Les conditions que le M23 pose avant de quitter Goma

Dans son point de presse tenu aujourd’hui à l’hotel Ihusi, à Goma, le M23 a posé un certain nombre des conditions avant de quitter la ville de Goma. Voici ce que son président, le Bisop Jean Marie Runiga a demandé
1. La levée de la privation de liberté (résidence surveillée) imposée à Etienne Tshisekedi, président de l’Udps
2. Libération des prisonniers politiques
3. Arrestation immédiate du général Numbi pour son implication dans l’affaire Chebeya
4. Création d’une commission d’enquête indépendante sur la tentative d’assassinat du docteur Denis Mukwege.
5. Poursuite et enquêtes indépendantes sur le massacre des adeptes de la secte Bundu Dia Kongo
6. Dissolution de la CENI et poursuite des membres de son bureau pour fraude
7. Création d’une commission d’enquête indépendante pour dénicher le réseau qui collaborait avec le Général des FARDC suspendus, Tango four, dans le trafic d’armes.
8. Déclarer un cessez-le feu et fixer un calendrier précis des négociations incluant l’opposition Congolaise, la société civile et la Diaspora
9. Retirer les miliciens du FNL, FDLR, ADF NALU de la RDC
10. Rétablir la vérité des urnes en proclamant vainqueur Etienne Tshisekedi

Goma: L’art vaincra-t-il les armes ?

Des jeunes de Goma en pleine séance d’échanges culturelles.

Des violents affrontements ont lieu à Kibumba, localité située à moins de 30 kilomètre de la ville de Goma, dans l’Est de la RDC. Des déplacés affluent en masse vers le Rwanda, l’Ouganda et dans des camps des déplacés environnant la ville.

Des chars de combat de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de la RD Congo (MONUSCO) sont visibles dans des coins stratégiques de la ville de Goma. La manifestation des épouses des militaires morts au front le matin n’a fait qu’empirer la psychose, paralysant toute les activités dans la ville de Goma.

Toutefois, une vingtaine des jeunes Gomatraciens ont profité de cette occasion pour réfléchir sur le chaos sécuritaire qui prévaut et ce qu’ils peuvent faire. La projection d’un film court-métrage prévue pour ce samedi, a été reportée pour le week-end prochain. Le débat était ouvert, avec des hélicoptères de la Monusco dans le ciel, signe de la fragilité de la sécurité. C’était au centre de création artistique et échanges culturel Yolé!Africa.

Ces jeunes ont tout d’abord voulu comprendre la cause de cette guerre infernale (cycle ininterrompue) dans l’Est de la RDC, en province du Nord Kivu.

Ils ont brossé un brève historique de la guerre depuis 1996, décrié la complicité de certains membres du gouvernement et formulé des recommandations. Ils ont fait remarquer que condamner seulement le Rwanda revient à distraire la population pour oublier les grandes puissances qui sont derrières. Ils ont proposé utiliser leur art pour sensibiliser leurs paires à se désolidariser des groupes armés, à parler aux autorités tant nationales qu’internationales.

Pour le centre de création artistique et échange culturel Yolé!Africa, ni cette guerre, ni le chaos sécuritaire ne devraient pousser à céder à la panique. Depuis plus de 10 ans, cette initiative autonome encadre les jeunes et leur offre des formations gratuites dans différentes discipline artistiques et un cadre d’échanges pour ceux-ci.

Pour le moment, la population Gomatracienne est dans une confusion totale, ne sachant pas faire confiance au Gouvernement, à la communauté internationale ou aux rebelles opportunistes. Yolé!Africa et ces jeunes artistes se disent déterminés à vaincre la guerre par l’art.

Par Gaïus Kowene

Bloggez efficacement !

Après vous avoir raconté comment je suis devenu un bloggeur, je pense aujourd’hui partager avec vous certaines astuces qui m’aident à toujours le rester.

En fait, quand beaucoup entendent parler du blogging, ils se mettent en tête pas mal d’illusions. Ça fait qu’au départ, l’on a un courage exceptionnel et l’on prend son temps avant de publier un billet dans son blog. Avec le temps, l’on commence petit à petit à ne pas trop se concentrer sur son billet, puis des légers retards dans la publication et en fin de compte, on ne publie plus rien du tout. Vous ne voulez pas arriver à ce point ? Faite de ce billet votre.

Je parle de cette façon par ce que j’en ai une petite expérience. Il y a des blogs que je créais juste par sentiments et ont fini par être bloqués faute de mise à jour.

Tout d’abord, considérez votre blog comme VOTRE truc à vous, et non un outil pour chercher à impressionner les amis. De cette façon, vous savez que vos publications ont une répercussion sur VOTRE personnalité, bref, votre dignité, quoi. Vous ne le mettre, donc, pas à jour pour intimider des amis qui n’auront pas toujours le temps d’y penser.

Ensuite, pensez à votre audience (lecteurs). C’est par là que la communication commence. Qu’est-ce qui peut les intéresser ? Que trouveront-ils de spécial dans mon blog, qui n’a pas été dit dans des medias ? Ces questions vous aideront à choisir ce que vous y publierez et pour quoi. Ici, soyez franc avec vous-même et voyez plus loin. Vous pourrez par exemple parler des sujets sociopolitiques, la religion, les droits humains, l’économie, la vie dans votre quartier, les initiatives locales, les expériences de la vie, les réflexions originales, etc…

N’oubliez pas, vous écrivez pour des gens qui n’ont jamais pensé que votre village  pourrait exister. Expliquez donc bien les abréviations, jargons, les noms des villages et essayez de les situer par rapport à une grande référence (par exemple : la ville de Goma, à l’Est de la RDC ; les pygmées, peuple autochtone et premier habitants de la RDC ; etc…). N’écrivez pas que ce qui VOUS plait mais aussi ce dont VOS LECTEURS ont vraiment besoin.

