Paix, un business qui rapporte beaucoup

Que pensent vraiment les habitants de Goma du concert de Akon ce 21 Septembre 2014 à l’occasion de la journée internationale de la paix?

Par Gaius Kowene

Affiche du concert de Akon à Goma ce 21 Septembre 2014, journée mondiale de la paix (Crédit photo: www.peaceoneday.org

Affiche du concert de Akon à Goma ce 21 Septembre 2014, journée mondiale de la paix (Crédit photo: www.peaceoneday.org

La RDC est célèbre pour ses deux décennies de guerre et la mafia internationale de pillage de ses ressources naturelles.

Depuis un moment, de plus en plus d’initiatives naissent « au nom de la paix ». Ces initiatives sont l’œuvre soit des Congolais, soit des étrangers. Pourtant, sur le terrain, peu ou presque pas de résultat concret. La paix est devenue une sorte de business pour justifier beaucoup d’argent qu’on reçoit d’un bailleur x, sans construire la communauté locale. Il suffit de faire juste quelque chose, même du n’importe quoi ! Mais, tant qu’on a collé le nom « paix » ou « Amani » en Kiswahili [Le kiswahili est une langue d’origine Arabe parlé en Afrique de l’Est], le bailleur ne posera plus de question. Et c’est le même discours partout dans ces endroits !

D’ailleurs, je crois que le business de la paix rapporte beaucoup, surtout pour son cousin, le business de la guerre.

C’est-à-dire on crée une guerre qu’on entretient soigneusement pendant des années, en profitant du chaos pour piller les ressources de la région et affaiblir les organisations locales sensées épauler l’Etat. Au finish, on parle d’un Etat fragile, irresponsable et on justifie sa présence dans le pays. De la même façon, on connait qui créé la guerre ici, comment et avec qui. Mais, on décide sciemment de ne pas lui parler(régler les causes du problème) et on vient amuser les gens avec un concert gratuit et des visites touristiques (passer du temps a s’atteler sur des connaissances).

Je ne m’attaque à personne ! Je n’ai rien contre l’organisation Peace One Day. D’ailleurs, j’ai beaucoup d’amis qui travaillent pour eux.

Mais, parlons un peu du concert qu’elle organise ce Dimanche 21 Septembre à Goma ! La star américaine Akon va livrer un méga concert gratos en présence de Jude Law et d’autres artistes locaux. Mais, la question que je me pose : est-ce que Akon et ces artistes Congolais participent à ce concert parce qu’ils sont convaincu que ça rapportera la paix ou bien c’est juste parce qu’il y a un bon cachet  avec avantages connexes qui leur est garanti ?

Je ne répondrais pas à leur place, mais, je laisse la voix aux habitants de Goma qui se sont exprimés sur les médias sociaux. Certains Congolais ont même dit ce qu’ils pensent devrait être fait pour consolider la paix dans leur pays.

 

Fête : Kit de survie d’un invité à une soirée dansante

Cet article vous propose quoi faire (ou éviter) avant, pendant et après une fête. Sentez-vous libre de partager avec nous vos idées en commentaire.

Par Gaïus Kowene

Soirée dansante du Salsa à San Francisco (Crédit photo: www.yelp.com )

Soirée dansante du Salsa à San Francisco (Crédit photo: www.yelp.com )

Le web regorge d’articles sur la manière de préparer et réussir une fête. La plupart de ces articles s’adressent aux organisateurs des soirées. Pour ma part, j’ai bien voulu partager quelques propositions avec ceux qui espèrent un jour être invités à une soirée où coulera beaucoup d’alcool.

AVANT LA FÊTE

1. Pas de rendez-vous le lendemain

Si vous savez que vous irez à une soirée le samedi, alors, ne prenez aucun rendez-vous pour le dimanche. Vous n’êtes pas obligé d’expliquer pourquoi ! Juste un simple « Mon programme de dimanche est déjà full et je n’aurai pas de temps libre » suffit. Mais pourquoi ?

Parce que vous ne savez pas quand la fête va finir (peut-être au petit matin) ni quand vous allez vous réveiller.  Et parfois, vous vous réveillez à temps, mais avec des maux de tête terribles ! Alors, au lieu de prendre un rendez-vous que vous avez déjà manqué d’avance, évitez-le et programmez un autre jour.

2. Apportez votre boisson

Certains Africains (je parle de ceux que j’ai côtoyés) confondent générosité avec le fait d’être raisonnable. Il y en a qui partent dans des fêtes mains vides, se préparant à aller gonfler leur ventre et s’enivrer dans la poche du voisin. C’est vrai, on est en Afrique, mais ça ne justifie pas un comportement inhumain ! Le voisin a bien voulu passer du temps avec vous, mais, comprenez qu’il a aussi des factures à payer et d’autres obligations financières à régler !

Bon, après tout, c’est aussi bien pour vous de contribuer à la réussite de la fête, non ? (Une ou deux bouteilles suffisent !)

En plus, quand vous apportez votre propre boisson (la quantité que vous boirez et/ou partagerez avec les autres) vous avez plus de chance de vous contrôler. Si c’est dans un bar, payez votre facture juste quand vous commandez. Comme ça le tenancier du bar ne le mélangera pas avec celui de votre gentil hôte.

3. Mangez lourd

Ça, c’est un sérieux problème avec ceux qui partent dans des fêtes ! Tout en sachant que parfois le travail ne permet pas de sortir pour manger, je n’oublie pas qu’il y en a qui quittent (expressément) chez eux le ventre creux « par ce qu’ils partent à une fête » ! Ce n’est pas une bonne idée, mes chers ! Dans les fêtes d’aujourd’hui, il y a plus de boisson que de la nourriture. Alors, considérez le fait d’aller manger au restaurant ou même à la maison comme faisant partie entière de votre fête !

