma vie est trop courte et surtout précieuse. Je devais la passer à profiter de chaque seconde plutôt que de la gaspiller en attendant un oui qui n’arrivera jamais.

Je me rappelle les paroles de Lisa Nichols qui a dit que dans cette vie, chacun dispose d’un cahier ou il écrit ce qu’il désire vivre. Cette fille a le droit d’écrire dans son cahier tout ce qu’elle veut. Le simple fait qu’elle me montre ce qu’elle a écrit dans son cahier ne m’oblige pas à copier la même phrase dans le mien.

J’ai encore mon cahier, j’ai encore mon stylo. C’est à moi de décider ce que je veux écrire ou pas dans mon cahier. Comme elle est libre de décider de ce qu’elle veut vivre, je suis aussi libre de décider de ce que je veux faire de ma vie.

Donc, chers fous amoureux, ne vous empêchez pas de profiter de chaque seconde de la vie parce que vous attendez que quelqu’un ai pitié de vous et change d’avis (un jour). Ça n’arrivera jamais. Le seul moyen sûr d’être heureux, c’est de se donner ce bonheur au lieu de l’attendre de qui que ce soit.

Interview de Lilou Mace, coach en développement personnel, sur l’importance de se donner autant d’amour que possible.

Et vous ? Avez des leçons apprises comme ça de la vie que vous aimeriez partager avec nous ? Laissez-nous un commentaire.

RDC – Culture: Le meilleur du #SKIFF2013 à Goma

Le groupe de danse Arsenic Dance Crew sur scène au #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Le groupe de danse Arsenic Dance Crew sur scène au #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Du 05 au 14 Juillet 2013, le centre Yole!Africa a organisé  à Goma la 8eme édition du Salaam Kivu International Film Festival, SKIFF, sous le thème Uhaki – Justice. Des ateliers de formation aux projections quotidiennes des films, en passant par la compétition de danse, toutes les activités de ce festival rassemblaient du monde. (Programme officiel)

 

Regarder une video qui parle du SKIFF

 

Une diversité des  invités spéciaux

Présentation des invités spéciaux pendant la soirée d'ouverture du #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Présentation des invités spéciaux pendant la soirée d’ouverture du #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Ce festival a reçu des nombreux invités spéciaux venu des différents pays. Nous citons par exemple le Cinéaste Canadien Matthieu Roy dont le film Surviving Progress était en vedette dans la soirée d’ouverture, La journaliste Canadienne Fawzia Fall qui a animé des ateliers de radio journalisme, le Français Alain Canonne qui y a accompagné le rappeur Congolais Lyke Mike, l’activiste Kenyan Ndungi Githuku qui a présenté des films Kenya et a eu un concert avec live avec le Rwando-Jamaicain Natty Dread, le chorégraphe Ougandais Rogers Massaba qui a formé les jeunes en danse, etc… Difficile de finir la liste sans parler de l’artiste comédien Congolais Mira Mikanza dit Koko Swing qui a plusieurs fois égayé le public. Les cinéastes Américains Lynn True et Nelson Walker, organisateurs du festival Congo in Harlem, ont formé en film documentaire.

Des rencontres enrichissants

Des participants à la rencontre Approche de l'autre pendant le #SKIFF2013 (Crédit Photo: Ndungi Githuku)

Des participants à la rencontre Approche de l’autre pendant le #SKIFF2013 (Crédit Photo: Ndungi Githuku)

Des rencontres d’échanges étaient aussi de la partie. C’est le cas de « L’approche de l’autre » qui s’est focalisée sur la question de savoir si la justice était liée à la paix dans le contexte de la RDC. Des membres des différentes organisations de la société civile ont participe a ces échanges répondant par l’affirmative a la question. Pourquoi ?

L’impunité ne se fait plus chercher en RDC. « Il ne suffit pas de condamner l’actuelle impunité en RDC en oubliant d’où elle est venu », fait remarquer Petna Ndaliko, fondateur du centre Yolé!Africa et directeur artistique du festival. Fidel Bafilemba, activiste et chercheur chez Enough project explicite cette remarque. « Le roi barbu Belge Léopold 2 a coupé les mains des Congolais et les a massacré, explique-il. Mais, il est resté impuni. L’Union Européenne l’a plutôt récompensée en installant son siège à Bruxelles. » Parmi les participants, on note la présence de l’abbé Roger Mpongo venu de Bukavu, en province du Sud Kivu.

