4 pre-requis pour combattre la corruption

Dans ce billet de blog, je partage avec vous les 4 choses qui ont attiré mon attention en parlant corruption pendant le Forum de la société civile organisé à Abidjan par la BAD.

Par Gaïus Kowene

Crédit photo: Gaïus Kowene

Crédit photo: Gaïus Kowene

Le 28 Mai dernier, j’ai pris part au Forum de la société civile Africaine à Abidjan. C’était en marge des assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement.

Dans ce billet, je vais donc partager avec vous 4 choses importantes qu’il faut absolument savoir sur la corruption pour bien la combattre. Bien sûr, j’y ai ajouté un peu de ma réflexion personnelle aussi (juste un peu).

Comme toujours, ceci n’est pas la parole d’évangile. Sentez-vous libre de dire ce que vous en pensez de façon constructive ici en commentaires.

1. La perception de la corruption est aussi importante que la corruption elle-même

Certaines personnes pensent que la corruption fait partie intégrante de la culture Africaine et que ce n’est pas si grave. « Nous avons toujours vécu ainsi et ça nous va » disent certains. « C’est la règle. Ça marche comme ça ici » diront d’autres.

Donc, avant même que la corruption ne soit là, notre perception d’elle détermine ce que sera notre attitude quand elle sera là. Si vous voulez lutter contre la corruption, c’est mieux de commencer par changer la perception que les gens ont de la corruption. Qu’ils arrêtent de la considérer comme un mode de vie ou comme une sorte d’identité culturelle ou de particularité de leur région.

2. Au-delà des chiffres, la corruption affecte des êtres humains

Je revois encore la blogueuse Ghanéenne qui a soulevé ce point. Certains dans l’audience parlaient beaucoup du scandale de la corruption au sein de la FIFA qui a fait intervenir des gros montants. Mais, sa question était :

« Pensez au malade qui ne peut être soigné a temps parce qu’il n’a pas d’argent pour corrompre. (Silence dans la salle). Pensez à cet élève qui ne peut passer ses examens seulement parce qu’il n’a pas corrompu. Pensez à cette mère de famille qui ne peut exercer son petit commerce car coincée par des gens qui exigent la corruption. »

Cet exercice mental a fait pris conscience au public que parler corruption n’est pas seulement parler des chiffres abstraits. C’est parler d’êtres humains dont le quotidien est sans cesse bouleversé par cette pratique.

3. Des OSC exigent la transparence dont elles ne font pas preuve

Même si ce point a fait rigoler beaucoup de gens dans la salle, c’est une des vérités qu’on ne se dit pas souvent. Il y a des organisations de la société civile qui critiquent le manque de transparence de leurs gouvernements ou de certains acteurs économiques. Mais, si on voit de près, ces organisations font exactement ce qu’elles reprochent aux gouvernements.

Participants au #CSOForumAbidjan (crédit photo: Cheikh Fall )

Participants au #CSOForumAbidjan (crédit photo: Cheikh Fall )

Donc, avant d’essayer d’endiguer le manque de transparence dans la gestion de la chose publique ou dans les transactions entre gouvernement et partenaires, commençons par le faire dans nos organisations respectives. Jouer au malin n’aidera pas à régler le problème.

4. Avoir une information, oui, et après ?

Nous sommes tous d’accord sur l’importance pour la population d’être informée de tout ce qui se passe, et plus particulièrement en matière de corruption. Mais, ça ne suffit pas. Il faut aussi développer la capacité de cette population à agir. Avoir une information qu’on n’utilise pas c’est comme pire que n’avoir aucune information. Et c’est ici que revient la question qu’un des panelistes avait posé : « Dénoncer la corruption et autres vices peut vous couter votre boulot. Etes-vous prêt à le perdre ? »

Nous sommes tous dans le même bateau. Soit nous mourrons tous, ou nous nous en sortons tous. Ne pensez pas que vous pouvez vous sauver seul en taisant des telles pratiques. Tôt ou tard, ça vous coutera cher. Quand on a des informations avérées et des preuves de la corruption, n’hésitons pas à en parler ouvertement et… si prudence s’exige, filer les documents a un site web de whistle blowing.

Et vous ??? Pensez-vous qu’il y a autre chose d’important qu’il faut savoir sur la corruption ? Sentez-vous libre de partager en commentaire ici. Tweetez aussi avec le hashtag #CSOForumAbidjan

#Yezzi: Signez pour la dignité de la femme Tunisienne

Depuis un moment, je m’intéresse au Maghreb. Bon, le Maghreb, oui, mais plus particulièrement a la Tunisie ?

Pourquoi la Tunisie ? Ben, parce que c’est là que se trouve le bureau régional du desk Francophone de l’Agence de Presse Turque, première agence à publier mes articles.

