RDC: « Il y a des détournements qui sont couverts »

Les éléments Mai Mai Morgan actif dans le Mambassa. Source: kigaliconnect.com

Les éléments Mai Mai Morgan actif dans le Mambassa. Source: kigaliconnect.com

Les jeunes Congolais se plaignent de ne pas voir les fruits de travail de leurs élus. Ils les accusent de privilégier des intérêts personnels ; oubliant les promesses faites pendant la campagne électorale. Certains jeunes pensent même que les députés alimentent les conflits armés dans l’Est de la RD Congo.

Nous avons approché le député national, l’honorable Abdallah Pene Mbaka, élu du territoire de Mambasa, en Province Orientale.

Les jeunes ont raison

Il renseigne que ce problème existe depuis longtemps. « Lorsque je grandissait, tous ceux qui étaient élus au nom de Mambasa ne voulaient pas rendre de compte à la population, se souvient-il. Il y avait un vide de leader. » Ce constat l’a poussé à se lancer dans la politique pour tenter d’inverser la courbe.

D’abord administrateur de territoire en 1996, puis député élu en 2011, Il dit comprendre les réclamations de la jeunesse. Mais, il appelle à la prudence : « Les jeunes peuvent avoir raison de penser que certains sont parti pour leurs intérêts. Mais de là, globaliser serait aussi une erreur de généralisation. »

Pas au four et au moulin

Mais pourquoi ne tiennent-ils jamais (ou presque) leurs promesses électorales ?

Abdallah Pene Mbaka jette la balle à l’exécutif dont il dénonce le laxisme face aux détournements des deniers public. « Il y a beaucoup des choses que j’ai demandé à l’exécutif pour ma base, mais ça traine, se plaint-il. Il y a des détournements qui sont couverts. » Il estime avoir fait sa part en dénonçant et appelle la justice à faire son travail. Il se justifie : « Le député ne peut pas être au four et au moulin. »

Des politiques complices

Bien qu’il ne confirme pas ouvertement la complicité des politiques dans la crise à l’Est, il avance sa réflexion dans le même sens que les soupçons des jeunes Congolais. Exemple typique : Le chef rebelle en territoire de Mambasa, Morgan, a  le soutient de certains politiques du milieu. Pour le prouver, l’honorable Abdallah Pene Mbaka nous renvoie à l’histoire de ce Chef rebelle qui terrorise la population et les animaux : « Morgan fut un braconnier ; plusieurs fois arrêté et plusieurs fois relâché. Certaines autorités se servaient de lui pour avoir clandestinement l’ivoire et la viande d’éléphants. Petit à petit, il est devenu nuisible pour toute la communauté. »

En matière de bonne gouvernance, l’honorable député est direct : « Il n’y a pas de bonne gouvernance a Mambasa. Les contribuables paient des taxes, mais ne voit pas de contrepartie. »

Par Gaïus Kowene

RDC, sur la voie de la RCA?

François Bozize, ancien président Centrafricain déguerpi par la coalition rebelle Seleka. Source: 20min.ch

François Bozize, ancien président Centrafricain déguerpi par la coalition rebelle Seleka. Source: 20min.ch

« La situation en République Centre Africaine nous inspire et montre à Kinshasa ou ses agissements peuvent l’amener. » Voilà ce que disait Jean Marie Runiga en début Janvier 2013, dans un point de presse à Bunagana (à la frontière entre la RDC et l’Ouganda). A l’époque, il était président de la rébellion mouvement du 23 Mars, M23. C’était juste avant la reprise des négociations avec le gouvernement de Kinshasa à Kampala, en Ouganda.

Le scénario en RDC, bien que dans un contexte différents, risquerait peut être un jour d’être le même qu’en RCA. Pourquoi ?

Tout d’abord, en RCA, une coalition des groupes rebelles prend les armes et contrôle la plupart des villes du pays. En RDC, cela a été le cas avec le M23 (qui a aussi fait alliance avec plusieurs autres groupes armés d’auto-défense). Ce mouvement rebelle a contrôlé pendant une dizaine des jours la ville de Goma, capitale provinciale du Nord Kivu.