Une autre rencontre du genre, le « Nyavu congress ». Ce réseau d’artistes et activistes de la région des grands lacs a été l’occasion de passer en revu les activités des initiatives membres dont Amka Afrika.

Des films captivants

Pendant la soirée Kenyane, 2 des 3 films projettes ont captive le public. Il s’agit de Nairobi Half life de Tosh Githonga et de « In search of my father » de Ndungi Githuku. Le premier film décrit l’histoire d’un jeune villageois qui rêvait de devenir acteur et atteindra ce rêve malgré les difficultés impossibles. Le deuxième accompagne Marie, la fille de J.M Kariuki, qui va rencontrer des personnes qui connaissait son père avant qu’il ne soit assassiné par le pouvoir de Moi Kibaki.

Pochette du film Mabele na biso lancé officiellement le Mercredi 10 Juillet 2013 pendant le SKIFF (Crédit photo: Gaïus Kowene)

Pochette du film Mabele na biso lancé officiellement le Mercredi 10 Juillet 2013 pendant le SKIFF (Crédit photo: Gaïus Kowene)

Le moment spécial de ce festival, le lancement officiel du documentaire Mabele na biso (Ndlr : Notre terre) de Petna Ndaliko. Ce film parle d’une radio financée par les cotisations de la population locale, pour donner matière à réflexion sur la notion de l’indépendance sans mentionner le colonisateur. S’en est suivi un débat houleux sur l’aide humanitaire et son impact en RDC. Les participants ont décrié le caractère perpétuel de l’assistance humanitaire qu’ils ont qualifiée d’un business lié à celui de la guerre.  « Nous ne sommes pas la pour résoudre les problèmes de ce pays, riposte Caroline Peguet, humanitaire paneliste au débat. Notre travail se limite à soulager les souffrances humaines et à répondre aux urgences en cas de guerre ou de catastrophe naturelle. »

Le local devient l’international

La soirée Congo film Focus a mis à l’honneur 6 films de la ville de Goma. Rich boys, l’exemple de Moimi Wezam sensibilise sur la considération des personnes handicapés, Ca m’apprendra de Franc Escargot met en garde les parents qui portent plainte précipitamment contre les amants de leurs filles sur base des imaginations. Les internautes d’Abdoul Bahizi expose la problématique d’accès à l’internet dans la ville de Goma pendant que Scenario de Muhindo Abraham montre le passage du rêve à la réalité. Le film Plus jamais de Richard Thumito sensibilise les maries a la fidélité conjugale et Sara de TD Jack peint le portrait d’une fille débrouilleuse aux ambitions gigantesques.

A la fin de la compétition de danse, les 3 meilleurs groupes de danse de l’année sont : Rihna Crew, Magic Dance et Street Dancers.

La cérémonie de clôture se tient ce Dimanche 14 Juillet 2013 au centre Yole!Africa. Des jeunes musiciens talent de la Jam session monteront sur scène suivi de Mira Mikanza pour sa comédie. Ensuite, les formateurs et étudiants feront une restitution de ce qu’ils ont fait pendant les 10 jours de festival.

Par Gaïus Kowene

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MIGRATION : Un blogueur Congolais pétitionne contre la Maison Schengen

Le blogueur Congolais Gaïus Kowene, qui anime le blog Amka Afrika appel tous les internautes à signer  et à faire signer la pétition #StopSchengen : Visa facile pour tous.

Bannière de la pétition #StopSchengen: Visa facile pour tous

Bannière de la pétition #StopSchengen: Visa facile pour tous

Instigateur de la pétition, Gaïus veut persuader la Maison Schengen à revoir sa façon de traiter les demandes de visa Européens déposées par les Africains.

‘’Refuser le visa aux Africains sur base des préjugés raciaux  est immoral,’’ dit-il avant de renchérir : ‘’ Cette pratique bloque le partage d’expérience entre l’Afrique et Europe. Elle encourage la migration clandestine en créant une crise de confiance en la Maison Schengen.’’