Mais, il n’y a pas que ça ! J’ai aussi beaucoup d’amis en Tunisie. Et un jour, une de mes amies en Tunisie a publié ce message.

Témoignage Harcelèmenet sexuel en Tunisie #Yezzi

Témoignage Harcelèmenet sexuel en Tunisie #Yezzi

 

Vu les commentaires, les Tunisiennes ont marre de ces scènes de Harcèlement sexuel. Malheureusement, la société trouve ça normal et donc… ne réagit pas ! Le gouvernement fait de même.

C’est des commentaires que l’idée de créer une pétition est venue ! Mais, attention ! On ne veut pas rééditer le printemps arabe ! (Je dirais l’invasion de la France et de la CIA au Maghreb).

On commence en ligne, ou la police ne peut pas tirer sur les signataires. C’est comme ça qu’a commencé ma première collaboration avec Baki Youssoufou, fondateur de wesign.it , une plateforme en ligne pour les pétitions.

Apres une discussion sur Skype, la décision de se lancer avec les autres web activistes Tunisiens est prise !

Le travail du texte en groupe des personnes vivant sur différents continents au même moment m’a rappelé l’édition du script de l’émission Atelier des Medias Spécial #MondoblogDakar.

Bon, assez parlé, comme ça!

On passe à l’essentiel !

La pétition s’appelle #Yezzi, mot arabe qui signifie « Assez ». L’objectif est d’inciter le gouvernement Tunisien à sanctionner de façon exemplaire les auteurs du Harcèlement sexuel.

Je vous invite donc à signer avec moi cette pétition et la faire signer par vos proches.

Dénoncez ces genres de débordement sur les réseaux sociaux avec le hashtag #Yezzi !

Allez, à vos claviers !

Merci !

Bravo ! Kery James désillusionne les jeux de la Francophonie 2013

Kery James a interpreté sa chanson Banlieusard aux jeux de la Francophonie à Nice: Victoire de la banlieu, indignation des politiques.

Le rappeur Kery James (Source: Nice matin.com)

Le rappeur Kery James (Source: Nice matin.com)

Samedi soir à Nice, France, s’ouvrait les jeux de la Francophonie en présence des grandes personnalités dont le président Français François Hollande. Les organisateurs ont invité des artistes influents pour colorer la soirée. Mais, le rappeur Français d’origine Haïtienne, Kery James, les désillusionne !

Tout le monde, plus particulièrement les organisateurs, s’attendent à ce que Kery James utilise son talent de Lyriciste Conscient pour les caresser les oreilles. Toujours engagé, Kery James trouve plutôt une tribune efficace pour dire à la France ses vérités.

Sur scène, Kery James interprète la chanson « Banlieusard » ou la phrase « On n’est pas condamné à l’échec » revient souvent. Le président Hollande tout comme sa ministre Yamina Benguigui se retrouvent face à ce que craignaient leurs détracteurs de l’UMP. Kery James applique à la lettre les premières paroles de la chanson qui sont: « Ceux (les Banlieusard) qui ne font pas toujours ce qu’on attend d’eux et ne disent pas toujours ce que l’on veut entendre d’eux ».

Le lyric de la chanson Banlieusard encourage les jeunes à une révolution positive. Des paroles qui gênent comme : « Le système ne m’a rien donné, j’ai du le braver. [……] Mais, l’espoir ne m’a jamais quitté. En attendant des jours meilleurs, j’ai résisté. Je continue encore. Je suis le capitaine dans le bateau de mes efforts. »

Eric Ciotti de l’UMP s’est indigné sur Twitter

Mais, son indignation ne fait pas l’unanimité en France! Une certaine opinion l’accuse de n’avoir pas lu le lyric avant de commenter. Ce texte ne se limite pas qu’ à montrer les failles du Système (qui sont du reste vraies). Il incite les jeunes à se révolter en construisant, pas en détruisant !

Il n’y a pas que Kery James qui a mis à nu les bavures de la France et alliés. Les organisateurs eux même l’ont fait en exposant publiquement leur manque de sérosité. Au départ, la Maison Schengen a rétracté ses griffes en offrant des visas à la première composante de la délégation Congolaise aux jeux de la Francophonie.

Mais, comme le dit un dicton Africain, « Le chien ne peut jamais éternellement cacher sa queue ». Sur 105 demandes de visas, 64 ont été accepté (merci quand même, c’est plus que 50%), mais, 41 refusés. Ces refus de visas sont souvent basés sur des préjugés raciaux non fondé du genre : « Si nous leur donnons le visas, ils vont disparaitre et ne reviendront plus ». Quelle obscénité !

Depuis quand cette maison a-t-elle des devins pour lire la pensée des Africains ?