En centre Afrique, les rebelles menaçaient de renverser le pouvoir en place, s’il ne négociait pas ou ne respectait pas les accords. En RDC, Vianney Kazarama, porte parole militaire du M23 l’a dit (par mégarde, je présume). « Nous irons jusqu’à Kinshasa pour chasser ce type (Joseph Kabila), a-t-il dit. Qu’il nous laisse notre pays après l’avoir détruit, et qu’il aille aussi mourir comme Mobutu. » C’est par après que l’actuel président du M23, Bertrand Bisimwa, à l’époque porte parole politique viendra temporiser dans les médias : « Nous n’avons l’intention de renverser personne, nous ne sommes pas entrain de mener un mouvement de libération. Nous ne faisons que revendiquer ce dont les Congolais ont besoin. »

Le gouvernement de la Centre Afrique, avec à la tête l’ex président François Bozize a accepté de négocier avec les rebelles.  Des concessions ont été faites, un accord de paix était signé et une force neutre était déjà en RCA. Pour la RDC, les négociations ont eu lieu à Kampala et se poursuivront. Certaines concessions sont et  d’autres seront encore faites. De là viendra, probablement, un accord de paix. Au même moment, une force internationale neutre (Brigade d’intervention, selon l’ONU) sera mise en place.

Comme la situation en RDC continue à se développer, le scenario arrêté momentanément à cette scène. Mais sous coulisses, il se poursuit.

L’une des possibilités est le semblant de sympathie dont certains Chefs d’Etat de la région ou du monde font l’objet de la part du président Congolais, Joseph Kabila. Ils ont fait ce même semblant avec le Centre Africain François Bozize pour le lâcher à la dernière seconde. Cela se dessine déjà avec le double jeu de l’Ouganda et du Rwanda accusés par l’ONU de soutenir les rebelles du M23. Les USA entrent aussi dans le double jeu avec des semblants de condamnations du Rwanda et de « bonne volonté » dans l’affaire Ntaganda. Au même moment, ils continuent à soutenir clandestinement le Rwanda pour qu’il arme les rebelles du M23 en RDC. Le président Denis Sasu, du Congo Brazza voisin, aussi dans le jeu de cache-cash. Qui oublie sa position face au régime Kabila avec l’Affaire du General Faustin Munene ?

Conclusion: Accord de paix, force internationale neutre n’ont pas empêché le régime de Bozize de s’écrouler. Le Congolais Joseph Kabila doit donc rester prudent.

La complicité de certains membres du gouvernement avec des groupes rebelles partout dans le pays (récemment au Katanga avec des mouvements sécessionnistes) fragilise de plus la capacité du régime Kabila de résister à un tel coup.

S’il ne fait pas partie du jeu de cache-cache de ses pairs, le président de la RDC Joseph Kabila risque de se retrouver pris dans le piège sans la possibilité de bouger. Le scenario Centre Africain pourrait se répéter en RDC d’une façon ou d’une autre. Tout comme celui de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda se répète.

Par Gaïus Kowene

RDC: Historique de la ville de Goma

Le rond point Signers à Goma, dans l'Est de la RD Congo

Le rond point Signers à Goma, dans l’Est de la RD Congo

Goma est une ville touristique situé entre le lac Kivu et le volcan Nyiragongo, dans l’Est de la RD Congo. Elle est à la frontière avec la ville Rwandaise de Gisenyi. Cette ville a été d’une importance particulière pour les différentes grandes rebellions de la région (AFDL, RCD, CNDP et M23). Mais, comment est-elle devenue une si grande agglomération ?

Le journaliste Congolais Cyprien Miburo Bara (+ de 26 ans d’expérience) a travaillé sur la monographie de cette ville. Il nous l’explique dans ce billet.

Tout commence en 1886, quand l’explorateur Götzen suivait les traces d’un missionnaire en provenance de la cote orientale l’Afrique. Pendant qu’il se rendait au Rwanda, il découvre un petit village des pécheurs appelé Ngoma (ce qui traduit signifie Tam Tam). Accompagné des indigènes par des pirogues, il découvre les iles d’Idjwi (dans le lac Kivu) et après, ce qu’est aujourd’hui la ville de Bukavu.

En ce moment, Ngoma devint un poste Belge en face de celui de Rubavu (au Rwanda) habité par les Allemands.

Au début, la cohabitation entre ces deux postes n’était pas facile. A un certain moment, les chefs coutumiers du Rwanda, en complicité avec les Allemands attaquent les Belges de Goma. Ces derniers se refugient à Bukavu et laissent les envahisseurs occuper la ville. Après des négociations, les Allemands replient vers le Rwanda et les Belges reprennent leur position initiale comme poste colonial.

