10 astuces pour briller dans Mondoformation

Chaque année, les meilleurs blogueurs motivés sont sélectionnés parmi les participants au concours Mondoblog. Ces blogueurs suivent une formation à résidence d’une dizaine des jours pour perfectionner leur contribution au contenu Francophone de qualité sur internet. Ce billet s’adresse à ceux qui suivront cette formation cette année ou rêvent de la suivre un jour.

Par Gaïus Kowene

 

“Moi? Lauréat du concours Mondoblog ? Ce n’est pas possible ! »

C’est la réaction que j’ai eu en lisant le mail demandant ma disponibilité pour participer à une formation pour la 2ème édition du concours Mondoblog, organisé par l’Atelier des Medias de Radio France Internationale, RFI.

A l’instant même, un adage que me répètent souvent mes mentors de Yole!Africa m’est arrivé en tête :

« Devenir grand n’est pas un problème. Mais, rester grand, c’est ça le problème ! »

Par grand, je sous-entends quelqu’un qui est respecté par ses pairs pour l’impact de ses actions dans la communauté. Donc, faut pas jubiler parce qu’on part en formation, mais, faut plutôt se demander quel impact on aura après la formation.

Je compte partager avec vous ici quelques astuces qui vous aideront (peut-être ?) à gagner et conserver pendant longtemps le respect des autres Mondoblogueurs.

AVANT DE PARTIR

1. Connaitre les autres

La première impression est toujours la meilleure, dit-on. L’une des personnes qui a su en profiter, c’est le Guineen évoluant en Ukraine Mamady Keita.

Quand il est arrivé, il connaissait presque tout le monde : nom complet, quelques sujets traités dans des blogs, le pays d’origine, etc…

Pour y arriver, pas trop compliqué. Prenez le temps de bien lire les meilleurs blogs sur la Home de Mondoblog, son fil Twitter ou d’autres groupes sur Facebook.

Quand vous lisez un billet, veillez à regarder aussi le profil de celui qui l’a rédigé. Sa photo, son pays, ses préférences, etc…

Vous savez, ça fait un effet du genre : « Wow ! Comment se fait-il que ce blogueur me connait ? Il s’intéresse aux autres ! Il n’est pas fermé sur lui ! » Et on devient donc des amis.

2. Carnet du voyageur

N’hésitez pas à raconter sur votre blog comment vous préparez le voyage, quelles sont les faits intéressants ou stressants tout au long de votre parcours, vos attentes, vos craintes, etc….

Quand vous mettez à jour vos lecteurs, ils seront impatients de lire les épisodes qui suivront.

Faites comme le Camerounais William Bahiya. Il a presque fait du Camaralay à son arrivé à Dakar, ce qui lui a valu le passage dans l’émission l’Afrique enchantée  de Radio France.

 

SUR PLACE

3. Soyez cool

Rien ne plait aux gens que d’être avec quelqu’un qui vous met à l’aise. Bon, sur ce point, chacun a son don. Il y a par exemple les grands David Kpelly et Florian Ngimbis qui ont un sens particulier de l’humour, le malgache Rija  qui se débrouille bien dans des discussions plutôt posées, la Française évoluant en Egypte Pascaline Breuil qui sait bien taquiner quand il le faut, et la liste continue.

4. Soyez Créatif

Quand je dis créatif, je pense être un peu fort en termes de proposition. C’est-à-dire qu’il faut toujours avoir une proposition, tout en respectant bien sur l’opinion des autres.

Je pense par exemple au Mauricien Stéphane Huet qui nous a proposé d’aller faire du Shoping au marché de Grand Yoff. A l’occasion, on a pris la première photo des Mondoblogueurs de notre saison sur place à être publié sur internet !

Il y a la Française évoluant à Berlin Manon Heugel qui n’oubliait jamais de me proposer d’aller prendre un Café Touba et la Camerounaise Salma Amadore qui m’a aidé à choisir un magnifique chapeau souvenir que tout le monde convoite.

5. Travaillez en groupe

Rien n’est aussi mal qu’un Mondoblogueur qui aime s’isoler. S’isoler ne signifie pas seulement s’enfermer dans sa chambre. Vous êtes la avec les autres, mais, toi tu restes bloqué a ton Smartphone ! C’est impoli !