Pour leur rappeler d’être « Objectif » dans leur travaille, j’ai initié une pétition contre la subjectivité de la Maison Schengen et sa discrimination dans les traitements des demandes de visas. Signez et faites signer #StopSchengen Visa facile pour tous.

Par Gaius Kowene

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RDC – Culture: Le meilleur du #SKIFF2013 à Goma

Le groupe de danse Arsenic Dance Crew sur scène au #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Le groupe de danse Arsenic Dance Crew sur scène au #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Du 05 au 14 Juillet 2013, le centre Yole!Africa a organisé  à Goma la 8eme édition du Salaam Kivu International Film Festival, SKIFF, sous le thème Uhaki – Justice. Des ateliers de formation aux projections quotidiennes des films, en passant par la compétition de danse, toutes les activités de ce festival rassemblaient du monde. (Programme officiel)

 

Regarder une video qui parle du SKIFF

 

Une diversité des  invités spéciaux

Présentation des invités spéciaux pendant la soirée d'ouverture du #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Présentation des invités spéciaux pendant la soirée d’ouverture du #SKIFF2013 (Crédit photo: Yolé!Africa)

Ce festival a reçu des nombreux invités spéciaux venu des différents pays. Nous citons par exemple le Cinéaste Canadien Matthieu Roy dont le film Surviving Progress était en vedette dans la soirée d’ouverture, La journaliste Canadienne Fawzia Fall qui a animé des ateliers de radio journalisme, le Français Alain Canonne qui y a accompagné le rappeur Congolais Lyke Mike, l’activiste Kenyan Ndungi Githuku qui a présenté des films Kenya et a eu un concert avec live avec le Rwando-Jamaicain Natty Dread, le chorégraphe Ougandais Rogers Massaba qui a formé les jeunes en danse, etc… Difficile de finir la liste sans parler de l’artiste comédien Congolais Mira Mikanza dit Koko Swing qui a plusieurs fois égayé le public. Les cinéastes Américains Lynn True et Nelson Walker, organisateurs du festival Congo in Harlem, ont formé en film documentaire.

Des rencontres enrichissants

Des participants à la rencontre Approche de l'autre pendant le #SKIFF2013 (Crédit Photo: Ndungi Githuku)

Des participants à la rencontre Approche de l’autre pendant le #SKIFF2013 (Crédit Photo: Ndungi Githuku)

Des rencontres d’échanges étaient aussi de la partie. C’est le cas de « L’approche de l’autre » qui s’est focalisée sur la question de savoir si la justice était liée à la paix dans le contexte de la RDC. Des membres des différentes organisations de la société civile ont participe a ces échanges répondant par l’affirmative a la question. Pourquoi ?

L’impunité ne se fait plus chercher en RDC. « Il ne suffit pas de condamner l’actuelle impunité en RDC en oubliant d’où elle est venu », fait remarquer Petna Ndaliko, fondateur du centre Yolé!Africa et directeur artistique du festival. Fidel Bafilemba, activiste et chercheur chez Enough project explicite cette remarque. « Le roi barbu Belge Léopold 2 a coupé les mains des Congolais et les a massacré, explique-il. Mais, il est resté impuni. L’Union Européenne l’a plutôt récompensée en installant son siège à Bruxelles. » Parmi les participants, on note la présence de l’abbé Roger Mpongo venu de Bukavu, en province du Sud Kivu.

Une autre rencontre du genre, le « Nyavu congress ». Ce réseau d’artistes et activistes de la région des grands lacs a été l’occasion de passer en revu les activités des initiatives membres dont Amka Afrika.

Des films captivants

Pendant la soirée Kenyane, 2 des 3 films projettes ont captive le public. Il s’agit de Nairobi Half life de Tosh Githonga et de « In search of my father » de Ndungi Githuku. Le premier film décrit l’histoire d’un jeune villageois qui rêvait de devenir acteur et atteindra ce rêve malgré les difficultés impossibles. Le deuxième accompagne Marie, la fille de J.M Kariuki, qui va rencontrer des personnes qui connaissait son père avant qu’il ne soit assassiné par le pouvoir de Moi Kibaki.