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Dans un communiqué de presse, Gaïus Kowene explique que l’objectif de sa pétition n’est ni d’exiger la fermeture de la Maison Schengen, ni la suppression des visas entre l’Afrique et l’Europe.

Convaincre la Maison Schengen à traiter avec sérieux les demandes de visa des Africains et rembourser l’argent pour les visas refusés est sa seule visée.

Tout le monde peut signer cette pétition en tapant dans Google #StopSchengen pétition visa facile Africain

Amka Afrika

RDC : Le Mwamba, la confiture Kinoise

Mwamba confiture arachide  Kinshasa

Une femme entrain de mettre du Mwamba dans un pain à Kinshasa, RD Congo (Crédit photo : Gaïus Kowene)

L’arachide aide les habitants de Kinshasa à donner naissance à une confiture pas compliquée : le Mwamba. Voici leur méthode de fabrication. Par Gaïus Kowene, à Kinshasa (RDC).

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RDC : Nouveau test d’indépendance de la justice

La police Nationale Congolaise entrain de vouloir disperser une des manifestations du mouvement Lucha à Goma, RD Congo

La police Nationale Congolaise entrain de vouloir disperser une des manifestations du mouvement Lucha à Goma, RD Congo

Des jeunes manifestants Congolais du mouvement Lutte pour le changement, LUCHA, ont déposé ce 27 Février une plainte contre un officier de police.

Dans une lettre adressée au Procureur Général près la cours d’appel du Nord Kivu, l’avocat de ce mouvement demande des poursuites judiciaires et sanctions exemplaires en l’encontre du Major Mulamba, commandant du Groupe Mobile d’Intervention à Goma. Ils l’accusent d’avoir copieusement battu une vingtaine des jeunes, membre de la LUCHA, pendant un sit-in la nuit du 21 Février 2013, aux bureaux de l’assemblée provinciale. Cette même nuit, il a extorqué avec ses hommes des téléphones portables, un appareil photo, des bâches et d’autres effets nécessaires pour leur sit-in. Tout ceci a été emporté dans le véhicule de la police.

Ces jeunes pensent avoir raison de réclamer ce droit comme leur manifestation n’était pas illégale. « Nous n’avions barré ni la route, ni les portes du bureau de l’assemblée provinciale, se justifie l’un d’eux. Nous avions informés les autorités comme prévue par la constitution. »

La justice Congolaise est de nouveau devant test de son degré d’indépendance et son niveau de démocratie. Il arrive des fois que les trafics de l’influence classent sans suite des dossiers pareils ou mènent à des sentences qui ne s’exécuteront jamais.

C’est une occasion de reconstruire (ou pas) la confiance des Congolais en leur justice. L’avenir nous en dira plus.

Par Gaïus Koowene

Nord Kivu: Une guerre de production agricole?

Un champ de culture à Vuyinga, au Nord Kivu

Un champ de culture à Vuyinga, au Nord Kivu

La guerre dans l’Est de la RD Congo serait une guerre de production agricole : voilà ce que pensent les habitants de Rutshuru et Masisi, en province du Nord Kivu. La plupart d’attaques des groupes armés ont lieu en période de récolte. Ces attaques occasionnent le déplacement de la population qui ne peut plus aller récolter. Les produits qui échappent aux pillages des hommes en arme pourrissent dans les champs.

Face à cette triste situation, des humanitaires et payants mettent en place des solutions palliatives.

La population a changé les cultures et perturbé le calendrier de récolte. Certains plantent présentement du Soja en lieu et place du haricot (plus consommé que le Soja). D’autres ont remplacé leurs champs des tubercules (patates douces, maniocs, etc…) par l’arachide (qui prend plus de temps pour être récolté).

La population a volontairement perturbé le calendrier de culture en semant avant le 15 Février 2013. Ceci la permettra de récolter en mai, au lieu de Juin (mois ou il y a des nombreuses attaques des groupes armés).

Les humanitaires, eux, optent pour le renforcement des capacités de résilience des populations. Ceci consisté à donner aux populations la capacité de répondre rapidement au besoin alimentaire même après pillage des récoltes.