L’afflux des colonisateurs dans ce village joue un rôle important dans son évolution pour devenir une grande agglomération. Les colonisateurs venaient d’installer le chef lieu du district Belge à Rutshuru ou vivait l’administrateur colonial. Le chef lieu passera de Rutshuru à Goma, pour se retrouver à Bukavu (au Sud Kivu) en 1954.

En ce moment, Goma reste un poste de transaction lacustre avec Bukavu qui était une ville minière. Plus tard, Rutshuru, Masisi, Kalehe, Gisenyi, etc. déverseront leurs populations dans Goma, à la rechercher de l’emploi au près des colonisateurs. C’est en cette période que vu le jour le quartier Birere (un bidonville de Goma) autour des entrepôts, bureaux et habitations des colons. Le nom Birere (littéralement feuille de Bananes) vient du fait qu’à l’époque, les gens y construisaient en feuilles des bananes.

Grace au fond indigène, les belges créeront un camp pour les travailleurs et y construiront des Maisons. En 1954, les Belges ont construit la route Goma – Sake (environ 30 km de Goma) pour faciliter le trafic routier. Certaines maisons construites à cette époque sont encore visibles aujourd’hui. Notamment à Byahi (vers l’aéroport de Goma), dans les quartiers Virunga, Offices, etc.

Depuis, l’explosion démographique a et le bon climat des affaires (au niveau locale, bien sur) a fait de Goma une grande ville touristique. Proche du volcan Nyiragongo et du Parc National des Virunga, cette ville abrite aujourd’hui  plus de 2 860,6 habitants (source : Monographie de la province du Nord Kivu par le ministère Congolais du plan en 200)

RDC: “On ne réussit pas sans parapluie”

Le bâtiment du campus du lac ou fonctionnent 5 universités de la ville de Goma.

Le bâtiment du campus du lac ou fonctionnent 5 universités de la ville de Goma.

Lauriane vient juste d’avoir son diplôme d’Etat, l’équivalent du baccalauréat. Elle s’inscrit dans une université de la place et suit normalement les cours. Mais, une surprise l’attend.

Dans l’auditoire, son enseignant d’économie donne un travail dirigé, appelé TD dans le jargon estudiantin. Un groupe d’étudiants remettent leurs travail et sortent de l’auditoire. Lauriane n’est pas du nombre. Elle se retrouve parmi ceux qui n’ont pu finir l’exercice et reste dans la salle.

« Laisse-moi ton nom et ton numéro de téléphone, lui dit son enseignant. Je vais rayer ton nom de la liste de ceux qui n’ont pas fini l’exercice.» Lauriane exécute l’ordre et retourne calmement à la maison.

A peine arrivé, son téléphone sonne. Cet enseignant veut la voire. Comme il faisait tard, elle ne pouvait pas sortir de sa parcelle. Elle pressent des soupçons et décide de changer de numéro de téléphone.

Le lendemain, l’enseignant envoie le chef de promotion appeler la demoiselle. Prétexte poussé, qu’elle vienne aider l’enseignant à ranger les papiers d’interrogations. Quand elle fini, l’enseignant ouvre le front : « A l’université, on ne réussit pas sans parapluie, lance-t-il. Je veux t’aider dans le suivi de tes notes chez d’autres enseignants. Pour ça, nous devons vivre ensemble. »

Bouleversée, la jeune fille promit d’y penser et fait tout pour éviter cet enseignant. Mais, celui-ci ne baisse pas son arme. Il change de stratégie. Il utilise désormais le numéro de téléphone du Chef de promotion pour parler à Lauriane. Elle arrête de répondre aux appels de ce numéro.

Jour-J, l’université affiche les résultats des examens. Lauriane échoue lamentablement et est non admise à la filière. Elle n’y croit pas. « Cet enseignant doit y être pour quelque chose, pense-t-elle. » Elle décide d’aller lui exposer le problème.

« La balle est dans tes mains, répond l’enseignant. Tu as refusé de coopérer. Ce n’est pas encore trop tard. Si tu causes bien, tu réussiras. Dans le cas contraire, tu échoueras ! » La jeune fille reste ferme dans sa décision et en assume les conséquences.

La pression du groupe se resserre autour d’elle. « Il y a des amis qui me disaient que ça (rapports sexuels avec l’enseignant) ne dure pas longtemps et que ça ne laisse pas de tache. »  Elle ne cède la « matière » (sexe).