Pochette du film Mabele na biso lancé officiellement le Mercredi 10 Juillet 2013 pendant le SKIFF (Crédit photo: Gaïus Kowene)

Pochette du film Mabele na biso lancé officiellement le Mercredi 10 Juillet 2013 pendant le SKIFF (Crédit photo: Gaïus Kowene)

Le moment spécial de ce festival, le lancement officiel du documentaire Mabele na biso (Ndlr : Notre terre) de Petna Ndaliko. Ce film parle d’une radio financée par les cotisations de la population locale, pour donner matière à réflexion sur la notion de l’indépendance sans mentionner le colonisateur. S’en est suivi un débat houleux sur l’aide humanitaire et son impact en RDC. Les participants ont décrié le caractère perpétuel de l’assistance humanitaire qu’ils ont qualifiée d’un business lié à celui de la guerre.  « Nous ne sommes pas la pour résoudre les problèmes de ce pays, riposte Caroline Peguet, humanitaire paneliste au débat. Notre travail se limite à soulager les souffrances humaines et à répondre aux urgences en cas de guerre ou de catastrophe naturelle. »

Le local devient l’international

La soirée Congo film Focus a mis à l’honneur 6 films de la ville de Goma. Rich boys, l’exemple de Moimi Wezam sensibilise sur la considération des personnes handicapés, Ca m’apprendra de Franc Escargot met en garde les parents qui portent plainte précipitamment contre les amants de leurs filles sur base des imaginations. Les internautes d’Abdoul Bahizi expose la problématique d’accès à l’internet dans la ville de Goma pendant que Scenario de Muhindo Abraham montre le passage du rêve à la réalité. Le film Plus jamais de Richard Thumito sensibilise les maries a la fidélité conjugale et Sara de TD Jack peint le portrait d’une fille débrouilleuse aux ambitions gigantesques.

A la fin de la compétition de danse, les 3 meilleurs groupes de danse de l’année sont : Rihna Crew, Magic Dance et Street Dancers.

La cérémonie de clôture se tient ce Dimanche 14 Juillet 2013 au centre Yole!Africa. Des jeunes musiciens talent de la Jam session monteront sur scène suivi de Mira Mikanza pour sa comédie. Ensuite, les formateurs et étudiants feront une restitution de ce qu’ils ont fait pendant les 10 jours de festival.

Par Gaïus Kowene

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MIGRATION : Un blogueur Congolais pétitionne contre la Maison Schengen

Le blogueur Congolais Gaïus Kowene, qui anime le blog Amka Afrika appel tous les internautes à signer  et à faire signer la pétition #StopSchengen : Visa facile pour tous.

Bannière de la pétition #StopSchengen: Visa facile pour tous

Bannière de la pétition #StopSchengen: Visa facile pour tous

Instigateur de la pétition, Gaïus veut persuader la Maison Schengen à revoir sa façon de traiter les demandes de visa Européens déposées par les Africains.

‘’Refuser le visa aux Africains sur base des préjugés raciaux  est immoral,’’ dit-il avant de renchérir : ‘’ Cette pratique bloque le partage d’expérience entre l’Afrique et Europe. Elle encourage la migration clandestine en créant une crise de confiance en la Maison Schengen.’’

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Dans un communiqué de presse, Gaïus Kowene explique que l’objectif de sa pétition n’est ni d’exiger la fermeture de la Maison Schengen, ni la suppression des visas entre l’Afrique et l’Europe.

Convaincre la Maison Schengen à traiter avec sérieux les demandes de visa des Africains et rembourser l’argent pour les visas refusés est sa seule visée.

Tout le monde peut signer cette pétition en tapant dans Google #StopSchengen pétition visa facile Africain

Amka Afrika

Sénégal: Ndongo D lutte contre la corruption par le Rap

Ndongo D, jeune rappeur Sénégalais du groupe Daara-J Family, lutte contre la corruption par le rap. Il a travaillé avec le groupe ‘keur gui'(sakré corruption), instigateur du mouvement « Y en a marre » pour faire tomber le régime de l’ancien président Sénégalais Abdoulay Wade. Ils nous parle de sa motivation dans ce billet. Par Gaïus Kowene, à Dakar

Ndongo D en interview avec Gaïus Kowene à Dakar (Crédit Photo: Marthe Le More)

Ndongo D en interview avec Gaïus Kowene à Dakar (Crédit Photo: Marthe Le More)

Témoin de la corruption

Temps ensoleillé, le taxi bus est plein à craquer. Arrêt brusque, le chauffeur sort un billet d’argent et le passe au roulage. Sans aucun document aucun, il parcourt les rues de Dakar librement. L’artiste musicien Ndongo D voit la scène avec l’air inquiet.

« Ce gars n’a aucun document de contrôle technique, signale t-il. Et si ce véhicule était un cercueil roulant ? »

Rapeur et producteur, il décide de s’impliquer activement dans la lutte contre la corruption dans son pays. Son art est son arme.

Initiatives concrète

Premier cap, intéresser des artistes peu connus, mais talentueux de la banlieue Sénégalaise. Il arrive à en convaincre plusieurs. Ndongo D s’associe à la société civile locale pour faire bouger les choses. Celle-ci organise des ateliers et fait comprendre à ces jeunes artistes la corruption sous tous ses angles.