Le cash and Voucher est une façon de renforcer le secteur de production locale. Dans ce système, le Programme Alimentaire Mondiale donne aux déplacés ou retournés des jetons. Avec ces jetons, ils peuvent acheter une certaine quantité d’aliments de leur choix dans une foire dédiée à cette fin.

L’inconvénient de ce système est qu’on ne peut pas satisfaire la demande avec une production basse. Le Programme Alimentaire Mondiale a parfois besoin des plusieurs tonnes de maïs chaque semaine, que les agriculteurs locaux ne peuvent produire.

Guerre politique ou de production agricole, le retour de la paix reste la seule prière des habitants de ce coin de la RD Congo.

Par Gaïus Kowene

Revendications des jeunes manifestants Congolais

Message posté en Janvier 2013 par le mouvement LUCHA pour eveiller la conscience des Gomatraciens à agir contre le "Mensonge" des politiques

Message posté en Janvier 2013 par le mouvement LUCHA pour eveiller la conscience des Gomatraciens à agir contre le « Mensonge » des politiques

Des jeunes regroupés au sein du mouvement Lutte pour le Changement, LUCHA ont organisé un sit-in devant les bureaux de l’assemblée provinciale du Nord Kivu. Hier nuit, la police en patrouille y est passée. Elle a vandalisé ces jeunes non violents et les a dépouille de leurs téléphones portables, appareils photos, cameras, etc… Mais que réclamaient ces jeunes? Voici un document qui montre leurs revendications.

Résumé

Nous, jeunesse de la ville de Goma, membres de différentes organisations et structures des jeunes, à travers notre mouvement dénommé Lutte pour le Changement (LUCHA), débutons ce jour un sit-in au siège de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu, jour et nuit, pour une période indéterminée, jusqu’à obtenir de nos élus qu’ils accomplissent leurs attributions et mettent en œuvre toutes leurs prérogatives constitutionnelles et légales pour :

  1. 1.      Que les travaux d’asphaltage des principaux axes routiers de Goma (10,5 km), qui durent depuis deux ans et causent au million de Gomatraciens des peines inouïes, soient achevés au plus tard le 15 mars prochain ;
  2. 2.      Que la question de la carence d’eau potable dans nos quartiers trouve une solution définitive au cours de leur prochaine session ordinaire.

Sans quoi la population de Goma tout entière, que nous appelons à nous rejoindre dans ce mouvement, va conclure à leur défaillance et leur inutilité et exiger purement et simplement leur démission.

Nous demandons aux députés nationaux et provinciaux du Nord-Kivu, en particulier ceux élus dans la circonscription de la ville de Goma, de soutenir publiquement notre action. Nous les jugerons à leurs actes.

  1. I.                    La situation et ses conséquences

La ville de Goma, jadis auréolée du noble surnom de « capitale touristique de la RDC », est devenue depuis quelques années méconnaissable et invivable, à cause de l’état de ses routes et du manque criant d’eau potable, entre autres choses.

Les travaux de rénovation de la voirie urbaine de Goma ont débuté en février 2011, et la première phase portant sur 10,5 kilomètres de route, et exécutés par l’entreprise TRAMINCO devaient se terminer le 26 février 2012. Mais jusqu’à ce jour, seulement quelque 2 kilomètres faits à la hâte durant la période électorale (octobre 2011) sont asphaltés.

Depuis la conception du projet de réfection de la voirie urbaine jusqu’à ce jour, tout se passe dans l’opacité totale. En particulier, les citoyens ne savent ni le montant total prévu, ni le montant décaissé jusqu’ici pour l’exécution de ces travaux, ni la procédure qui a été suivie pour l’attribution du marché à la TRAMINCO, … Ce qui contrevient aux exigences de transparence et de bonne gouvernance dans un Etat démocratique.

Quant à l’eau potable, alors que Goma est une ville lacustre, seulement 20 à 30 pourcent de la population ont accès à l’eau potable, et encore de façon intermittente. Après avoir inhalé et s’être imbibé de poussière ou de boue, la majorité du million de Gomatraciens ne peuvent même pas entretenir correctement leur corps et leurs vêtements. Les maladies dites des « mains sales » se sont sensiblement développées et continuent d’emporter des vies humaines, surtout des femmes et des enfants (exemple, le choléra a déjà tué plusieurs personnes dans le camp Katindo).