Fais comme la Caribéenne Mylène Colmar qui était toujours prête à participer à la rédaction d’un billet commun. Tout comme l’Ivoirien Cyriac Gbogou qui a pensé offrir un cadeau à l’équipe des formateurs en associant d’autres Mondoblogueurs.

Ah, j’allais oublier Axelle Kaulanjon et Wilney Taris qui n’hésitaient pas à joindre leurs voix aux animations de Kahofi Suy dans le chalumeau pour l’ile de la Gorée.

6. Creez des relations interpersonnelles

C’est vrai qu’on est tous blogueurs, mais, on n’est pas tous proche l’un de l’autre au même degré. Essayez de créer des amitiés qui dureront comme l’a fait Danielle Ibohn. Que ce soit avec des membres de l’équipe, leurs partenaires ou même d’autres Mondoblogueurs. Vous ne savez pas comment ce réseau des contacts vous aidera dans l’avenir.

7. Soyez Actif

Je vous demande déjà de créer un compte Twitter, si vous n’en avez pas. Faites le Live Tweet de la formation et bien sur des accotés.

Utilisez le HashTag convenu et ne manquez pas de demander aux autres Mondoblogueurs que vous voulez citer leur nom d’utilisateur pour les citer directement !

Comme ça, ils peuvent ReTweeter et tous ceux qui veulent suivre l’atelier sur internet seront obligé de passer aussi par vous.

APRES LA FORMATION

8. Consolidez vos liens

Assurez-vous d’avoir envoyé des demandes d’amitiés Facebook avec le maximum des blogueurs. Et pourquoi ne pas imiter le Centre Africain Baba Mahamat qui a initié un document qui collectait les noms, pays, emails et téléphone de tous les Mondoblogueurs ?

Ça vous permet de partager des opportunités, vous rendre des services et pourquoi pas travailler sur des projets communs ?

Personnellement, ça m’a aidé à initier le projet Ouvre un livre avec la complicité d’autres blogueurs. Cette vision s’est agrandie aujourd’hui à Radio Tshukudu que je compte lancer le mois prochain sur internet et en FM les années qui suivent.

N’oubliez pas aussi de commenter régulièrement les billets comme mon frère Congo-Brésilien Serge Katembera.

9. Gardez contact

Ecrivez-vous régulièrement ! Vous êtes déjà une famille ! Je n’oublierais jamais ces appels Skype du Malien Boubacar Sangare qui me parlait de l’organisation de la blogosphère au Mali et aussi de la vie !

Franchement, ça fait du bien !

10. Et vous, que propose-vous ?

Je n’ai pas l’intention d’être un gourou de Mondoblogdakar. Je serais heureux de lire ce que vous pensez pourrait aider des blogueurs lauréats de la 3ème édition de Mondoblog ?

>>>> Liste des blogueurs sélectionnés pour la formation #MondoblogAbijan 2014  <<<<<

Vos commentaires sont les bienvenus !

Procédure de divorce entre journaliste et coupage

Dans certains pays du Sud, il est courant de voir des journalistes accepter de l’argent ou cadeaux de leurs sources. En RDC, ça s’appelle « coupage ». C’est l’une des causes de la misère éternelle des chevaliers de plume. Voici comment en finir.

Par Gaïus Kowene

La presse couvrant l'investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo

La presse couvrant l’investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo (Crédit photo: Gaius Kowene)

En RDC (et un peu partout en Afrique aussi), il est courant de voir des journalistes travailler en clics. Quand je parle des clics je fais allusions aux groupuscules des amis.

C’est comme ça qu’ils s’invitent aussi à couvrir des événements et manifestations.

Le calcul est donc simple : vous ne faites pas partie de mon clic, je ne vous invite pas ! (parce que j’ai des amis influents au pouvoir ou dans le comité organisateur).

Ces clics sont souvent formés sur la base des intérêts. Qui dit intérêts voit aussi l’argent !

Eh oui ! Le coupage ! Cet argent appelé « transport, crédit téléphonique, dernier mot ou communiqué final » que ces journalistes exigent de leurs sources pour diffuser une information.