« Au départ, je croyais que la corruption ne se limitait qu’à la route et à la douane, se souvient Ndongo D. Avec ces formations, j’ai compris que la corruption est présente meme dans l’administration publique. Elle bloque tout développement ! »

Voilà de quoi activer sa rage.

Ensemble avec ses compagnons de lutte, ils consacrent l’album Sakré corruption à cette problématique. La chanson « Y’en bu diss« , du groupe sénégalais Fuk’n’kuk avec Crazy Cool, figure dans cet album paru en 2009. Ndongo D y pose sa touche et … la chanson cartonne ! Certains médias de la place la diffusent plusieurs fois.

La chanson Y’en bu diss à laquelle Ndongo D a participé

Lutte fructueuse

Cette lutte n’est pas sans effet. Elle a permis de préparer les bases solides du soulèvement des rappeurs contre l’ancien président sénégalais : le mouvement Y’en a marre.

L’opposition et la société civile le soupçonnait de vouloir s’éterniser au pouvoir par la mafia. Abdoulay Wade a perdu au deuxième tour contre son ancien premier ministre, Macky Sall. A peine au pouvoir, le nouveau président promet de s’investir dans la même cause.

Joie et vigilance

Pour ce rappeur, c’est une joie mêlée à de la vigilance. « Le travail n’est pas encore fini, rappelle Ndongo D. Nous attendons encore plus de changement de la part du gouvernement. »

Présentement, Ndongo D et son label Bois Sakré collaborent avec des artistes étrangers (comme Pierce Freelon des Étais unis, etc.). Objectif : renforcer l’échange interculturel et briser les préjugés pour une lutte beaucoup plus efficace.

[Ndlr : Une version vidéo de cette interview est en préparation. Elle fera partie du documentaire Mondoblog Tour réalisé par Marthe Le More.]

RDC : Nouveau test d’indépendance de la justice

La police Nationale Congolaise entrain de vouloir disperser une des manifestations du mouvement Lucha à Goma, RD Congo

La police Nationale Congolaise entrain de vouloir disperser une des manifestations du mouvement Lucha à Goma, RD Congo

Des jeunes manifestants Congolais du mouvement Lutte pour le changement, LUCHA, ont déposé ce 27 Février une plainte contre un officier de police.

Dans une lettre adressée au Procureur Général près la cours d’appel du Nord Kivu, l’avocat de ce mouvement demande des poursuites judiciaires et sanctions exemplaires en l’encontre du Major Mulamba, commandant du Groupe Mobile d’Intervention à Goma. Ils l’accusent d’avoir copieusement battu une vingtaine des jeunes, membre de la LUCHA, pendant un sit-in la nuit du 21 Février 2013, aux bureaux de l’assemblée provinciale. Cette même nuit, il a extorqué avec ses hommes des téléphones portables, un appareil photo, des bâches et d’autres effets nécessaires pour leur sit-in. Tout ceci a été emporté dans le véhicule de la police.

Ces jeunes pensent avoir raison de réclamer ce droit comme leur manifestation n’était pas illégale. « Nous n’avions barré ni la route, ni les portes du bureau de l’assemblée provinciale, se justifie l’un d’eux. Nous avions informés les autorités comme prévue par la constitution. »

La justice Congolaise est de nouveau devant test de son degré d’indépendance et son niveau de démocratie. Il arrive des fois que les trafics de l’influence classent sans suite des dossiers pareils ou mènent à des sentences qui ne s’exécuteront jamais.

C’est une occasion de reconstruire (ou pas) la confiance des Congolais en leur justice. L’avenir nous en dira plus.

Par Gaïus Koowene

Revendications des jeunes manifestants Congolais

Message posté en Janvier 2013 par le mouvement LUCHA pour eveiller la conscience des Gomatraciens à agir contre le "Mensonge" des politiques

Message posté en Janvier 2013 par le mouvement LUCHA pour eveiller la conscience des Gomatraciens à agir contre le « Mensonge » des politiques

Des jeunes regroupés au sein du mouvement Lutte pour le Changement, LUCHA ont organisé un sit-in devant les bureaux de l’assemblée provinciale du Nord Kivu. Hier nuit, la police en patrouille y est passée. Elle a vandalisé ces jeunes non violents et les a dépouille de leurs téléphones portables, appareils photos, cameras, etc… Mais que réclamaient ces jeunes? Voici un document qui montre leurs revendications.