Pour elle, impossible de vivre une relation érotique avec un enseignant considéré comme son propre père. En  plus, la réputation de cet enseignant est gâchis : « Il a 3 femmes à la maison, renseigne Lauriane. Il a des amourettes dans tous les auditoires. Tout cela ne lui suffit pas ? »

La famille de Lauriane pensait aller déstabiliser l’université pour venger cette injustice imposée à leur sœur. Elle l’en empêche pour « ne pas s’attirer des problèmes. » Ce qui la décourage ? Le laxisme du recteur de l’université qui juge que cela relève de la vie privée de l’enseignant. Il n’est pas le seul à agir ainsi.

Le souhait de Lauriane est clair : « Que les universités ne donnent pas beaucoup de charges aux enseignants. Ils en abusent et se considèrent supérieurs. Un enseignant ne doit pas avoir le droit de vie ou de mort sur la scolarité d’un étudiant. »

En attendant, Lauriane a changé de ville pour poursuivre ses études. Elle a su résister au phénomène « Notes sexuellement transmissibles » qui comporte tout un tas de danger.

Par Gaïus Kowene

Jeunes: Pour quoi sont-ils accro aux reseau sociaux

Ça fait plus de 2 ans que j’utilise trop internet. Mais, j’ai constaté, comme beaucoup, que les jeunes passent la plupart de leur temps sur les réseaux sociaux. En Afrique ou l’internet est encore un luxe, certains utilisent leurs téléphones mobiles pour toujours rester connecté. Mais, qu’est-ce qui les accroche sur ces réseaux sociaux? Qu’y font-ils?

Je vous invite à découvrir mes réponses après observation attentive. Vous pouvez aussi donner vos raisons par des commentaires à ce billet.

Tout d’abord, qui son ces jeunes sur les réseaux sociaux? En tout cas, pas ceux que vous voyez à la maison, à l’église ou au collège!

Ils y ont une casquette tout autre! Chef d’entreprise, spécialiste en …, plus branché et plus ouvert, et malheureusement, plus naïf! Ils croient plus à quelqu’un qu’ils trouvent sur les médias sociaux qu’en ceux avec qui ils vivent.

Ils y exposent leurs rêves de devenir « Quelqu’un » en le mettant au présent. Vérifiez leurs profiles: Il y a peu, ou presque pas de chômeur sur facebook. Ceci les permet de se sentir en self-confidence (estime de soi). Ils peuvent ainsi avoir plus de respect et de considération que dans leur entourage.  Mais pourquoi y sont-ils souvent?

Je viens de vous dire qu’ils s’y créent une certaine personnalité. Ils y restent pour garder cette personnalité. Ils ne veulent pas décevoir ces personnes qu’ils y rencontrent. Il y en a qui sont prêt à se priver de sommeil pour sauver cette face.

Maintenant, une fois connecté, qu’est-ce qu’ils y font? Des rencontres, des causeries, des luttes de résistance, etc… La, ils se sentent un peu libre de parler des sujets que la société Africaine considère comme tabou (notamment le sexe). Pour les « révolutionnaire », c’est la tribune pour dénoncer tous les abus du pouvoir, chose qu’aucun média ne les permettrait. Chacun y va maintenant aussi pour s’y vendre, vendre son idéologie, sa façon de voir les choses.

Y a-t-il un danger? Tout à fait! Nous ne parlerons que de deux dangers à être accros sur les réseaux sociaux.

Le tout premier danger est la perte de temps. On a tendance à oublier le nécessaire une fois le né collé à son écran et les mains au clavier. On sacrifie parfois des programmes ou rendez-vous importants juste par ce qu’on doit « écrire encore juste un mot ». Certaines personnes se sont vu sanctionnés par leur employeurs pour inefficacité du à la dépendance aux réseaux sociaux.

Le deuxième danger est en rapport avec votre vie privé: Beaucoup des jeunes y donnent des informations importantes en rapport avec leurs passée, leur intimité, leur faiblesse, etc… Attention!!!! Il y a des prédateurs qui peuvent en profiter pour vous avoir. Vous avoir dans plusieurs sens, oui! (vous escroquer, abuser de vous sexuellement, usurper de votre identité, etc…).

Que retenir de cet billet? Utilisez les réseaux sociaux, c’est bien, mais prudence s’exige! Veillez à ce que cela ne joue pas sur votre efficacité (au travail, à l’école, santé) en perdant votre temps inutilement. Veillez ne jamais fournir des informations personnelles à des inconnus (des personnes que vous venez de connaitre sur le net).