La route de l’aéroport, l’avenue du commerce et l’avenue dite « route de Sake », qu’on avait dépouillée, il y a deux ans, de l’ancien modique bitume en un rien de temps, sont devenus des champs de poussière, de trous béants et de boue, alors que ces tronçons constituent les axes principaux de notre ville. Depuis deux ans donc, nous endurons une situation intenable, aux conséquences sanitaires, économiques et sécuritaires incalculables :

–          Développement de maladies dues à la poussière volcanique inhalée depuis tant de temps ainsi qu’aux secousses causées par les trous, en particulier pour les personnes qui sont sur la route toute la journée (motards, taximen, commerçants). Des pathologies comme la pneumoconiose, les hémorroïdes, le choléra et l’asthme se sont considérablement développées, ainsi que des cas d’avortements précoces des femmes. Des spécialistes prédisent même des conséquences plus graves à l’avenir, notamment des cancers suite à la poussière volcanique.

–          La contamination des aliments vendus à découvert le long des routes. Or, à cause de la pauvreté, la population n’a d’autre choix que de continuer à les consommer ;

–          La détérioration des articles divers vendus dans les boutiques et magasins le long des routes principales, ainsi que la détérioration anormalement rapide des véhicules et autres engins de locomotion de la population ;

–          La multiplication des accidents de circulation, causant morts et blessés, que l’Etat ne peut même pas prendre en charge ;

–          Le gaspillage des moyens de l’Etat, fruits de nos efforts, pour faire deux ou plusieurs fois le même travail (pose de bordures, de gravier, …) ou arroser les routes (le peu de fois qu’on l’a fait) ;

–          Etc.

 

  1. II.                  Attitude des autorités et responsabilités

Les institutions provinciales actuelles (assemblée provinciale et gouvernement provincial) ont été mises en place il y a de cela sept ans. Elles sont les premières institutions mises en place démocratiquement, et à ce titre le peuple que nous sommes en attendait beaucoup. Mais pendant longtemps, alors que la population faisait des réclamations, les autorités provinciales et centrales se sont rejeté la responsabilité.

Or, au regard de la constitution de la République (notamment l’article 204, literas 11, 24 et 26) et des lois sur la décentralisation et la libre administration des provinces, les questions de voirie urbaine et de production et distribution d’eau potable sont de la compétence exclusive de la province.

La même constitution fixe les attributions et les pouvoirs de l’assemblée provinciale. Entre autres choses, elle guide et contrôle l’action de l’exécutif provincial. Les députés sont les porte-parole de la population. Pourtant, face à ces problèmes, nos députés n’ont encore rien dit, rien fait, ou presque. Le 6 novembre 2012, nous avons adressé aux députés provinciaux du Nord-Kivu une lettre ouverte, dans laquelle nous attirions déjà leur attention sur le problème de la voirie urbaine de Goma, et requérions leur intervention. Aucune suite jusqu’à ce jour. Nous voulons leur accorder pour la dernière fois le bénéficie du doute et croire qu’ils ne sont pas insensibles à notre situation, et qu’ils n’ont pas encore renoncé à leurs attributions, ni hypothéqué leurs prérogatives.

  1. III.                Exigences

Nous sommes à bout de patience, cette situation ne peut plus durer. Et nos premiers interlocuteurs ; ceux à qui le nous avons délégué notre pouvoir, et qui sont constitutionnellement et légalement les seuls habilités à intervenir efficacement, ce sont nos députés provinciaux. Ce sont eux qui ont élu le gouverneur et le vice-gouverneur et investi le gouvernement provincial. C’est eux qui sont censés les contrôler et les sanctionner en cas de besoin.

C’est pourquoi nous exigeons de l’assemblée provinciale ce qui suit :

  1. 1.       En ce qui concerne les routes :
  2. a.       Qu’en attendant le début de la session ordinaire, le 15 mars prochain, le Bureau de l’assemblée provinciale puisse se réunir en urgence et prendre des mesures concrètes pour obtenir des organes concernés que les travaux de réfection des principaux axes routiers de la ville entamés en 2011 soient asphaltés (et bien asphaltés) au plus tard le 15 mars 2013 (axe Rond-point Signers – Terminus Katindo, axe Rond-point Signers – Rond-point Rutshuru et axe Rond-point Rutshuru – Aéroport de Goma). Au besoin, qu’une session extraordinaire soit convoquée à cet effet.