Résumé

Nous, jeunesse de la ville de Goma, membres de différentes organisations et structures des jeunes, à travers notre mouvement dénommé Lutte pour le Changement (LUCHA), débutons ce jour un sit-in au siège de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu, jour et nuit, pour une période indéterminée, jusqu’à obtenir de nos élus qu’ils accomplissent leurs attributions et mettent en œuvre toutes leurs prérogatives constitutionnelles et légales pour :

  1. 1.      Que les travaux d’asphaltage des principaux axes routiers de Goma (10,5 km), qui durent depuis deux ans et causent au million de Gomatraciens des peines inouïes, soient achevés au plus tard le 15 mars prochain ;
  2. 2.      Que la question de la carence d’eau potable dans nos quartiers trouve une solution définitive au cours de leur prochaine session ordinaire.

Sans quoi la population de Goma tout entière, que nous appelons à nous rejoindre dans ce mouvement, va conclure à leur défaillance et leur inutilité et exiger purement et simplement leur démission.

Nous demandons aux députés nationaux et provinciaux du Nord-Kivu, en particulier ceux élus dans la circonscription de la ville de Goma, de soutenir publiquement notre action. Nous les jugerons à leurs actes.

  1. I.                    La situation et ses conséquences

La ville de Goma, jadis auréolée du noble surnom de « capitale touristique de la RDC », est devenue depuis quelques années méconnaissable et invivable, à cause de l’état de ses routes et du manque criant d’eau potable, entre autres choses.

Les travaux de rénovation de la voirie urbaine de Goma ont débuté en février 2011, et la première phase portant sur 10,5 kilomètres de route, et exécutés par l’entreprise TRAMINCO devaient se terminer le 26 février 2012. Mais jusqu’à ce jour, seulement quelque 2 kilomètres faits à la hâte durant la période électorale (octobre 2011) sont asphaltés.

Depuis la conception du projet de réfection de la voirie urbaine jusqu’à ce jour, tout se passe dans l’opacité totale. En particulier, les citoyens ne savent ni le montant total prévu, ni le montant décaissé jusqu’ici pour l’exécution de ces travaux, ni la procédure qui a été suivie pour l’attribution du marché à la TRAMINCO, … Ce qui contrevient aux exigences de transparence et de bonne gouvernance dans un Etat démocratique.

Quant à l’eau potable, alors que Goma est une ville lacustre, seulement 20 à 30 pourcent de la population ont accès à l’eau potable, et encore de façon intermittente. Après avoir inhalé et s’être imbibé de poussière ou de boue, la majorité du million de Gomatraciens ne peuvent même pas entretenir correctement leur corps et leurs vêtements. Les maladies dites des « mains sales » se sont sensiblement développées et continuent d’emporter des vies humaines, surtout des femmes et des enfants (exemple, le choléra a déjà tué plusieurs personnes dans le camp Katindo).

La route de l’aéroport, l’avenue du commerce et l’avenue dite « route de Sake », qu’on avait dépouillée, il y a deux ans, de l’ancien modique bitume en un rien de temps, sont devenus des champs de poussière, de trous béants et de boue, alors que ces tronçons constituent les axes principaux de notre ville. Depuis deux ans donc, nous endurons une situation intenable, aux conséquences sanitaires, économiques et sécuritaires incalculables :

–          Développement de maladies dues à la poussière volcanique inhalée depuis tant de temps ainsi qu’aux secousses causées par les trous, en particulier pour les personnes qui sont sur la route toute la journée (motards, taximen, commerçants). Des pathologies comme la pneumoconiose, les hémorroïdes, le choléra et l’asthme se sont considérablement développées, ainsi que des cas d’avortements précoces des femmes. Des spécialistes prédisent même des conséquences plus graves à l’avenir, notamment des cancers suite à la poussière volcanique.

–          La contamination des aliments vendus à découvert le long des routes. Or, à cause de la pauvreté, la population n’a d’autre choix que de continuer à les consommer ;

–          La détérioration des articles divers vendus dans les boutiques et magasins le long des routes principales, ainsi que la détérioration anormalement rapide des véhicules et autres engins de locomotion de la population ;

–          La multiplication des accidents de circulation, causant morts et blessés, que l’Etat ne peut même pas prendre en charge ;

–          Le gaspillage des moyens de l’Etat, fruits de nos efforts, pour faire deux ou plusieurs fois le même travail (pose de bordures, de gravier, …) ou arroser les routes (le peu de fois qu’on l’a fait) ;

–          Etc.

 

  1. II.                  Attitude des autorités et responsabilités

Les institutions provinciales actuelles (assemblée provinciale et gouvernement provincial) ont été mises en place il y a de cela sept ans. Elles sont les premières institutions mises en place démocratiquement, et à ce titre le peuple que nous sommes en attendait beaucoup. Mais pendant longtemps, alors que la population faisait des réclamations, les autorités provinciales et centrales se sont rejeté la responsabilité.

Or, au regard de la constitution de la République (notamment l’article 204, literas 11, 24 et 26) et des lois sur la décentralisation et la libre administration des provinces, les questions de voirie urbaine et de production et distribution d’eau potable sont de la compétence exclusive de la province.