(Cet billet ne contient pas tous les résultats de mon observation. Le reste, dans des prochains billets)

Par Gaïus Kowene

M23:Makenga investit Bisimwa president

Porte parole politique du M23 à la conférence de presse de ce 03 Janvier à Bunagana

Bertrand Bisimwa, actuelle président du M23 à la conférence de presse de ce 03 Janvier à Bunagana

Crise de leadership au M23: le numéro un du Haut commandement militaire, le Général de Brigade Sultani Makenga, a investit Bertrand Bisimwa à la présidence de ce mouvement rebelle, à Bunagana. La ceremonie d’investiture a eu lieu le Jeudi 07 Mars 2013 à Bunagana. Pendant son speech, le nouveau président du M23 a donné son projet de société.

En ce qui concerne les négociations de Kampala, cet ail du M23 se réjouit de la déclaration du gouvernement Conglais de vouloir trouver un accord avec eux.

Sur la question de légitimité de son pouvoir, Bertrand Bisimwa, répond dans ce podcast.

Par Gaïus Kowene

 

Runiga parle du M23 après des dissensions

Le president du M23 Jean Marie Runiga dans une conference de presse le 03 Janvier 2013 à Bunagana

Le president du M23 Jean Marie Runiga dans une conference de presse le 03 Janvier 2013 à Bunagana

La fissure au sein du M23 n’affectera en rien les négociations de Kampala: Voilà ce qu’a dit Jean Marie Runiga, président du M23, destitué par le Général Sultani Makenga. Pour lui, Makenga a fait défection et a rejoint les forces armées de la RD Congo. Il a été remplacé par le General Baudoin Ngaruye. Le porte-parole militaire, le colonel Vianney Kazarama, a aussi été suspendu et remplacé par le colonel Seraphin Mirindi. L’ail Makenga du M23 siège à Bunagana (frontière avec l’Ouganda) pendant que l’ail Runiga siège à Kibumba, à une trentaine des kilomètres de Goma. La question de la force neutre est aussi au rendez-vous.

Ecouter le podcast

RDC : Nouveau test d’indépendance de la justice

La police Nationale Congolaise entrain de vouloir disperser une des manifestations du mouvement Lucha à Goma, RD Congo

La police Nationale Congolaise entrain de vouloir disperser une des manifestations du mouvement Lucha à Goma, RD Congo

Des jeunes manifestants Congolais du mouvement Lutte pour le changement, LUCHA, ont déposé ce 27 Février une plainte contre un officier de police.

Dans une lettre adressée au Procureur Général près la cours d’appel du Nord Kivu, l’avocat de ce mouvement demande des poursuites judiciaires et sanctions exemplaires en l’encontre du Major Mulamba, commandant du Groupe Mobile d’Intervention à Goma. Ils l’accusent d’avoir copieusement battu une vingtaine des jeunes, membre de la LUCHA, pendant un sit-in la nuit du 21 Février 2013, aux bureaux de l’assemblée provinciale. Cette même nuit, il a extorqué avec ses hommes des téléphones portables, un appareil photo, des bâches et d’autres effets nécessaires pour leur sit-in. Tout ceci a été emporté dans le véhicule de la police.

Ces jeunes pensent avoir raison de réclamer ce droit comme leur manifestation n’était pas illégale. « Nous n’avions barré ni la route, ni les portes du bureau de l’assemblée provinciale, se justifie l’un d’eux. Nous avions informés les autorités comme prévue par la constitution. »

La justice Congolaise est de nouveau devant test de son degré d’indépendance et son niveau de démocratie. Il arrive des fois que les trafics de l’influence classent sans suite des dossiers pareils ou mènent à des sentences qui ne s’exécuteront jamais.

C’est une occasion de reconstruire (ou pas) la confiance des Congolais en leur justice. L’avenir nous en dira plus.

Par Gaïus Koowene

RDC: Si Runiga est viré du M23, voici les scénarios possibles

Jean Mari Runiga (en veste) et Sultani Makenga (en tenue militaire) le 03 Janvier 2013 à Bunagana

Jean Mari Runiga (en veste) et Sultani Makenga (en tenue militaire) le 03 Janvier 2013 à Bunagana

Une décision signée le 27 Février 2013 par le Général de Brigade Sultani Makenga a destitué Runiga Lugerero Jean Mari de la présidence du M23. Le M23 est un mouvement rebelle actif à la frontière entre l’Ouganda, le Rwanda et la RD Congo. Depuis le 17 Aout 2013, l’aile politique a été séparée de l’aile militaire. Jean Mari Runiga, nommé à cette date président du parti, devait conduire le mouvement selon une certaine vision.  Ce parti nie le soutient du Rwanda et de l’Ouganda, pourtant prouvé dans les rapports des experts de l’ONU.