Comme ça vous boirez sans crainte ! Mais, attention, si vous buvez l’alcool, ne mangez pas du riz le soir de la fête ! Ça accélère et amplifie l’effet de l’alcool dans votre corps !

4. N’y allez pas trop tôt

Ici, il est question d’être raisonnable ! Une fête n’est pas une réunion de business ! Pas besoin de venir deux heures avant ! Parce que quand vous êtes là avant le temps, vous commencez déjà à boire ! Et quand les autres seront là, vous serez déjà chaos et risquez de perdre contrôle pendant que les autres sont encore sobres !

Alors, prenez votre temps ! Pas besoin de se précipiter! A moins d’aider dans des préparatifs et donner un coup de main aux organisateurs!

PENDANT LA FÊTE

5. Cherchez d’abord les toilettes

Beaucoup ne pensent qu’aux toilettes quand ils ont du mal à se retenir pour seulement 5 minutes ! Donc, avant même de commencer à boire, faites le tour de la parcelle et repérez où se trouve « le lieu d’aisance » ! Cette information vous aidera quand vous serez dans une urgence sans frein !

6. Ne mélangez pas les boissons

Quand on arrive dans une fête, on n’a tendance à essayer une boisson qu’on a jamais goûtée (seulement par ce que ce n’est pas vous qui payez la facture). C’est mieux de boire un seul type de boisson (de préférable la bouteille que tu as apportée) pour éviter des complications inutiles le lendemain. Tu ne sais même pas quel mélange produit quoi ! Voilà pourquoi mélanger le vin, la bière et la boisson traditionnelle peut vous faire regretter ce moment supposé être de réjouissance ! Si le bar n’a plus votre goût, alors, contentez-vous de l’eau ! Mais, sinon vous m’en direz des nouvelles !

7. Parle moins de toi

Quand on a bu un peu, on a souvent tendance à montrer qu’on est « aussi quelqu’un » ! Et le plus souvent, on parle beaucoup de soi, d’où l’on a déjà été, avec qui, et bla-bla-bla ! Mais, écoute, ce que vous êtes ne me donnera pas forcement envie de vous parler ! Surtout que vous êtes ivre ! (C’est comme ça que beaucoup qualifient ceux dont l’haleine sent l’alcool, même s’ils ne sont pas forcement ivres).

Alors, laissez la personne en face de vous parler d’elle, son origine, ses réalisations, ses difficultés, ses rêves, etc.

Je vous assure, vous serez fasciné par le parcours des gens que vous croyez connaître ! C’est aussi bon pour construire votre carrière !

8. Mange plus, bois peu (de bière)

Parfois, dans la fête, les gens passent beaucoup de temps à chercher la boisson et oublient la nourriture ! Je sais bien que vous avez déjà mangé chez vous avant de venir ! Mais, s’il y a un peu de grillade, un peu de pâtisserie, faites-en votre target numéro 1 ! Après tout, vous pouvez boire et manger en même temps ! Il faut, donc, manger plus et boire un peu !

9. Ne promets rien

Quand on a bu, on a tendance à devenir celui qui réalise le vœu de toute la terre ! Attention ! Il y en a qui profiteront de cette occasion pour vous demander un service ou une faveur ! Ne promettez rien ! Proposez d’en rediscuter à une autre occasion ! Même si la personne insiste, soyez franc en montrant que vous n’êtes ni dans l’endroit, ni dans les conditions propices pour en parler ! Soyez vraiment catégorique (mais, gentil) et ne prenez pas de rendez-vous pour le lendemain ! (Pas même au téléphone ou sur Skype.)

10. Encourage sans critiquer

Et si par hasard quelqu’un vous pose une question sur une personne que vous connaissez, évitez d’émettre des critiques négatives ! Reconnaissez que tout le monde a ses défauts, mais surtout que vous appréciez tel ou tel autre point de l’autre ! Soyez aussi franc, en montrant que la personne peut s’améliorer encore plus en faisant ceci ou cela ! Mais, s’il vous plaît, ne dites rien de négatif sur qui que ce soit ! Si votre interlocuteur parle en mal de la personne, respectez son point de vue, tout en restant positif.

11. Prends immédiatement les contacts

Dans une fête, c’est conseillé de partir avec des copies de sa carte de visite (ça ne coûte pas une fortune d’en produire) ! Comme ça sonne trop archaïque de se promener avec un agenda et un stylo pour prendre les contacts des gens, alors, servez-vous de votre téléphone ! Soit enregistrez le nom, le numéro de téléphone, l’adresse mail et ce que fait la personne comme message brouillon, ou utilisez l’option Agenda de votre portable.

12. Rentre comme venu

Si tu es venu seul à la fête, fais tout pour rentrer seul ! Ne cherche pas à faire comme les autres en voulant coûte que coûte ramener une jolie demoiselle ou un beau gosse a la maison ! Tu risques de gâcher ta réputation et tes relations !

APRES LA FÊTE

13. Téléphone sous silencieux

Je sais que c’est très difficile, mais dites-le à votre subconscient ! Avant de fermer les yeux, mettez votre téléphone sous silencieux ! Je ne dis pas de l’éteindre, non ! Parce qu’une fois réveillé, vous avez besoin de savoir qui a essayé de vous appeler ! Je le dis parce qu’il y en a qui se sont couchés 12 heures avant toi et t’appelleront à ta première heure de sommeil ! Alors, pardon, reposez-vous!

14. Dormez comme l’exige le corps

Alors, ici, c’est quand on se réveille et qu’on sente que le corps ne veut pas sortir du lit ! Dans ce cas, donnez à César ce qui lui est dû ! Votre corps n’est pas une machine et n’a pas un magasin de pièces de rechange ! Moins encore un garage !

Ne vous reprochez pas de trop dormir après une soirée dansante ! Le corps le mérite pour se remettre en forme !