La même constitution fixe les attributions et les pouvoirs de l’assemblée provinciale. Entre autres choses, elle guide et contrôle l’action de l’exécutif provincial. Les députés sont les porte-parole de la population. Pourtant, face à ces problèmes, nos députés n’ont encore rien dit, rien fait, ou presque. Le 6 novembre 2012, nous avons adressé aux députés provinciaux du Nord-Kivu une lettre ouverte, dans laquelle nous attirions déjà leur attention sur le problème de la voirie urbaine de Goma, et requérions leur intervention. Aucune suite jusqu’à ce jour. Nous voulons leur accorder pour la dernière fois le bénéficie du doute et croire qu’ils ne sont pas insensibles à notre situation, et qu’ils n’ont pas encore renoncé à leurs attributions, ni hypothéqué leurs prérogatives.

  1. III.                Exigences

Nous sommes à bout de patience, cette situation ne peut plus durer. Et nos premiers interlocuteurs ; ceux à qui le nous avons délégué notre pouvoir, et qui sont constitutionnellement et légalement les seuls habilités à intervenir efficacement, ce sont nos députés provinciaux. Ce sont eux qui ont élu le gouverneur et le vice-gouverneur et investi le gouvernement provincial. C’est eux qui sont censés les contrôler et les sanctionner en cas de besoin.

C’est pourquoi nous exigeons de l’assemblée provinciale ce qui suit :

  1. 1.       En ce qui concerne les routes :
  2. a.       Qu’en attendant le début de la session ordinaire, le 15 mars prochain, le Bureau de l’assemblée provinciale puisse se réunir en urgence et prendre des mesures concrètes pour obtenir des organes concernés que les travaux de réfection des principaux axes routiers de la ville entamés en 2011 soient asphaltés (et bien asphaltés) au plus tard le 15 mars 2013 (axe Rond-point Signers – Terminus Katindo, axe Rond-point Signers – Rond-point Rutshuru et axe Rond-point Rutshuru – Aéroport de Goma). Au besoin, qu’une session extraordinaire soit convoquée à cet effet.

Dans le cas contraire, nous tiendrons pour complices de notre malheur chacun des députés provinciaux, et exigerons leur démission pure et simple.

  1. b.      Qu’une commission d’enquête parlementaire soit immédiatement constituée, conformément aux dispositions des articles 175 à 185 du règlement d’ordre intérieur de l’assemblée provinciale, en vue de clarifier tous les dysfonctionnements observés dans la conception et l’exécution du projet de réfection de la voirie urbaine de Goma, d’établir toutes les responsabilités et de sanctionner ceux qui doivent l’être.
  2. c.       En attendant, et dans l’immédiat, que le Bureau de l’assemblée provinciale pèse de tout son poids pour que les voies de déviation actuellement utilisées soient redéfinies pour faciliter le transport, atténuer les risques d’accidents dans les quartiers et rendre raisonnable le prix du transport public. Pour cela, nous suggérons qu’une voie à sens unique soit ouvert entre le carrefour TMK et l’hôpital général pour que les véhicules qui vont de Katindo au centre-ville puissent y aller directement, et déboucher sur la route du Cercle sportif en passant par la Fondation Damien et le stade Afia. Ainsi, la route Cercle sportif-Instigo-Enaf-TMK sera réservée aux véhicules qui rentrent du centre-ville vers Katindo. Les petites routes du quartier dit TMK qui resteront utilisées pour la déviation doivent être au moins aménagées sans délai de sorte à les rendre raisonnablement praticables.

 

  1. 2.       En ce qui concerne l’eau potable :

Nous ne quitterons pas le siège du Bureau de l’assemblée provinciale tant que celui-ci ne se sera pas engagé solennellement et publiquement, à faire inscrire en ordre de priorité la question de la carence d’eau potable dans la province du Nord-Kivu, et dans la ville de Goma en particulier, sur l’agenda de la prochaine cession ordinaire. Concrètement, nous voulons voir l’eau potable couler dans nos robinets d’ici la fin du mois de mars. C’est possible. A nos députés de régler les détails avec le gouvernement qu’ils ont investi pour que ce soit fait. Sinon, encore une fois, nous les considérerons comme complices ou inaptes et exigerons leur démission.

LA LUCHA, qu’est-ce ?

LA LUCHA est un mouvement d’action citoyen, non-violent, et autonome (sans aucun parapluie politique, financier ou idéologique). Il est composé de jeunes intellectuels qui n’ont en commun que trois choses essentielles : 1) notre passion pour le Congo ; 2) notre révolte face à la situation, et 3) notre détermination à contribuer au changement des choses plutôt qu’à les subir, à nous plaindre ou encore à attendre qu’hypothétique « sauveur » pour nous délivrer.   