Viré du deal (Business ou affaire), Runiga Lugerero Jean Mari dit garder la légitimité et Sultani Makenga tente de dissimuler les accusations de corruption contre lui. S’il s’avère vrai que Runiga est viré du M23, il pourrait (soit est déjà) finir dans l’un des scénarios suivant :

Rester loyal à Ntaganda

Le Général de Brigade Bosco Ntaganda, recherché par la CPI, a dès la conception joué un rôle capital dans le M23. Apprécié par le Général Paul Kagame (actuel président Rwandais) et le Général James Kabarebe (actuel ministre Rwandais de la défense) pour ses liens avec le Rwanda, il était frustré de ne pas recevoir le commandement du M23.

Jean Mari Runiga a préféré Ntaganda à Makenga. Il n’est pas le seul. Toute une liste d’autres officiers supérieurs du M23 ont fait le même choix. Pourquoi ? Parce que Makenga est un Congolais depuis ses racines et, donc, n’inspire pas confiance à aux employeurs Rwandais. Il a eu cette lourde responsabilité grâce à l’assurance que son maître Laurent Nkunda (ancien président du CNDP, ancêtre du M23) a donnée aux employeurs. Pourtant, Ntaganda a fait ses preuves en Ituri et même avec le CNDP.

Voilà l’une des raisons qui aurait poussé Runiga et certains de ses acolytes à choisir Bosco Ntaganda, le Terminator.

Créer son propre mouvement rebelle

Les problèmes entre les hommes ne manquent jamais. Un divorce de ce mariage Runiga – Ntaganda pourrait être signé un jour. Si Runiga arrive à échapper au Terminator et acquiert toutes les habilités nécessaires, il pourrait être tenté de créer son propre mouvement rebelle, son propre deal. Son argument serait d’avoir appris des failles du camp Makenga et celles de Ntaganda. En suite, il se proposera comme la seule alternative idéale. Une fois dans le circuit, les contacts nécessaires et l’expérience acquise du M23 pourront l’illusionner.

Se rendre à la MONUSCO et/ou aux autorités Congolaise

Des fois ça barde. Pas moyen de s’échapper et rester en vie. Ici, le Bishop Runiga pourrait décider de se rendre à la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de la RD Congo, MONUSCO, et/ou au gouvernement. Pour ça, il pourrait se présenter comme une personne en danger craignant pour sa sécurité (comme l’a fait l’opposant Roger Lumbala avant de rejoindre officiellement la rébellion). En échange, il pourrait proposer de témoigner contre ses anciens employeurs Rwandais ou de donner des informations pertinentes à la CPI pour arrêter Ntaganda.

Refaire une Eglise

Déçu par la politique, il pourrait décider de disparaître comme l’ancien vice président  Azarias Ruberwa. Il pourrait créer une autre Eglise et attirer des croyants. Son astuce serait de prêcher l’histoire de David qui a péché plusieurs fois, mais s’est repenti. Il pourrait aussi prêcher une certaine révélation ou un certain appel reçu de la part de son dieu de quitter la politique pour une mission évangélique spéciale. Avec en tête la parabole de l’enfant prodigue, il y aura surement des Congolais qui se laisseront séduire par cette reconversion et rempliront son église.

Se réconcilier avec Makenga

Et si tout ceci n’arrivait pas, il pourrait appliquer une des lois du stratège Nicolas Machiavel qui encourage un leader à « se faire un allié involontaire ». Cette technique permet de maîtriser et halluciner son adversaire avant de se débarrasser de lui. C’est ce qu’a fait le président Congolais, Joseph Kabila, avec des anciens rebelles dans le 1 + 4 avant les élections de 2006. Ou sont-ils aujourd’hui ? Ruberwa a disparu de la scène politique, Bemba est à la CPI, Zaidi Ngoma est sans danger et Abdulai Ndombasi est bien géré. Kabila reste seul maintenant au pouvoir. C’est un scénario possible où il pourrait accepter de se plier et présenter publiquement des excuses à Makenga pour le renverser après.

Beaucoup d’autres scénarios sont possibles. Si vous en avez, merci de le partager avec nous par des commentaires.

Par Gaïus Kowene