Dans le cas contraire, nous tiendrons pour complices de notre malheur chacun des députés provinciaux, et exigerons leur démission pure et simple.

  1. b.      Qu’une commission d’enquête parlementaire soit immédiatement constituée, conformément aux dispositions des articles 175 à 185 du règlement d’ordre intérieur de l’assemblée provinciale, en vue de clarifier tous les dysfonctionnements observés dans la conception et l’exécution du projet de réfection de la voirie urbaine de Goma, d’établir toutes les responsabilités et de sanctionner ceux qui doivent l’être.
  2. c.       En attendant, et dans l’immédiat, que le Bureau de l’assemblée provinciale pèse de tout son poids pour que les voies de déviation actuellement utilisées soient redéfinies pour faciliter le transport, atténuer les risques d’accidents dans les quartiers et rendre raisonnable le prix du transport public. Pour cela, nous suggérons qu’une voie à sens unique soit ouvert entre le carrefour TMK et l’hôpital général pour que les véhicules qui vont de Katindo au centre-ville puissent y aller directement, et déboucher sur la route du Cercle sportif en passant par la Fondation Damien et le stade Afia. Ainsi, la route Cercle sportif-Instigo-Enaf-TMK sera réservée aux véhicules qui rentrent du centre-ville vers Katindo. Les petites routes du quartier dit TMK qui resteront utilisées pour la déviation doivent être au moins aménagées sans délai de sorte à les rendre raisonnablement praticables.

 

  1. 2.       En ce qui concerne l’eau potable :

Nous ne quitterons pas le siège du Bureau de l’assemblée provinciale tant que celui-ci ne se sera pas engagé solennellement et publiquement, à faire inscrire en ordre de priorité la question de la carence d’eau potable dans la province du Nord-Kivu, et dans la ville de Goma en particulier, sur l’agenda de la prochaine cession ordinaire. Concrètement, nous voulons voir l’eau potable couler dans nos robinets d’ici la fin du mois de mars. C’est possible. A nos députés de régler les détails avec le gouvernement qu’ils ont investi pour que ce soit fait. Sinon, encore une fois, nous les considérerons comme complices ou inaptes et exigerons leur démission.

LA LUCHA, qu’est-ce ?

LA LUCHA est un mouvement d’action citoyen, non-violent, et autonome (sans aucun parapluie politique, financier ou idéologique). Il est composé de jeunes intellectuels qui n’ont en commun que trois choses essentielles : 1) notre passion pour le Congo ; 2) notre révolte face à la situation, et 3) notre détermination à contribuer au changement des choses plutôt qu’à les subir, à nous plaindre ou encore à attendre qu’hypothétique « sauveur » pour nous délivrer.   

Nous refusons toute récupération politicienne de nos actions (nous nous assumons). Nous mettons aussi en garde toutes les autorités civiles et militaires contre toute entrave à l’exercice de notre liberté de manifester pacifiquement et à notre droit légitime d’exiger de nos élus des comptes, ainsi que contre toute velléité d’intimidation, d’arrestation ou de violence à notre encontre, pendant ou après cette manifestation. Le sit-in se fera de jour comme de nuit, à partir de ce jeudi 21 février 2013, pour une période indéterminée.

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Goma:10 jeunes manifestants acheminés à la Mairie par la police ce matin

Les jeunes membres de la lucha arrêtés lors d'une de leurs manifestations en 2012 à Goma

Les jeunes membres de la lucha arrêtés lors d’une de leurs manifestations en 2012 à Goma

10 des jeunes qui faisaient un Sit-in depuis hier aux bureaux de l’assemblée provinciale ont été acheminés ce matin à la mairie de Goma par la police. Ces jeunes sont regroupés au sein du mouvement révolutionnaire Lucha, qui signifie lutte pour le changement. L’objectif de leur sit-in était d’exiger de l’eau potable et une voirie urbaine digne de ce nom. « Si en plus de deux mois, pas un seul mètre n’est asphalté, dit l’un d’eux,  combien d’années prendront  la ville entière ? »

Hier nuit, des éléments de la police en patrouille ont ravi des téléphones portables et appareils photos à ces manifestants non violents pendant ledit sit-in.