15. Prenez un bain froid

Une fois réveillé, vous vous sentirez trop fatigué, je dirais, déclassé même ! Prenez un bain froid et exposez-vous au courant d’air ! Ouvrez toutes les fenêtres de la maison et celles de votre chambre. Prenez une chaise ou une natte et mettez-vous dehors, de préférence dans un endroit ouvert à la nature (jardin, au bord du lac, etc.) ! Ne faites rien ! Juste, prenez votre temps, respirez l’air frais et sentez-vous bien !

16. Buvez beaucoup d’eau

Boire beaucoup d’eau n’est pas synonyme de finir 20 litres en heure ! Buvez beaucoup d’eau signifie boire très lentement, des petites gorgées, mais, à un débit régulier ! Prendre de l’eau vous revitalise et vous donne un peu de force.

Comprendre la gueule de bois

17. Manger des bananes

Les bananes réhydratent et donnent de l’énergie au corps après une gueule de bois. En plus, ça permet à l’estomac de faire une transition avant de manger de la nourriture lourde ! Je recommande vivement ceci !

Et quand vous aurez mangé léger, ne prenez pas d’alcool ce même jour ! Buvez plutôt du Tonic ou du jus à base des fruits ! Ça aide aussi !

Et vous ? Avez-vous d’autres astuces à proposer ?

N’hésitez pas à nous le faire savoir en commentaire ici-bas !

#Yezzi: Signez pour la dignité de la femme Tunisienne

Depuis un moment, je m’intéresse au Maghreb. Bon, le Maghreb, oui, mais plus particulièrement a la Tunisie ?

Pourquoi la Tunisie ? Ben, parce que c’est là que se trouve le bureau régional du desk Francophone de l’Agence de Presse Turque, première agence à publier mes articles.

Mais, il n’y a pas que ça ! J’ai aussi beaucoup d’amis en Tunisie. Et un jour, une de mes amies en Tunisie a publié ce message.

Témoignage Harcelèmenet sexuel en Tunisie #Yezzi

Témoignage Harcelèmenet sexuel en Tunisie #Yezzi

 

Vu les commentaires, les Tunisiennes ont marre de ces scènes de Harcèlement sexuel. Malheureusement, la société trouve ça normal et donc… ne réagit pas ! Le gouvernement fait de même.

C’est des commentaires que l’idée de créer une pétition est venue ! Mais, attention ! On ne veut pas rééditer le printemps arabe ! (Je dirais l’invasion de la France et de la CIA au Maghreb).

On commence en ligne, ou la police ne peut pas tirer sur les signataires. C’est comme ça qu’a commencé ma première collaboration avec Baki Youssoufou, fondateur de wesign.it , une plateforme en ligne pour les pétitions.

Apres une discussion sur Skype, la décision de se lancer avec les autres web activistes Tunisiens est prise !

Le travail du texte en groupe des personnes vivant sur différents continents au même moment m’a rappelé l’édition du script de l’émission Atelier des Medias Spécial #MondoblogDakar.

Bon, assez parlé, comme ça!

On passe à l’essentiel !

La pétition s’appelle #Yezzi, mot arabe qui signifie « Assez ». L’objectif est d’inciter le gouvernement Tunisien à sanctionner de façon exemplaire les auteurs du Harcèlement sexuel.

Je vous invite donc à signer avec moi cette pétition et la faire signer par vos proches.

Dénoncez ces genres de débordement sur les réseaux sociaux avec le hashtag #Yezzi !

Allez, à vos claviers !

Merci !

Racisme : « Si vous êtes singes, pas moi! »

Par Gaius Kowene

Le web est pourri d’images de « Noirs » ou de personnes qui prétendent « compatir avec les Noirs » victimes du racisme. La règle consiste à se faire photographier en train de manger une banane, se référant à l’acte d’un footballeur (c’est qui même?) quand un spectateur lui a jeté une banane en plein match de football. Un acte que beaucoup ont considéré comme raciste.

La philosophie derrière est de dire « Oui, je suis un singe. Ça change quoi ? »

Mon frère Serge Katembera n’a pas traîné pour s’insurger contre. Il a rapidement publié un article court expliquant pourquoi il ne soutient pas ce mouvement spontané derrière lequel se cache une grosse mafia publicitaire !

Là, n’est pas mon problème !

Moi, je veux mettre un peu plus d’accent sur le « suivisme » et l’image naïve de l’homme noir que cette campagne promeut !

Pour être clair, vous croyez combattre le racisme en faisant sa publicité ! Paradoxal, non ?

Personnellement, je n’encourage pas les gens à nier leurs origines au nom de l’unité. J’aime bien l’unité dans la diversité. J’ai réfléchi à une question que le lyriciste français (d’origine haïtienne) Kery James a posé dans sa chanson Post Scriptum :

« On m’a dit que l’union fait la force. Mais qui fera l’union dans ce pays où les moutons se comptent par millions ? »

Je souligne les moutons, ce qui, à mon avis, symbolise tous ces gens qui ne sont là que pour suivre des choses sans y réfléchir. Franchement, pour qu’une lutte aboutisse, elle doit être pensée.

Mais, là, aucun objectif, aucune stratégie, aucun indicateur pour mesurer l’impact : bref, tel a fait ça, j’imite bêtement. Ça s’appelle le mimétisme social.

Ça me révolte souvent de voir les gens justifier leurs conneries par des causes pour lesquelles d’autres ont versé leur sang !

Pensez-vous, vraiment, que Harriet Tubman, passerait son temps à se prendre en photo avec des bananes au lieu de penser à une stratégie de lutte concrètement réaliste?

Petite parenthèse : le révolutionnaire sénégalais Didier Awadi a dit « Ce n’est pas parce que tout le monde se lève contre le « mur de la honte » que je devais faire autant. Nous avons des problèmes beaucoup plus importants. » Fermez la parenthèse.