En écrivant, ne vous basez pas trop sur le style journalistique. Vos lecteurs l’ont déjà dans les différents medias et sites web d’informations. Dans votre blog, ils devraient plutôt trouver un style normal, facile à comprendre et qui respect certaines règles générales. Là, pensez aux 5 W (QUI a fait QUOI, à QUI, QUAND, POURQUOI et comment dans le texte narratif). Personnellement, je préfère les mettre dans la première phrase, de telle façon que même si vous ne lirez pas tout l’article, mon message sera déjà passé ! Ça s’appelle le style informatif. Attention !!! Pas question des phrases kilométriques (très longues).

Une autre astuce, c’est le principe du SIC (Surprendre, Intéresser et Convaincre). Avec ça, votre message atteindra le plus de monde possible. Soyez aussi concis, précis er claire. Que votre texte soit de 500 à 700 mots, avec des photos illustratives.

Mais, vous n’avez pas encore fini ! Une fois que vous avez publié votre billet, faites connaitre aux gens le fruit de votre travail. Partagez le lien de votre nouveau billet  dans des groupes sur tous les réseaux sociaux possibles. De cette façon, les gens seront au courant de votre nouvelle publication.

La plus grande question qui reste est de savoir comment fidéliser ses lecteurs. La réponse la plus simple qui soit est de vous montrer, vous-même fidèle. Choisissez-vous une fréquence à la quelle vous mettrez à jour votre blog. Au début, moi, je vous conseillerais de le faire de façon hebdomadaire. Fixez vous un jour dans la semaine où, qu’il pleuve, qu’il neige, vous devez publier au moins un article. Choisissez une heure à laquelle les gens sont un peu relaxe (c’est-à-dire pas coincé par le boulot, ni pressé de rentrer à la maison). N’oubliez pas de mettre les mots clés de votre billet et une synthèse dans la case appropriée.

De cette façon, vous attendrez et fidéliserez le plus de monde possible. Vous serez devenu un bloggeur efficace !

Par Gaïus Kowene

Etre bloggeur

Gaïus Kowene (au milieu) discutant d’un article de son blog avec 2 étudiants de Yolé!Africa/ Goma, RDC.

Voici comment je suis devenu un bloggeur :

En 2006, quand je vivais encore à Butembo, j’avais rencontré quelqu’un qui me disait qu’il avait l’habitude de lire des ouvrages des bibliothèques en Europe, grâce à internet. J’étais vraiment intrigué et voulais aussi tenter l’expérience. Les premières recherches par les quelles je me familiarisais avec internet furent « Toutes les photos de Westlife ».

Depuis, j’avais demandé à un ami de me créer une adresse e-mail et on s’écrivait régulièrement. Ma curiosité m’a permit d’être un peu en avance même par rapport à cet ami qui m’avait aidé à créer un adresse e-mail. Je voulais à tout prix m’imprégner de ce qu’est internet. Quand j’ai entendu parler de facebook, je m’y suis aussi inscrit. Eh, une petite précision. Tout ca, très difficilement, par ce que l’accès à la connexion internet était difficile et coutait chère.

Dans une nuit d’insomnie, je suivais la radio France internationale, rfi. Du coup, j’entendis une voix : « Bonjour, c’est atelier des medias.» C’était la voix de Ziad Maalouf, présentateur de l’émission.

Au départ, je me demandais ce qu’ils fabriquaient, par ce que ça avait l’air moche ! Mais comme c’est la rfi, je me suis dit : « Ok, je peux juste attendre le prochain journal d’actualité dans 20 minutes. »  Ce qui m’avait ensorcelé pour y prêter attention, c’était les conseils de Cédric Kalonji. « Ah, bon !!! je m’exclamais. Il existe une émission ou l’on aide les gens avec des conseils pour être bon bloggeur ! Je dois aussi m’inscrire pour profiter de cette occasion. » C’est ainsi que le lendemain matin, j’étais parti dans un cyber proche pour m’inscrire à l’atelier des medias.

Quand j’avais appris qu’il fallait postuler pour la 3ème saison de mondoblog, je l’ai fait sans tarder. Je mettais régulièrement à jour mon ancien blog crée pendant une formation sur le Social Medias Networking (au centre de création artistique et échanges culturels Yolé!Africa/ Goma, RDC, avec le bloggeur Américain Saleem Reshamwala). Pour être sur d’être sélectionné, j’alimentais mon blog à partir de mon téléphone portable, faute de connexion internet.

Grace au soutient de Yolé!Africa, moi et certains de mes articles sommes présentés en exclusivité sur atelier des médias rfi, j’ai plusieurs fois figuré dans le top 10 des articles les plus lus et j’ose rêver être parmi les meilleurs bloggeurs francophone de cette 3ème édition de mondoblog. Je sais que ce n’est pas facile, mais je suis aussi convaincu que ce n’est pas non plus impossible. Avec les encouragements, conseils et remarques de tout le monde, je peux dire : Yes, we can !

Par Gaïus Vagheni Kowene