Nous refusons toute récupération politicienne de nos actions (nous nous assumons). Nous mettons aussi en garde toutes les autorités civiles et militaires contre toute entrave à l’exercice de notre liberté de manifester pacifiquement et à notre droit légitime d’exiger de nos élus des comptes, ainsi que contre toute velléité d’intimidation, d’arrestation ou de violence à notre encontre, pendant ou après cette manifestation. Le sit-in se fera de jour comme de nuit, à partir de ce jeudi 21 février 2013, pour une période indéterminée.

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Goma:10 jeunes manifestants acheminés à la Mairie par la police ce matin

Les jeunes membres de la lucha arrêtés lors d'une de leurs manifestations en 2012 à Goma

Les jeunes membres de la lucha arrêtés lors d’une de leurs manifestations en 2012 à Goma

10 des jeunes qui faisaient un Sit-in depuis hier aux bureaux de l’assemblée provinciale ont été acheminés ce matin à la mairie de Goma par la police. Ces jeunes sont regroupés au sein du mouvement révolutionnaire Lucha, qui signifie lutte pour le changement. L’objectif de leur sit-in était d’exiger de l’eau potable et une voirie urbaine digne de ce nom. « Si en plus de deux mois, pas un seul mètre n’est asphalté, dit l’un d’eux,  combien d’années prendront  la ville entière ? »

Hier nuit, des éléments de la police en patrouille ont ravi des téléphones portables et appareils photos à ces manifestants non violents pendant ledit sit-in.

Le mouvement lutte pour le changement déplore ce comportement incivique de la police nationale Congolaise. Pour elle, les forces de l’ordre devraient représenter une sécurité pour la population et non du vandalisme.

Cependant, la police a négocié ce matin avec les manifestants qui ont accepté volontairement d’être acheminé aux bureaux du maire pour lui faire part de leurs revendications. Avant de prendre le véhicule, ils ont marché à pied jusqu’à l’Eglise Carmel.

La population du quartier Himbi qui observait la scène dit soutenir la cause défendue par ces jeunes.  Certains jeunes curieux s’étaient même montrés prêt à rejoindre le mouvement pour réclamer dans la non violence leurs droits.

Pour le moment, nous ne possédons pas beaucoup d’informations sur la situation de ceux qui ont été acheminés à la mairie.

Goma: L’art vaincra-t-il les armes ?

Des jeunes de Goma en pleine séance d’échanges culturelles.

Des violents affrontements ont lieu à Kibumba, localité située à moins de 30 kilomètre de la ville de Goma, dans l’Est de la RDC. Des déplacés affluent en masse vers le Rwanda, l’Ouganda et dans des camps des déplacés environnant la ville.

Des chars de combat de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de la RD Congo (MONUSCO) sont visibles dans des coins stratégiques de la ville de Goma. La manifestation des épouses des militaires morts au front le matin n’a fait qu’empirer la psychose, paralysant toute les activités dans la ville de Goma.

Toutefois, une vingtaine des jeunes Gomatraciens ont profité de cette occasion pour réfléchir sur le chaos sécuritaire qui prévaut et ce qu’ils peuvent faire. La projection d’un film court-métrage prévue pour ce samedi, a été reportée pour le week-end prochain. Le débat était ouvert, avec des hélicoptères de la Monusco dans le ciel, signe de la fragilité de la sécurité. C’était au centre de création artistique et échanges culturel Yolé!Africa.

Ces jeunes ont tout d’abord voulu comprendre la cause de cette guerre infernale (cycle ininterrompue) dans l’Est de la RDC, en province du Nord Kivu.

Ils ont brossé un brève historique de la guerre depuis 1996, décrié la complicité de certains membres du gouvernement et formulé des recommandations. Ils ont fait remarquer que condamner seulement le Rwanda revient à distraire la population pour oublier les grandes puissances qui sont derrières. Ils ont proposé utiliser leur art pour sensibiliser leurs paires à se désolidariser des groupes armés, à parler aux autorités tant nationales qu’internationales.

Pour le centre de création artistique et échange culturel Yolé!Africa, ni cette guerre, ni le chaos sécuritaire ne devraient pousser à céder à la panique. Depuis plus de 10 ans, cette initiative autonome encadre les jeunes et leur offre des formations gratuites dans différentes discipline artistiques et un cadre d’échanges pour ceux-ci.

Pour le moment, la population Gomatracienne est dans une confusion totale, ne sachant pas faire confiance au Gouvernement, à la communauté internationale ou aux rebelles opportunistes. Yolé!Africa et ces jeunes artistes se disent déterminés à vaincre la guerre par l’art.

Par Gaïus Kowene