Quelqu’un qui est dans une lutte sait ce qu’il fait et ce qu’il veut (pour répéter le chant des partisans en France). Je crois que nous devrions passer plus de temps à réfléchir sur notre responsabilité sociale collective que de nous mêler  de conneries sans queue ni tête. Plus vous vous photographiez en disant je suis singe, plus vous devenez naïf et ne combattez pas au vrai sens du mot ! Vous acceptez, au contraire, une certaine domination mentale des racistes.

C’est quand même bête que ce soit des racistes qui vous commandent dans votre lutte contre le racisme. Ne vous laissez pas coloniser, mes frères !

Je parlais aussi de l’image du Noir. Cette image d’un faiblard,qui ne sait même pas se battre pour ses droits et qui se montre « gentil » en suivant docilement les ordres de son maître.

C’est exactement cette image que vous véhiculez !

Pourtant, je connais l’histoire du peuple noir ! C’est un peuple qui a toujours sût organiser ses résistances. Pas des fainéants experts en Selfie !

Je vous ai tantôt parlé de Harriet Tubman, vous connaissez peut-être Patrice Lumumba, Thomas Sankara et les autres !

Ce ne sont pas des naïfs, quand même !

Pourquoi lancer au monde entier un message qui sabote leur sacrifice?

Je ne veux pas être un prophète du malheur, mais je voudrais bien que vous me disiez un jour l’impact de vos photos avec bananes.

Je n’ai rien contre Davi et je ne lui reproche pas d’avoir mangé cette banane. Ça n’engage que lui !

Mais, je ne tolère pas qu’on puisse salir l’image d’un peuple courageux en se laissant avoir dans des pièges racistes.

Au lieu de parler « Unité », tout le monde parle maintenant racisme ! Au lieu d’entreprendre des actions concrètes à double impact, on fait le con avec une banane.

Si vous, vous êtes singes, c’est votre choix. Mais, moi, en tout cas, je ne le suis pas !

Je vais continuer à manger des bananes comme je les ai toujours mangées, sans tapage. Après tout, manger une banane n’a jamais été synonyme de devenir singe. A moins que vous ne vouliez que ça le devienne. Dans ce cas, inventez votre dictionnaire !

Mon appel aux jeunes leaders de demain est de puiser leurs inspirations des personnes qui ont lutté valablement et ont apporté quelque chose de nouveau. Pas en excellant en suivisme comme des moutons, oubliant ainsi d’entreprendre des actions concrètes !

C’est mon avis, mais, si vous voulez aussi exprimer le vôtre, sentez-vous libre de le faire en commentaire.

10 astuces pour briller dans Mondoformation

Chaque année, les meilleurs blogueurs motivés sont sélectionnés parmi les participants au concours Mondoblog. Ces blogueurs suivent une formation à résidence d’une dizaine des jours pour perfectionner leur contribution au contenu Francophone de qualité sur internet. Ce billet s’adresse à ceux qui suivront cette formation cette année ou rêvent de la suivre un jour.

Par Gaïus Kowene

 

“Moi? Lauréat du concours Mondoblog ? Ce n’est pas possible ! »

C’est la réaction que j’ai eu en lisant le mail demandant ma disponibilité pour participer à une formation pour la 2ème édition du concours Mondoblog, organisé par l’Atelier des Medias de Radio France Internationale, RFI.

A l’instant même, un adage que me répètent souvent mes mentors de Yole!Africa m’est arrivé en tête :

« Devenir grand n’est pas un problème. Mais, rester grand, c’est ça le problème ! »

Par grand, je sous-entends quelqu’un qui est respecté par ses pairs pour l’impact de ses actions dans la communauté. Donc, faut pas jubiler parce qu’on part en formation, mais, faut plutôt se demander quel impact on aura après la formation.

Je compte partager avec vous ici quelques astuces qui vous aideront (peut-être ?) à gagner et conserver pendant longtemps le respect des autres Mondoblogueurs.

AVANT DE PARTIR

1. Connaitre les autres

La première impression est toujours la meilleure, dit-on. L’une des personnes qui a su en profiter, c’est le Guineen évoluant en Ukraine Mamady Keita.

Quand il est arrivé, il connaissait presque tout le monde : nom complet, quelques sujets traités dans des blogs, le pays d’origine, etc…

Pour y arriver, pas trop compliqué. Prenez le temps de bien lire les meilleurs blogs sur la Home de Mondoblog, son fil Twitter ou d’autres groupes sur Facebook.

Quand vous lisez un billet, veillez à regarder aussi le profil de celui qui l’a rédigé. Sa photo, son pays, ses préférences, etc…

Vous savez, ça fait un effet du genre : « Wow ! Comment se fait-il que ce blogueur me connait ? Il s’intéresse aux autres ! Il n’est pas fermé sur lui ! » Et on devient donc des amis.

2. Carnet du voyageur

N’hésitez pas à raconter sur votre blog comment vous préparez le voyage, quelles sont les faits intéressants ou stressants tout au long de votre parcours, vos attentes, vos craintes, etc….

Quand vous mettez à jour vos lecteurs, ils seront impatients de lire les épisodes qui suivront.

Faites comme le Camerounais William Bahiya. Il a presque fait du Camaralay à son arrivé à Dakar, ce qui lui a valu le passage dans l’émission l’Afrique enchantée  de Radio France.

 

SUR PLACE

3. Soyez cool

Rien ne plait aux gens que d’être avec quelqu’un qui vous met à l’aise. Bon, sur ce point, chacun a son don. Il y a par exemple les grands David Kpelly et Florian Ngimbis qui ont un sens particulier de l’humour, le malgache Rija  qui se débrouille bien dans des discussions plutôt posées, la Française évoluant en Egypte Pascaline Breuil qui sait bien taquiner quand il le faut, et la liste continue.