Des blogueurs comme Feza Umande en ont parlé sur leurs blogs. D’ailleurs, le Documentaire Kinshasa FM en parle aussi.

Et nous qui refusons de la prendre somme vu comme des traîtres. Voilà pourquoi c’est très difficile de se faire inviter à couvrir une manifestation (surtout officielle) par les adeptes de cette pratique, souvent proche des organisateurs.

Certains vont même jusqu’à nier leurs confrères, disant qu’ils ne sont pas journalistes pour prendre le montant qui leur revenait !

Ah, chers amis ! Comment voulez-vous qu’on vous respecte dans des conditions pareilles ?

Quand on devient un « journaliste domestique », c’est normal que même vos maisons de presse ne pensent jamais à votre salaire !

Non pas qu’ils manquent l’argent, mais parce qu’ils savent que vous allez en gagner « suffisamment » sur terrain !

Et alors ? Faut-il encore condamner l’Etat Congolais qui donne des autorisations de fonctionnement à des personnes qui n’ont qu’un émetteur et rien de plus ?

Faut-il condamner ces propriétaires des radios et télévisions qui ont déjà effacé dans leur dictionnaire le mot « salaire » ?

Je ne cesserais de le répéter: c’est de leur faute que beaucoup des journalistes ne sont pas payés correctement !

A mon humble avis, parce que ça ne m’engage que moi, chassez le coupage et il ira loin de vous !

Qu’est-ce que j’attends par la ?

Vous êtes devant un problème. Au lieu d’affronter le problème, vous décidez de vous accommoder. Et finalement ? Vous vivotez à votre manière, mais, le problème ne disparait pas non plus !

Ici, je veux demander à tous les journalistes Congolais d’arrêter de se plaindre sur leurs conditions de travail !

Le principe est simple : Ne demandez pas le salaire à une personne qui ne vous a pas embauché ! A l’occurrence votre source d’information !

Exigez un salaire plutôt à votre maison de presse! Et si elle n’a pas de moyen, vous ne pouvez pas faire un miracle!

Expliquez clairement à votre boss que les conditions de travail ne sont pas réunies et démissionnez !

Mais, attention, restez toujours respectueux ! Apres tout, c’est votre boss ! Evitez aussi d’aller raconter des problèmes internes ou des commérages sur la maison !

« Tu nous demande de démissionner, mais comment nos enfants vont vivre ? » me diront certains.

C’est bien d’y penser, mais, c’est beaucoup mieux de voir loin !

Si vous maitrisez votre travail, vous pouvez travailler en indépendant et gagner votre vie honnêtement.

Vous garderez le respect que les gens ont pour vous et prouverez qu’être journaliste Congolais n’est pas forcément synonyme d’être mendiant.

Mais, tant que vous continuerez à chercher à vous accommoder au problème en acceptant le coupage, vous continuerez à pérenniser cette image du journaliste misérable et encourager les responsables des médias à ne jamais penser au salaire.

Autre chose : ce problème de coupage est aussi un problème de morale. J’ai vu des journalistes bien payés (par rapport aux autres) mais, qui se battaient aussi pour avoir le 5 $ de leur source ! Quelle honte!!!

Donc, ici, les responsables des médias devraient être strictes avec leurs journalistes : quiconque prend le coupage perd son boulot !

Hahhahahaha !!! Cette menace n’a de sens que si ce boulot lui permet de vivre. C’est-à-dire avant de menacer, pensez à leur remettre dans leur droit! Pour être direct: Payez leur salaire!

Et si vous n’en avez pas les moyens, fermez tout simplement votre maison de presse. Investissez votre argent ailleurs !

Il y a tellement des domaines d’interventions qui rapporteront beaucoup plus d’argent sans autant d’embrouille. Après tout, tout le monde n’est pas obligé d’être journaliste ou responsable d’un média pour vivre, hein!

Chassez le coupage et il fuira loin de vous !

 

>>>>>>>> A lire aussi

Soumission du journalisme au marchand et au politique

Regards sur le quotidien des journalistes Africains

Libérez-vous de la prise en otage systématique