Le mouvement lutte pour le changement déplore ce comportement incivique de la police nationale Congolaise. Pour elle, les forces de l’ordre devraient représenter une sécurité pour la population et non du vandalisme.

Cependant, la police a négocié ce matin avec les manifestants qui ont accepté volontairement d’être acheminé aux bureaux du maire pour lui faire part de leurs revendications. Avant de prendre le véhicule, ils ont marché à pied jusqu’à l’Eglise Carmel.

La population du quartier Himbi qui observait la scène dit soutenir la cause défendue par ces jeunes.  Certains jeunes curieux s’étaient même montrés prêt à rejoindre le mouvement pour réclamer dans la non violence leurs droits.

Pour le moment, nous ne possédons pas beaucoup d’informations sur la situation de ceux qui ont été acheminés à la mairie.

Goma: Le pont suspendu crée la controverse

Le pont presque fini suspendu au rond point Instigo, à Goma, RD Congo

Le pont presque fini suspendu au rond point Instigo, à Goma, RD Congo

Nous sommes en Avril 2012. Le cortège du gouverneur du Nord Kivu quitte sa résidence en vitesse et stoppe au rond point Instigo, l’un des plus célèbres de la ville. La circulation s’arrête un moment. Le gouverneur sort de son véhicule avec un dispositif sécuritaire costaud et une pluie des journalistes locaux. C’est la pause de la première pierre d’un pont qui devra être suspendu au même endroit. Objectif : éviter aux piétons l’embouteillage des nombreux véhicules. Julien Paluku, gouverneur de province, assure que sa construction ne prendrait que 2 mois. Sur un panneau à coté, les informations relatives à ce pont sont écrites. Celle qui m’intéresse plus : la date de fin des travaux (le 28 Juin 2012) et celle de l’inauguration (le 30 Juin 2012).

Les travaux ont démarrés puis se sont brusquement arrêté. 8 mois après la date prévue pour  l’inauguration, le pont ne l’est pas toujours.

Ce pont, est-il une réponse à un besoin réel ? Les Gomatraciens sont divisés. Beaucoup estiment que c’est un gaspillage, et une petite fraction salue l’initiative.

Gervais Letakamba, jeune pousse pousseur : « Je ne vois pas pourquoi construire un pont sans demander aux usagers s’ils en avaient besoin. Je ne voudrais pas voir mes petits frères passer sur la dessus refoulé de l’école pour minerval. » Il pense que l’argent affecté à la construction de ce pont devait payer les arriérés de salaire de certains enseignants, militaires et fonctionnaires de l’Etat.

« Le Nord Kivu a des priorités plus importantes que ce pont, soutient Mirindi, taximen. Ceci ne nous fera pas oublier les nombreuses promesses qu’ils nous ont faites ». Le jeune Mirindi soupçonne les initiateurs de ce projet de chercher des justificatifs des fonds qu’ils auraient détournés.

D’autres jeunes partent même loin en s’imaginant que ce pont serait le cadeau d’une entreprise de téléphonie mobile.

Une petite fraction des Gomatraciens encourage cette initiative. Pour elle, les gens doivent apprendre à accepter la réalité.

Eric, jeune partisan de la révolution de la modernité : « Pourquoi les gens veulent toujours rester opposants même pour ce qui est claire devant leurs yeux ? Notre ville est entrain d’avancer, mais ils veulent nous remettre en arrière».

Sur la question du social, Ali, du camp favorable au pouvoir veut mettre les choses au clair. « Il ne faut pas mélanger les choux et les carottes, dit-il. Ce n’est par ce que tel ou tel autre capricieux n’est pas satisfait de sa situation que le monde doit arrêter de tourner. Dans le budget du gouvernement le salaire de tous ces gens est prévu. Si c’est leur hiérarchie qui détourne, ils savent ou se plaindre. »

Ce pont, résoudra-t-il effectivement le problème d’embouteillage pour piétons ?

L’avenir nous le dira.

Par Gaïus Kowene