4. Soyez Créatif

Quand je dis créatif, je pense être un peu fort en termes de proposition. C’est-à-dire qu’il faut toujours avoir une proposition, tout en respectant bien sur l’opinion des autres.

Je pense par exemple au Mauricien Stéphane Huet qui nous a proposé d’aller faire du Shoping au marché de Grand Yoff. A l’occasion, on a pris la première photo des Mondoblogueurs de notre saison sur place à être publié sur internet !

Il y a la Française évoluant à Berlin Manon Heugel qui n’oubliait jamais de me proposer d’aller prendre un Café Touba et la Camerounaise Salma Amadore qui m’a aidé à choisir un magnifique chapeau souvenir que tout le monde convoite.

5. Travaillez en groupe

Rien n’est aussi mal qu’un Mondoblogueur qui aime s’isoler. S’isoler ne signifie pas seulement s’enfermer dans sa chambre. Vous êtes la avec les autres, mais, toi tu restes bloqué a ton Smartphone ! C’est impoli !

Fais comme la Caribéenne Mylène Colmar qui était toujours prête à participer à la rédaction d’un billet commun. Tout comme l’Ivoirien Cyriac Gbogou qui a pensé offrir un cadeau à l’équipe des formateurs en associant d’autres Mondoblogueurs.

Ah, j’allais oublier Axelle Kaulanjon et Wilney Taris qui n’hésitaient pas à joindre leurs voix aux animations de Kahofi Suy dans le chalumeau pour l’ile de la Gorée.

6. Creez des relations interpersonnelles

C’est vrai qu’on est tous blogueurs, mais, on n’est pas tous proche l’un de l’autre au même degré. Essayez de créer des amitiés qui dureront comme l’a fait Danielle Ibohn. Que ce soit avec des membres de l’équipe, leurs partenaires ou même d’autres Mondoblogueurs. Vous ne savez pas comment ce réseau des contacts vous aidera dans l’avenir.

7. Soyez Actif

Je vous demande déjà de créer un compte Twitter, si vous n’en avez pas. Faites le Live Tweet de la formation et bien sur des accotés.

Utilisez le HashTag convenu et ne manquez pas de demander aux autres Mondoblogueurs que vous voulez citer leur nom d’utilisateur pour les citer directement !

Comme ça, ils peuvent ReTweeter et tous ceux qui veulent suivre l’atelier sur internet seront obligé de passer aussi par vous.

APRES LA FORMATION

8. Consolidez vos liens

Assurez-vous d’avoir envoyé des demandes d’amitiés Facebook avec le maximum des blogueurs. Et pourquoi ne pas imiter le Centre Africain Baba Mahamat qui a initié un document qui collectait les noms, pays, emails et téléphone de tous les Mondoblogueurs ?

Ça vous permet de partager des opportunités, vous rendre des services et pourquoi pas travailler sur des projets communs ?

Personnellement, ça m’a aidé à initier le projet Ouvre un livre avec la complicité d’autres blogueurs. Cette vision s’est agrandie aujourd’hui à Radio Tshukudu que je compte lancer le mois prochain sur internet et en FM les années qui suivent.

N’oubliez pas aussi de commenter régulièrement les billets comme mon frère Congo-Brésilien Serge Katembera.

9. Gardez contact

Ecrivez-vous régulièrement ! Vous êtes déjà une famille ! Je n’oublierais jamais ces appels Skype du Malien Boubacar Sangare qui me parlait de l’organisation de la blogosphère au Mali et aussi de la vie !

Franchement, ça fait du bien !

10. Et vous, que propose-vous ?

Je n’ai pas l’intention d’être un gourou de Mondoblogdakar. Je serais heureux de lire ce que vous pensez pourrait aider des blogueurs lauréats de la 3ème édition de Mondoblog ?

>>>> Liste des blogueurs sélectionnés pour la formation #MondoblogAbijan 2014  <<<<<

Vos commentaires sont les bienvenus !

Procédure de divorce entre journaliste et coupage

Dans certains pays du Sud, il est courant de voir des journalistes accepter de l’argent ou cadeaux de leurs sources. En RDC, ça s’appelle « coupage ». C’est l’une des causes de la misère éternelle des chevaliers de plume. Voici comment en finir.

Par Gaïus Kowene

La presse couvrant l'investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo

La presse couvrant l’investiture de Bertrand Bisimwa a la tête du M23 a Bunagana, RD Congo (Crédit photo: Gaius Kowene)

En RDC (et un peu partout en Afrique aussi), il est courant de voir des journalistes travailler en clics. Quand je parle des clics je fais allusions aux groupuscules des amis.

C’est comme ça qu’ils s’invitent aussi à couvrir des événements et manifestations.

Le calcul est donc simple : vous ne faites pas partie de mon clic, je ne vous invite pas ! (parce que j’ai des amis influents au pouvoir ou dans le comité organisateur).

Ces clics sont souvent formés sur la base des intérêts. Qui dit intérêts voit aussi l’argent !

Eh oui ! Le coupage ! Cet argent appelé « transport, crédit téléphonique, dernier mot ou communiqué final » que ces journalistes exigent de leurs sources pour diffuser une information.

Des blogueurs comme Feza Umande en ont parlé sur leurs blogs. D’ailleurs, le Documentaire Kinshasa FM en parle aussi.

Et nous qui refusons de la prendre somme vu comme des traîtres. Voilà pourquoi c’est très difficile de se faire inviter à couvrir une manifestation (surtout officielle) par les adeptes de cette pratique, souvent proche des organisateurs.

Certains vont même jusqu’à nier leurs confrères, disant qu’ils ne sont pas journalistes pour prendre le montant qui leur revenait !

Ah, chers amis ! Comment voulez-vous qu’on vous respecte dans des conditions pareilles ?

Quand on devient un « journaliste domestique », c’est normal que même vos maisons de presse ne pensent jamais à votre salaire !

Non pas qu’ils manquent l’argent, mais parce qu’ils savent que vous allez en gagner « suffisamment » sur terrain !

Et alors ? Faut-il encore condamner l’Etat Congolais qui donne des autorisations de fonctionnement à des personnes qui n’ont qu’un émetteur et rien de plus ?

Faut-il condamner ces propriétaires des radios et télévisions qui ont déjà effacé dans leur dictionnaire le mot « salaire » ?

Je ne cesserais de le répéter: c’est de leur faute que beaucoup des journalistes ne sont pas payés correctement !

A mon humble avis, parce que ça ne m’engage que moi, chassez le coupage et il ira loin de vous !

Qu’est-ce que j’attends par la ?

Vous êtes devant un problème. Au lieu d’affronter le problème, vous décidez de vous accommoder. Et finalement ? Vous vivotez à votre manière, mais, le problème ne disparait pas non plus !

Ici, je veux demander à tous les journalistes Congolais d’arrêter de se plaindre sur leurs conditions de travail !

Le principe est simple : Ne demandez pas le salaire à une personne qui ne vous a pas embauché ! A l’occurrence votre source d’information !

Exigez un salaire plutôt à votre maison de presse! Et si elle n’a pas de moyen, vous ne pouvez pas faire un miracle!

Expliquez clairement à votre boss que les conditions de travail ne sont pas réunies et démissionnez !

Mais, attention, restez toujours respectueux ! Apres tout, c’est votre boss ! Evitez aussi d’aller raconter des problèmes internes ou des commérages sur la maison !

« Tu nous demande de démissionner, mais comment nos enfants vont vivre ? » me diront certains.

C’est bien d’y penser, mais, c’est beaucoup mieux de voir loin !

Si vous maitrisez votre travail, vous pouvez travailler en indépendant et gagner votre vie honnêtement.

Vous garderez le respect que les gens ont pour vous et prouverez qu’être journaliste Congolais n’est pas forcément synonyme d’être mendiant.

Mais, tant que vous continuerez à chercher à vous accommoder au problème en acceptant le coupage, vous continuerez à pérenniser cette image du journaliste misérable et encourager les responsables des médias à ne jamais penser au salaire.

Autre chose : ce problème de coupage est aussi un problème de morale. J’ai vu des journalistes bien payés (par rapport aux autres) mais, qui se battaient aussi pour avoir le 5 $ de leur source ! Quelle honte!!!

Donc, ici, les responsables des médias devraient être strictes avec leurs journalistes : quiconque prend le coupage perd son boulot !

Hahhahahaha !!! Cette menace n’a de sens que si ce boulot lui permet de vivre. C’est-à-dire avant de menacer, pensez à leur remettre dans leur droit! Pour être direct: Payez leur salaire!

Et si vous n’en avez pas les moyens, fermez tout simplement votre maison de presse. Investissez votre argent ailleurs !

Il y a tellement des domaines d’interventions qui rapporteront beaucoup plus d’argent sans autant d’embrouille. Après tout, tout le monde n’est pas obligé d’être journaliste ou responsable d’un média pour vivre, hein!

Chassez le coupage et il fuira loin de vous !

 

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Fiston Mahamba, journaliste et blogueur de la ville de Beni, dans l’Est de la RD Congo sollicite vos votes pour espérer figurer parmi les 30 premiers dans le Concours international des blogs Yobloco Award.

C’est la première fois que son blog soit sélectionné dans une compétition internationale.

Je lui ai proposé de vous donner 10 raisons pour soutenir son blog.

Allez, on compte sur vous !

1. Unique dans la région

L’agriculture est la principale activité de la région de Beni où je vis et mon blog est le seul portail citoyen en ligne qui publie des articles relatifs à cette activité dans cette partie du pays.

2. Élargissement de l’impact aux non connectés

Etant donné qu’internet n’est pas à la portée de tous, notre blog a bénéficié des émissions radiophoniques sur trois radios communautaires locales. Ceci nous permet d’approcher les agriculteurs qui, pour la plupart n’utilisent pas internet, et partager avec eux les meilleurs contenus.

3. Plus proche de la réalité des agriculteurs

Le terrain est notre laboratoire : grâce aux clubs d’écoute de ces radios communautaires avec lesquelles nous collaborons, nous recueillons à partir de la base, les problèmes d’ordre économiques, production et du marché auxquels les agriculteurs sont confrontés.

4. Le pont entre experts et paysans

Nous invitons les experts locaux et internationaux (que nous retrouvons grâce aux réseaux sociaux). Ces derniers apportent des solutions aux problèmes énumérés par les agricultures. Ces solutions constituent l’essentiel du contenu de nos émissions et parfois de nos billets.

5. L’innovation en action

Devant la faible intégration des outils des nouvelles technologies dans l’agriculture dans notre région, nous sommes en pleine expérimentation de l’utilisation du téléphone mobile dans la régulation des prix sur le marché de ravitaillements en produits vivriers.C’est un projet de l’ONG « Amis de la nature » auquel nous avons apporté notre connaissance en nouvelle technologie.

Dix agents habitants dix centres de ravitaillement ont été formés sur l’utilisation d’internet sur téléphone mobile. Ces agents se communiquent chaque semaine les prix de tous les produits affichés aux entrées principales de leurs marchés respectifs.

Cela permet un équilibre des prix et permet aux agriculteurs de vendre leurs produits à un prix presque uniforme dans tous les marchés établi de commun avec les acheteurs. Seuls les trajets sont à la base de différence de prix.

6. Partage de connaissance et projets de grande envergure

Ce blog est une sorte de centre de formation : Après avoir appris quelques notions du blogging (auto-formation, tutoriels en ligne, des plateformes comme Atelier des Médias de la RFI, Blogosphère Gomatracienne, DW-Akademie), nous nous sommes lancés dans la formation de nos paires en nouveau média.

Le blog TUNAWEZA a déjà organisé deux formations d’initiation pour blogueurs débutants en ville de Beni et projette de créer un réseau des blogueurs agricoles des Grands-Lacs, avec le soutien de l’association Reporters Solidaires de la France.

7. L’actualité de la province a sa place

Une fenêtre ouverte aux actualités de la région : TUNAWEZA c’est aussi une vitrine de l’actualité de la région du Nord-Kivu. Vue sous un œil du changement, les news sont ici traités sous forme d’articles de fond, des reportages photos, des interviews avec ceux qui font bouger cette région…

8. Une porte pour des contacts importants

Ce blog est pour moi une porte pour les opportunités et m’a ouvert au journalisme international. Des recruteurs ont toujours visité ce blog et en cas d’urgence pour un travail dans ma région, si il n’y a pas moyen d’y dépêcher un reporter, je suis contacté pour réaliser ce travail, donc c’est blog est en quelques sorte une source de revenus pour moi.

9. Outil d’activisme pour les droits humains

Des oubliés sont aujourd’hui sortis au publics : Tout ne se dit pas au micro d’une station radio dans ma région, grâce à ce blog, je développe ma casquette d’activiste pour la liberté d’expression.

Des alertes sur les menaces que subissent les confrères journalistes et défenseurs de droits humains sont publiées via nos pages Facebook, Twitter et autres pour que les organisations intervenants dans ce domaine soient mis au courant de ces violations de la liberté d’expression.

10. Mondoblog, c’est la famille

Votre voix compte : Mondoblog est une plateforme avec une grande visibilité et visant l’émergence de la blogosphère surtout dans des régions reculées comme Beni où je réside.

Ainsi la voix de chaque Mondoblogueur est un pas de mon blog vers ce prix du Yobloco Awards 2014.

Comment voter?

Allez sur la page  http://www.yobloco.info/soumission?filter=individual

1.Sélectionnez le blog TUNAWEZA sur la liste des blogs en compétition (ou sélectionnez  par classement pays, CONGO KINSHASA)  puis  un autre blog de votre choix car on ne peut voter que pour deux blogs en cochant la case « Vote » (en orange); il est impératif de sélectionner deux blogs.

2. Entrez votre adresse e-mail (dans la fenêtre pop-up qui s’affiche)

3. Cliquez sur << Vote! >>

4. Allez dans votre boîte email. Confirmez votre vote en cliquant
sur le lien de confirmation qui sera envoyé à votre adresse e-mail
juste après votre vote (cela peut parfois prendre quelques petites
minutes).
Si vous ne cliquez pas sur le lien de confirmation dans votre
mail, votre vote ne sera pas pris en compte.

Votre clic de confirmation a contribué à l’élévation de la voix pour l’émergence de l’agriculture.

Votre clic a nourri plus d’une personne qui était en train de vouloir mourir de faim.

>>>>>> A LIRE AUSSI:

10 conseils aux blogueurs

Secrets des Mondoblogueurs‏

RDC : ces victimes de la guerre assoiffée de justice

Accusé d’avoir commis 3 chefs des crimes contre l’humanité et 7 des crimes de guerre en Ituri, Germain Katanga saura Vendredi s’il est coupable ou non. Au pays, des victimes réclament justice.

Germain Katanga à la CPI en 2007 (Crédit photo: flickr CPI)

Germain Katanga à la CPI en 2007 (Crédit photo: flickr CPI)

Par Gaius Kowene

La cours pénale internationale, CPI, prononcera ce Vendredi son jugement contre Germain Katanga, ancien commandant de la milice FRPI (Forces de Résistance Patriotiques en Ituri), dans l’Est de la RDC. La justice internationale le soupçonne d’avoir commandité le massacre d’environs 200 personnes à Bogoro, l’utilisation des enfants soldats, la réduction en esclavage sexuel, etc… pendant les conflits inter-ethniques de 2003 en district de l’Ituri.

Des survivants de ces tueries disent attendre avec impatience ce jugement.

Princesse Bendela, la vingtaine, a perdu sa grand-mère dans cette guerre. Au vu de sa morphologie, des miliciens l’ont abattu, croyant qu’elle appartenait à l’une des tribus sur leur liste noire. Cette image est restée gravée dans sa tête. « Je n’avais que 9 ans à l’époque, se souvient-elle. Je regardais à partir de la fenêtre quand le milicien a coupé la nuque de grand-mère avec une machette. C’était horrible ! Je n’oublierais jamais ça ! »

Mais Serge Mirembe, qui a aussi vécu cette guerre, a une crainte. « Certains politiciens au pouvoir étaient derrière ces milices et sont à l’aise dans la capitale Kinshasa, explique-t-il. J’ai peur que le gouvernement ne les protège dans l’impunité pour toujours. »

Au fil des années, le gouvernement Congolais a gratifié des seigneurs de guerre au nom de la paix et de la cohésion nationale. Il leur accordait ainsi l’amnistie totale, l’intégration dans l’armée, la reconnaissance des grades et même des postes dans le gouvernement. Une pratique qui a favorisé la prolifération des groupes armés dans l’Est de la RDC.

En janvier dernier, la RDC a signé des déclarations de Nairobi (Kenya) pour officialiser la fin de la rébellion Mouvement du 23 Mars (M23).

Dans ces déclarations, le gouvernement est resté catégorique sur son refus d’accorder une amnistie générale à tous les membres de ces groupes armés. « Les chefs rebelles auteurs des crimes graves devront en répondre devant la justice Congolaise ou internationale » a insisté François Mwamba, chargé de suivi de l’Accord Cadre d’Adis Abeba.

Les artistes Congolais n’en sont pas du reste. Mack El Sambo, l’une des grandes figures du reggae au Nord Kivu, prépare un album sur ce sujet. « Plus jamais par les armes» c’est le titre de la chanson qui appelle le gouvernement à ne pas refaire les erreurs du passé.

« Quand des gens font des bonnes choses, le gouvernement ne les récompense pas, regrette-t-il. Alors pourquoi récompenser quelqu’un qui a tué ses frères, violés ses mères et détourné les minutions de l’armée ? »

Au total, 5 Congolais ont été accusés crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cours Pénale Internationale.

Le tout premier condamné de la CPI, Thomas Lubanga, purge sa peine pendant que Mathieu Ngudjolo a été acquitté. Le procès de l’ancien vice-président Jean Pierre Bemba et celui du « Terminator » Bosco Ntaganda se poursuivent à la Haye, siège de la CPI.

RDC: 3 clés pour combattre l’ impunité

Comment lutter efficacement contre l’impunité en RDC?

Par Gaïus Kowene

Ida Sawyer, dans le bureau de Human Rights Watch à Goma, RDC (Crédit photo: Gaius Kowene)

Ida Sawyer, dans le bureau de Human Rights Watch à Goma, RDC (Crédit photo: Gaius Kowene)

Ida Sawyer, chercheuse Senior de Human Rights Watch au Congo, parle des défis que la RDC doit relever pour lutter contre l’impunité. Il s’agit du budget insuffisant accordé à la justice, la Couverture dont bénéficient certains proches du pouvoir et l’installation des chambres mixtes spécialisées.

Ida Sawyer devant la caméra de Gaïus Kowene

Selon vous, quoi d’autre devrait être fait pour mettre fin à l’impunité en RDC?

>>>> A lire aussi:

- RDC: l’armée, en toute impunité

- RDC: le combat d’une Congolaise contre l’impunité

- Suggestion des ONGs Congolaises sur les chambres specialisées

RDC : comment fabriquer un rebelle ?

La République démocratique du Congo compte plus de 50 groupes armés qui se livrent à de graves violations des droits de l’homme.

Mais, attention, ces groupes armés sont aussi un moyen pour beaucoup de citoyens de survivre. Certains me diront : « Mais… garçon, tu as perdu la tête ? »

En vrai, pas du tout ! Les grandes entreprises internationales et le gouvernement confisquent tous les revenus. Le Gondwanais « lambda » n’apprend qu’à l’école que son pays est riche en sol et sous-sol ! Pour se retrouver, certains décident de rejoindre des groupes armés à caractère tribaloethnique.

Alors, je ne donne ici qu’un bref aperçu sur comment on arrive à créer un groupe armé influent.

Petite précision : Je ne suis pas membre d’un groupe armé ! Cet article vient du temps que j’ai passé à effectuer des reportages sur des groupes armés comme la rébellion Mouvement du 23 Mars (M23), l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS) et différents groupes Maï Maï dans le Grand Nord (Nord du Nord-Kivu).

Règle 1 : Apprenez votre histoire

Connaitre l’histoire de votre tribu vous permettra de la manipuler pour vos intérêts. Consultez les vieux sages et ils ne manqueront pas de trouver une mésentente avec les voisins (ce qui est normal).

Règle 2 : Victimisez-vous !

Se victimiser marche souvent ! Ça permet de montrer aux « notables » de la communauté que votre tribu est une espèce en voie d’extinction. Vous avez automatiquement leur soutien.

Se victimiser tente aussi des personnes qui ne sont pas de votre tribu de se joindre à vous pour « contre carrer un plan dévastateur des voisins. »

C’est quoi ce plan même ? Il n’existe que dans les mythes.

Règle 3 : Préparez vos futurs cadres

Si vous démarrez une rébellion, vous ne devez pas y être vu, ni de près, ni de loin !

Voilà pourquoi vous devez convaincre les notables de votre communauté et ceux de la diaspora d’octroyer des bourses d’études à l’étranger aux jeunes de votre village. Que doivent-ils étudier ? Tout ce qui a trait à la politique, à l’armée, à la balistique, l’aéronautique, la programmation informatique, etc.

Au départ, ne dites rien ! Dites tout simplement qu’ils ont mérité ! Comme ça, vous créez une dette morale en eux. Ils n’hésiteront pas à utiliser ces connaissances pour « sauver » la tribu qui a fait d’eux ce qu’ils sont.

Veillez à rester dans l’ombre. Mettez ces jeunes à l’avant-plan.

Règle 4 : Excellez en évangélisation

Cette viellie technique utilisée par des Européens en Afrique marche encore aujourd’hui. Devenez un grand révérend pasteur. Les Africains croient beaucoup en « Dieu ». Il suffit de trouver quelques versets dans la Bible ou le Coran pour le convaincre. Après tout, il a appris depuis sa naissance à ne pas blaguer avec « Dieu ».

Formez aussi des « enfants » spirituels. Même Nicholas Machiavel l’a dit : la religion permet de gagner gratuitement un certain pouvoir, une certaine autorité, une bonne crédibilité.

Quand vous êtes évangéliste, même de grands décideurs du pays ou du monde n’hésiteront pas à  vous recevoir facilement.

Du coup, vous gagnez en contacts et relations !

Règle 5 : Prenez le contrôle de l’économie de votre région

Soit vous contrôlez des carrières de minerais ou vous influencez les grands commerçants de la région. Ce n’est pas impossible même si vous ne venez de nulle part.

S’ils reconnaissent en vous une bibliothèque de l’histoire, donc un sage (voir règle 1) et/ou un guide spirituel (règle 4), ils feront sûrement tout ce que vous leur direz !

Il suffit de se trouver un argument, convaincant ou pas, montrez-leur que votre tribu est en danger. Comme leurs intérêts en dépendent, ils vous rejoindront !

Et quand vous avez l’économie, la politique ne peut que venir vers vous.